Ariège : le préfet d’Occitanie rencontre les éleveurs face à la prédation
Une visite au groupement pastoral d'Arreau intervient après la mise en place, le 13 juillet, d'un dispositif d'effarouchement par tirs sonores confié aux éleveurs eux-mêmes.
Le préfet de la région Occitanie s'est rendu vendredi soir auprès des éleveurs du groupement pastoral d'Arreau, en Ariège, pour échanger sur la prédation ursine. Cette visite intervient alors qu'un arrêté ministériel, publié le 14 juillet, autorise désormais les éleveurs à réaliser eux-mêmes des tirs d'effarouchement à effet sonore.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le préfet de la région Occitanie a visité vendredi soir le groupement pastoral d'Arreau en Ariège pour échanger avec les éleveurs sur la prédation ursine
- Un dispositif d'effarouchement renforcé par tirs à effet sonore est opérationnel depuis le 13 juillet, confié aux éleveurs et bergers après formation
- Le groupement pastoral d'Arreau a subi 122 attaques de brebis en 2025, sur les 289 recensées dans les Pyrénées dont 75% en Ariège
- L'association One Voice a déposé un recours au Conseil d'État le 15 juillet contre cet arrêté ministériel du 14 juillet 2026
Le préfet de la région Occitanie, accompagné du préfet de l’Ariège Hervé Brabant et de Sophie Pauzat, sous-préfète de Saint-Girons, s’est rendu vendredi soir auprès des responsables du groupement pastoral d’Arreau et des éleveurs locaux. L’objectif : échanger sur les enjeux liés à la prédation ursine, alors qu’un nouveau dispositif d’effarouchement est entré en vigueur depuis le 13 juillet.
Un nouveau dispositif opérationnel depuis le 13 juillet
Depuis le 13 juillet, les présidents de groupements pastoraux, les éleveurs et les bergers peuvent désormais mettre en œuvre l’effarouchement renforcé par tirs à effet sonore lorsqu’un ours se dirige vers le troupeau dans une attitude de prédation, selon le préfet de la région Occitanie. Cette mesure repose sur un arrêté ministériel publié le 14 juillet 2026, qui modifie l’encadrement de l’effarouchement de l’ours brun dans les Pyrénées.
Concrètement, les acteurs pastoraux peuvent désormais utiliser des tirs de cartouches à double détonation avec un fusil de calibre 12, ainsi que des dispositifs lacrymogènes contre les ours jugés menaçants, selon Savoir Animal. Auparavant, seuls les agents de l’Office Français de la Biodiversité étaient habilités à effectuer ces opérations. Le nouvel arrêté élargit cette autorisation aux éleveurs et bergers après une formation et l’obtention d’un permis de chasser.
Une demande portée par les groupements pastoraux en Ariège, dont celui d’Arreau
Le groupement pastoral d’Arreau avait sollicité un dispositif expérimental d’effarouchement, suite à une saison 2025 marquée par une forte pression de prédation. Selon la DREAL Occitanie, 122 brebis ont été attaquées l’an dernier sur cette estive, avec la présence d’une dizaine d’ours. Un incident récent, filmé le 10 juillet sur le groupement pastoral du Trapech en Ariège, a montré un ours attaquant un troupeau à deux reprises sans être dissuadé par les bergers ou les chiens de protection, rapporte Chasse Passion.
À l’échelle des Pyrénées, 289 attaques d’ours ont été recensées sur le bétail en 2025, dont 73,3% ont eu lieu en Ariège, selon Vie publique. Ces chiffres expliquent la pression exercée par les éleveurs du département pour obtenir des outils d’intervention renforcés.
Une mesure saluée par la FDSEA, contestée par One Voice
La FDSEA de l’Ariège a salué cette décision, la considérant comme un outil supplémentaire essentiel pour la protection des troupeaux face à la présence de l’ours, selon Le Journal Toulousain. À l’inverse, l’association de protection animale One Voice a déposé un recours devant le Conseil d’État le 15 juillet 2026 pour contester cet arrêté. L’association dénonce une « ligne rouge » franchie par l’implication des éleveurs dans l’effarouchement d’une espèce protégée.
Cette position est partagée par une majorité de participants à la consultation publique préalable à l’arrêté : 75,5% des 2 626 participants se sont déclarés défavorables à l’effarouchement renforcé des ours par les éleveurs et bergers, selon Pays de l’Ours - Adet. La controverse reste donc vive entre les défenseurs du pastoralisme et les associations de protection de la faune sauvage, alors que la gestion des espaces naturels mobilise les pouvoirs publics dans plusieurs départements.
Contexte dans l’Ariège
L’Ariège concentre la majorité des attaques d’ours recensées dans les Pyrénées, situation qui place le département au cœur des tensions entre activité pastorale et protection de l’ours brun. Le territoire compte plusieurs groupements pastoraux d’altitude, dont celui d’Arreau, particulièrement exposés à la prédation. Les visites préfectorales de terrain se multiplient dans les départements confrontés à des enjeux locaux complexes.
Les échanges menés vendredi soir avec les éleveurs visent à évaluer l’efficacité du dispositif d’effarouchement renforcé dans les premières semaines de sa mise en œuvre. Les autorités préfectorales n’ont pas précisé à ce stade si d’autres visites de terrain sont prévues cet été.
Sources
- Préfet de la région Occitanie : Tweet du préfet de la région Occitanie sur la visite en Ariège
- Savoir Animal : Arrêté ministériel sur l'effarouchement renforcé de l'ours brun
- Le Journal Toulousain : Réactions à l'arrêté sur l'effarouchement des ours
- Vie publique : Données sur les attaques d'ours dans les Pyrénées en 2025
