Archives du Rhône : le fonds Jean Lévy sur les déportés juifs remis par les Klarsfeld

Serge et Beate Klarsfeld ont déposé le 7 mai 2026 les archives du rescapé lyonnais de la Shoah, décédé en mars à 92 ans.

Archives du Rhône : le fonds Jean Lévy sur les déportés juifs remis par les Klarsfeld
Illustration Margaux Bernard / info.fr

Le 7 mai 2026, une cérémonie s'est tenue aux Archives du département du Rhône et de la Métropole de Lyon pour la remise du fonds Jean Lévy. Rescapé de la Shoah décédé le 6 mars 2026 à 92 ans, ce militant de la mémoire laisse un fonds documentaire désormais conservé aux côtés des archives de Montluc et du procès Barbie.

Le 7 mai 2026, une cérémonie s’est tenue aux Archives du département du Rhône et de la Métropole de Lyon pour la remise du fonds Jean Lévy. Rescapé de la Shoah décédé le 6 mars 2026 à 92 ans, ce militant de la mémoire laisse un fonds documentaire désormais conservé aux côtés des archives de Montluc et du procès Barbie.

L’essentiel

  • Date : Cérémonie du 7 mai 2026 aux Archives du département du Rhône et de la Métropole de Lyon.
  • Décès : Jean Lévy, né en 1933 à Bâle, est mort le 6 mars 2026 à Lyon à l’âge de 92 ans.
  • Signataire : Serge Klarsfeld a signé la convention de don des archives au nom de l’association des Fils et Filles des Déportés Juifs de France (FFDJF), selon la page Facebook des Archives69.
  • Contexte régional : Près de 6 100 Juifs de la région Auvergne-Rhône-Alpes ont été déportés via la gare de Lyon-Perrache, sur 76 000 au total depuis la France.
  • Fonds intégré : Les archives rejoignent celles de la prison de Montluc, du mémorial de l’oppression et du procès Klaus Barbie, déjà conservées aux Archives départementales.

Un dépôt six semaines après la mort de Jean Lévy

Jean Lévy est mort le 6 mars 2026 à Lyon. Né en 1933 à Bâle, il était un enfant caché pendant la Seconde Guerre mondiale. Rescapé de la Shoah, il avait consacré les dernières décennies de sa vie à la transmission mémorielle auprès de la jeunesse, en tant que délégué régional de l’association des Fils et Filles des Déportés Juifs de France (FFDJF), selon Lyon Capitale et Le Progrès.

Six semaines après son décès, ses archives ont rejoint les fonds publics. La cérémonie du 7 mai - date symbolique de la capitulation allemande de 1945 - réunissait des représentants de l’État, des collectivités et de la société civile.

Les Klarsfeld, amis de quarante ans

Publicité

Serge et Beate Klarsfeld ont effectué le dépôt en personne. Les deux chasseurs de nazis, qui président l’association FFDJF, étaient amis de Jean Lévy depuis plus de quarante ans, selon Le Progrès. C’est Serge Klarsfeld qui a signé la convention de don des archives au nom de l’association, d’après la page Facebook des Archives69.

La cérémonie réunissait également Lucas Turgis, directeur de cabinet de la Préfète de région Auvergne-Rhône-Alpes, Christophe Guilloteau, président du Département du Rhône, et Véronique Sarselli, présidente de la Métropole de Lyon, selon le compte officiel de la préfecture du Rhône sur X.

La déclaration de Lucas Turgis

Lors de la cérémonie, Lucas Turgis a pris la parole. Selon la préfecture du Rhône, il a déclaré : « Une société ne se définit pas seulement par ce qu’elle a vécu. Elle se définit par ce qu’elle accepte de regarder en face. Elle se définit par la place qu’elle donne aux morts dans la conscience des vivants. Elle se définit par sa fidélité à la vérité. »

Un fonds intégré aux archives de la répression nazie à Lyon

Les documents de Jean Lévy rejoignent un ensemble mémoriel déjà constitué aux Archives départementales du Rhône. Selon Lyon Capitale et le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD) de Lyon, ce fonds s’ajoute aux archives de la prison de Montluc, du mémorial de l’oppression et du procès Klaus Barbie.

Jean Lévy était lui-même lié à l’association des Rescapés de Montluc, qui a publié un hommage à sa mort en mars 2026. Son fonds rassemble ses travaux de collecte et de transmission sur les déportés juifs de la région, accumulés sur plusieurs décennies d’engagement.

Contexte dans le Rhône

Lyon occupe une place singulière dans l’histoire de la Shoah en France. Entre 1943 et 1944, plus de 4 000 Juifs ont été assassinés dans la région lyonnaise, selon le CHRD. Avant la guerre, entre 7 000 et 8 000 Juifs vivaient à Lyon et dans les communes voisines.

À l’échelle nationale, 76 000 Juifs ont été déportés de France vers les camps d’extermination. Près de 6 100 d’entre eux venaient de la région Auvergne-Rhône-Alpes et sont passés par la gare de Lyon-Perrache, selon Wikipédia et le Mémorial de la Shoah Lyon.

La ville a été le théâtre du procès Klaus Barbie en 1987, premier procès pour crimes contre l’humanité tenu en France. Les Klarsfeld avaient joué un rôle central dans la traque et l’extradition de l’ancien chef de la Gestapo lyonnaise. Ce passé explique en partie la densité des fonds mémoriels conservés aux Archives départementales, comme d’autres cérémonies officielles le rappellent régulièrement dans le réseau des préfectures.

Les Archives du Rhône conservent désormais un fonds qui couvre plusieurs dimensions de la persécution des Juifs dans la région : internement, déportation, procédure judiciaire et transmission mémorielle.

Une transmission à des fins pédagogiques

Jean Lévy avait fait de la rencontre avec les jeunes le cœur de son action. Délégué régional de la FFDJF, il est intervenu dans de nombreux établissements scolaires de la région. Ses archives incluent des dossiers sur les déportés juifs du Rhône, matériaux qu’il utilisait pour témoigner et documenter.

Le dépôt aux Archives départementales garantit leur accessibilité aux chercheurs, enseignants et familles. Les conditions exactes de consultation n’ont pas été précisées à ce stade par les Archives du Rhône.

La date du prochain cycle de consultations publiques autour de ce fonds n’a pas encore été annoncée.

Sources

Margaux Bernard

Margaux Bernard

Margaux est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Rhône (69), avec Lyon pour chef-lieu. Spécialité du département : 2e métropole française et capitale gastronomique. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Publicité
Lien copié !
× Infographie agrandie