Apologie du terrorisme : l’affaire Panot, du meeting à la procédure classée
Convoquée en 2024 après un communiqué sur le Hamas, la cheffe des députés LFI a vu la procédure classée sans suite en janvier 2025.
Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale, a dénoncé en meeting sa convocation pour «apologie du terrorisme» en avril 2024. La plainte, déposée par l'Organisation juive européenne, visait un communiqué du 7 octobre 2023. La procédure a été classée sans suite un an et demi plus tard.
Tout commence le 7 octobre 2023. Le groupe LFI à l’Assemblée publie un communiqué qualifiant l’attaque du Hamas contre Israël d’«offensive armée de forces palestiniennes» dans un «contexte d’occupation israélienne». Seize jours plus tard, le 11 octobre 2023, l’Organisation juive européenne (OJE) dépose une plainte pour «apologie du terrorisme».
Mathilde Panot l’apprend le 23 avril 2024 : elle est convoquée par la police judiciaire. Selon Le Parisien, elle dénonce publiquement le «motif fallacieux» de cette convocation. Jean-Luc Mélenchon réagit le même jour sur X, accusant les «associations amies de Netanyahu» de menacer la liberté de conscience pour protéger un «génocide», selon L’Opinion.
«Police de la pensée»
Le 26 avril 2024, lors d’un meeting, Panot monte au créneau. Deux jours plus tard, le 29 avril, Manuel Bompard, coordinateur de LFI, dénonce sur Public Sénat «une volonté de faire taire de la part du pouvoir en place» et appelle à un rassemblement pour la liberté d’expression.
L’audition a lieu le 30 avril 2024, soit sept mois après le dépôt de la plainte, selon La Croix. Ce même jour, selon France Bleu, Panot est en meeting à Grenoble où elle qualifie la procédure de «police de la pensée» et de «fuite en avant sans précédent». Rima Hassan, candidate LFI aux européennes, est entendue le même jour pour des faits similaires liés au conflit israélo-palestinien.
Classement sans suite, mais le débat continue
Le 30 janvier 2025, Mathilde Panot annonce dans un communiqué que la procédure la visant a été classée sans suite, après un an et demi d’enquête, comme le rapporte Le Monde. Le Figaro confirme l’information.
Entre-temps, en novembre 2024, LFI avait déposé une proposition de loi pour abroger le délit d’apologie du terrorisme du Code pénal et le replacer dans le droit de la presse. Panot l’avait défendue comme «un retour à l’avant 2014», selon Le Figaro.
Le cas de Rima Hassan, lui, suit un autre chemin. Son procès pour apologie du terrorisme est fixé au 7 juillet 2026. En avril 2026, Panot prend sa défense sur franceinfo :
Le débat sur la frontière entre expression politique et qualification pénale reste ouvert. La procédure visant Panot est close ; celle concernant Hassan ne fait que commencer.
Prochaine étape : Le procès de Rima Hassan est programmé au 7 juillet 2026.
Sources
- Le Monde : Mathilde Panot annonce le classement sans suite de la procédure la visant pour «apologie du terrorisme»
- Le Parisien : En meeting, Mathilde Panot dénonce le «motif fallacieux» de sa convocation
- La Croix : Mathilde Panot et Rima Hassan entendues par la police
- Le Figaro : LFI veut «remettre ce délit au bon endroit», défend Panot