Anses-d’Arlet : le tourisme responsable prend racine, sur terre et sous l’eau

La commune martiniquaise s'appuie sur ses guides locaux et ses espaces naturels pour concilier accueil touristique et préservation environnementale.

Anses-d'Arlet : le tourisme responsable prend racine, sur terre et sous l'eau
Illustration Jean-Luc Sinapah / info.fr

Aux Anses-d'Arlet, le tourisme durable n'est plus un slogan. Guides locaux, réserve marine, végétalisation du littoral : la commune structure une offre éco-responsable ancrée dans son territoire. Un modèle qui attire, doucement mais durablement.

La baie des Anses-d’Arlet est l’une des plus photographiées de Martinique. Mais derrière les clichés de cocotiers et d’eaux turquoise, la commune construit depuis plusieurs années une approche touristique plus exigeante. Guides locaux, gestion des espaces naturels, protection du littoral : chaque maillon compte.

Une gestion des espaces naturels encadrée depuis 2014

La Communauté d’agglomération de l’Espace Sud pilote deux dispositifs clés. Le Cap Salomon, site naturel de 149,1 hectares, est confié à l’Espace Sud depuis 2014 pour y développer un tourisme de nature encadré, selon le plan de gestion des espaces naturels publié par l’agglomération. La zone de mouillage organisée (ZMO) de la baie fait l’objet depuis 2020 d’un projet de réorganisation éco-responsable, toujours selon l’Espace Sud.

La réserve marine de la baie complète ce dispositif. Elle protège récifs coralliens, herbiers de posidonies - présents entre Anse Noire et le Diamant - et zones d’alimentation des tortues vertes. Des règles strictes encadrent le snorkeling, selon le diagnostic publié par la Direction de l’environnement de la Martinique.

Sur la plage, des élèves replantent pour protéger

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En février 2026, la Ville des Anses-d’Arlet a mené une opération de végétalisation de la plage du Bourg. Des élèves et des experts ont planté ensemble pour renforcer la protection du littoral contre l’érosion, selon Outre-Mer Tourisme. Une action concrète, à faible coût symbolique fort.

Du côté des professionnels, l’Association des Guides Touristiques de Martinique (AGTM) rassemble des guides locaux actifs dans la zone Espace Sud. L’agence Terre & Turquoise, basée aux Anses-d’Arlet, propose quant à elle des excursions en petits groupes, sportives et culturelles, référencées par le Petit Futé comme acteur de l’éco-tourisme local.

En 2025, la Martinique avait célébré la Journée mondiale du tourisme sur le thème « Tourisme et transformation durable », avec des initiatives locales à l’appui, selon la page Facebook de Martinique Tourisme. La dynamique semble porter ses fruits : la population des Anses-d’Arlet progresse de 1,1 % par an entre 2020 et 2026, portée selon l’IEDOM par l’attractivité touristique de la commune.

Prochaine étape : sensibiliser sous l’eau

Les 17 et 25 avril 2026, une randonnée aquatique éducative intitulée « Ta Mer, Ta Science » est organisée à la plage du Bourg, selon le compte Instagram de l’événement. L’objectif : sensibiliser le public à la préservation marine, en liant découverte et pédagogie. Une date déjà passée pour la première session, la seconde reste prévue le 25 avril.

Sources

Jean-Luc Sinapah

Jean-Luc Sinapah

Basé à Fort-de-France, traite les tensions sur le coût de la vie, les débats sur l'autonomie, le tourisme et les projets de reconstruction après les séismes. Diplômé du CFJ, il a grandi en Martinique. Conviction : interroger les commerçants, les militants, les élus, vérifier les prix dans les supermarchés avant de conclure.

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