PFAS à Oullins-Pierre-Bénite : la préfecture met en demeure une entreprise polluante

Un arrêté préfectoral du 3 mars 2026 cible une société pour manquements environnementaux dans un dossier de pollution aux polluants éternels.

PFAS à Oullins-Pierre-Bénite : la préfecture met en demeure une entreprise polluante
Illustration Margaux Bernard / info.fr

La préfecture du Rhône a mis en demeure une entreprise d'Oullins-Pierre-Bénite le 3 mars 2026. Le dossier s'inscrit dans le scandale des PFAS qui empoisonne la « vallée de la chimie » depuis des décennies. Arkema et Daikin sont déjà visés par une action judiciaire historique regroupant 192 plaignants.

La préfecture du Rhône a émis le 3 mars 2026 un arrêté de mise en demeure contre une société implantée à Oullins-Pierre-Bénite pour des manquements environnementaux. L’entreprise visée - dont le nom n’a pas été précisé dans l’arrêté publié - doit prendre des mesures immédiates pour réduire ses émissions nocives, selon le registre des arrêtés préfectoraux consulté sur le site de la préfecture du Rhône.

Cette décision s’inscrit dans un contexte de surveillance accrue. En 2025, les services de l’État dans le Rhône ont relevé près de 300 faits d’atteintes à l’environnement, soit une hausse de 15 % par rapport à 2024, d’après Le Progrès. Les mises en demeure pour pollution figurent parmi les infractions les plus fréquentes.

Arkema et Daikin dans le viseur depuis des décennies

En arrière-plan, c’est l’ensemble du dossier PFAS de la vallée de la chimie qui pèse sur le territoire. Arkema et Daikin Chemicals, implantés à Oullins-Pierre-Bénite depuis 1950 et 2003 respectivement, sont suspectés d’être à l’origine de la plus importante zone de contamination aux PFAS en France, selon Le Monde. Plus de 200 000 riverains seraient concernés.

Les deux groupes auraient déversé environ 3,5 tonnes de PFAS par an dans le Rhône depuis les années 1990, selon les plaignants cités par BFMTV. Une étude historique d’Arkema, publiée par la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes, confirme l’utilisation de substances comme le Soreflon contenant du PFOA dès 1965, et le 6:2 FTS depuis 1973.

Le 29 janvier 2026, 192 adultes et enfants riverains ont assigné Arkema et Daikin devant le tribunal judiciaire de Lyon, selon Franceinfo. Il s’agit de la plus grande action collective en Europe sur le sujet des PFAS. Le coût estimé de la dépollution atteint près de 2 milliards d’euros, dont 1,716 milliard pour les seuls sols contaminés, d’après un rapport de l’association Notre Affaire à Tous cité par Euractiv.

Des prescriptions renforcées en mars et avril 2026

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Au-delà de la mise en demeure du 3 mars, la préfecture a imposé des prescriptions complémentaires à Arkema le 9 avril 2026 et à Daikin le 23 mars 2026, pour renforcer la surveillance des rejets et des processus industriels liés aux PFAS, selon le registre des arrêtés complémentaires de la préfecture du Rhône. Daikin a par ailleurs annoncé cesser l’utilisation du PFHxA fin 2025 et intégrer d’autres PFAS au contrôle sanitaire dès 2026.

Parallèlement, l’étude d’imprégnation IMPACT a débuté en février 2026 ses prélèvements sanguins auprès de 500 volontaires à Oullins-Pierre-Bénite, afin d’évaluer l’exposition humaine aux PFAS, selon la mairie d’Oullins-Pierre-Bénite.

Sur le plan judiciaire, la procédure suit son cours. Une expertise est en cours pour établir les responsabilités des industriels devant le tribunal de Lyon.

Sources

Margaux Bernard

Margaux Bernard

Basée à Lyon, elle traite la métropole, les tensions sur les transports, la chimie et les débats sur la piétonnisation. Issue de Sciences Po Grenoble, elle a commencé en presse écrite. Méthode rigoureuse : interroger les élus écologistes, les syndicats, les commerçants, vérifier les budgets du SYTRAL avant de publier.

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