Paris : la préfecture interdit le rassemblement place Vendôme pour Lyhanna

Malgré l'arrêté préfectoral, une foule s'est réunie devant le ministère de la Justice avant d'être repoussée place Louis Lépine.

Paris : la préfecture interdit le rassemblement place Vendôme pour Lyhanna
Illustration Julie Renault / info.fr

La préfecture de police de Paris a interdit le rassemblement prévu le 8 juin 2026 à 19h place Vendôme en hommage à Lyhanna, collégienne de 11 ans retrouvée morte dans le Gers. Malgré le blocage des forces de l'ordre, la foule s'est rassemblée sur place avant d'être déplacée. Plus de 150 rassemblements similaires ont eu lieu simultanément dans toute la France.

L’essentiel

  • Interdiction préfectorale : la préfecture de police de Paris a interdit le rassemblement place Vendôme le 8 juin 2026 à 19h, invoquant la menace terroriste élevée et le risque de troubles à l’ordre public.
  • Déplacement du rassemblement : les organisateurs (Coalition féministe et enfantiste, Mouv’Enfants) ont refusé les alternatives proposées et ont déplacé le rassemblement place Louis Lépine, où une minute de silence a été observée.
  • Mobilisation nationale : plus de 150 à 200 rassemblements simultanés ont eu lieu devant des tribunaux partout en France le même soir, selon Franceinfo.
  • Pétition : une pétition soutenue par plus de 130 associations et 114 parlementaires a recueilli plus de 130 000 signatures pour une « loi intégrale » contre les violences sexuelles sur enfants.
  • Marche blanche : environ 6 000 personnes s’étaient rassemblées la veille, le 7 juin 2026, à Fleurance (Gers), selon la préfecture du Gers.

L’arrêté préfectoral et ses justifications

La préfecture de police de Paris a publié un arrêté interdisant le rassemblement initialement prévu à 19h le 8 juin 2026 devant le ministère de la Justice, place Vendôme. Deux motifs sont avancés : le niveau de menace terroriste élevé et le risque de troubles à l’ordre public lié à l’affluence attendue et à la présence de groupes antagonistes, selon BFM TV.

La préfecture a proposé deux sites alternatifs : la place Louis Lépine, sur l’île de la Cité, et le parvis du Tribunal judiciaire de Paris. Les organisateurs - la Coalition féministe et enfantiste, Mouv’Enfants et l’association Face à l’inceste, ainsi que la comédienne Andréa Bescond - ont refusé ces alternatives. Ils ont dénoncé l’interdiction comme « totalement irresponsable » et « à la limite de la légalité », selon Midi Libre.

Le rassemblement a finalement été déplacé place Louis Lépine, où une minute de silence a été observée.

Foule bloquée devant le ministère de la Justice

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Malgré l’arrêté, une foule s’est formée place Vendôme en soirée. Des témoins présents ont rapporté sur X des slogans « Justice pour Lyhanna » et « Laissez-nous passer ! », tandis que les forces de l’ordre barraient les accès à la place.

La foule a continué de grossir dans les minutes suivantes, selon plusieurs comptes de suivi en direct.

Qui est Lyhanna et pourquoi cette mobilisation ?

Lyhanna, collégienne de 11 ans, a disparu le 29 mai 2026 à Fleurance, dans le Gers. Son corps a été retrouvé le 4 juin 2026 dans un silo agricole à Puycasquier, dans le même département, selon BFM TV et Le Monde. Le suspect principal, Jérôme Barella, est mis en examen dans plusieurs procédures liées à des violences sexuelles sur mineurs, selon Libération. L’affaire a révélé des dysfonctionnements judiciaires allégués qui ont alimenté l’émoi national.

La mobilisation dépasse le seul deuil. Les associations organisatrices exigent l’adoption d’une « loi intégrale » contre les violences sexuelles faites aux enfants. La pétition en ce sens, portée par plus de 130 associations et soutenue par 114 parlementaires, avait recueilli plus de 130 000 signatures au 8 juin 2026, selon le site loi-integrale.fr et Mouv’Enfants. Cette affaire fait écho à d’autres mobilisations récentes contre les violences sexuelles, comme l’affaire Patrick Bruel, placé en garde à vue à Nanterre avec treize victimes présumées.

Une mobilisation nationale sans précédent

Paris n’est pas un cas isolé ce lundi soir. Franceinfo recense plus de 150 à près de 200 rassemblements organisés simultanément devant des tribunaux à travers la France, à l’appel des mêmes associations : Mouv’Enfants, la Coalition féministe et enfantiste, Face à l’inceste et d’autres collectifs.

La veille, le 7 juin 2026, environ 6 000 personnes avaient participé à une marche blanche à Fleurance (Gers), commune où vivait Lyhanna, selon la préfecture du Gers, rapportée par Le Monde et Ouest-France. Cette ampleur de mobilisation en province comme dans la capitale est rare pour une affaire de ce type.

Contexte dans le département de Paris (75)

Paris est le siège du ministère de la Justice, place Vendôme, ce qui en fait un point focal symbolique pour ce type de mobilisation. La préfecture de police de Paris a une pratique établie d’interdiction ou de restriction des rassemblements non déclarés ou jugés à risque à proximité de sites sensibles, en particulier dans le centre de la capitale. Le niveau Vigipirate « urgence attentat » ou menace terroriste élevée est régulièrement cité comme motif d’interdiction dans ce périmètre.

Le parvis du Tribunal judiciaire de Paris, situé porte de Clichy (17e arrondissement), et la place Louis Lépine, sur l’île de la Cité (4e arrondissement), sont les deux sites habituellement proposés par la préfecture comme alternatives pour les rassemblements liés à des affaires judiciaires. C’est sur ce dernier site qu’une partie des manifestants s’est finalement retrouvée ce soir du 8 juin. La mobilisation parisienne s’inscrit dans un contexte national plus large de remise en cause du traitement judiciaire des violences sexuelles sur mineurs - un débat qui traverse aussi les instances institutionnelles : les procureurs généraux ont été convoqués à la chancellerie ce même 8 juin, selon Libération et Le Parisien.

Les organisateurs et leurs revendications

La Coalition féministe et enfantiste a piloté l’organisation du rassemblement parisien. Mouv’Enfants, association spécialisée dans la protection de l’enfance, a coordonné la mobilisation nationale. Face à l’inceste et la comédienne Andréa Bescond figurent également parmi les soutiens. Leur demande centrale : une loi pénale globale renforçant la protection des mineurs contre les violences sexuelles et comblant les failles procédurales mises en lumière par l’affaire Lyhanna. Plus de 130 associations sont signataires de cette plateforme revendicative, aux côtés de voix du monde judiciaire qui s’interrogent sur les dysfonctionnements dans le traitement de ces dossiers.

La prochaine étape se situera du côté du Parlement : les associations attendent une réponse législative aux 114 parlementaires cosignataires de l’appel à une loi intégrale, dans un calendrier parlementaire que les organisateurs entendent désormais contraindre par la mobilisation de rue.

Sources

Julie Renault

Julie Renault

Julie est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Paris (75), avec Paris pour chef-lieu. Spécialité du département : capitale politique et premiere place economique française. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Île-de-France.

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