Arnaque à la rénovation énergétique : un couple de Guichen jugé à Rennes
Faux labels RGE, call center au Maroc, victimes âgées ruinées le tribunal correctionnel de Rennes a examiné l'affaire Avenir Artisan.
Quentin Helleu, 27 ans, et son épouse, 36 ans, domiciliés à Guichen, ont comparu le 27 avril 2026 devant le tribunal correctionnel de Rennes. Leur société Avenir Artisan est accusée d'avoir escroqué des dizaines de personnes âgées en Bretagne et Loire-Atlantique via de fausses rénovations énergétiques. Le délibéré est attendu le 8 juin 2026.
Les faits remontent à une période comprise entre fin 2021 et début 2023. Quentin Helleu, directeur général d’Avenir Artisan, et son épouse, présidente de la société créée à Guichen (Ille-et-Vilaine), comparaissaient pour escroquerie, blanchiment et abus de biens sociaux, selon ICI Armorique. Face à eux, des victimes âgées de 50 à 80 ans, démarchées depuis un call center installé au Maroc.
Des méthodes rodées contre des personnes vulnérables
Le mode opératoire était systématique. Des commerciaux - douze au total, pilotés par le couple - contactaient des particuliers pour leur proposer des travaux de rénovation énergétique. Les diagnostics étaient gonflés. Les labels RGE présentés étaient faux. Les contrats, antidatés. Les montants facturés, exorbitants : 34 000 € prélevés à une dame aux revenus modestes, 134 000 € à un autre particulier, ou encore 17 219 € pour 200 simples crochets d’ardoises, toujours selon ICI Armorique.
Les victimes se trouvaient en Bretagne et en Loire-Atlantique. Leur profil : souvent isolées, peu familières des démarches administratives liées aux aides à la rénovation. Les commerciaux utilisaient des techniques agressives pour conclure les ventes.
Le couple admet la cupidité, le parquet requiert de la prison ferme
À l’audience du 27 avril, le parquet a requis 36 mois de prison dont 6 avec sursis contre Quentin Helleu, et 30 mois dont 12 fermes contre son épouse. Le couple a reconnu les faits et présenté des excuses aux victimes, admettant que la cupidité avait guidé leurs choix, toujours selon ICI Armorique.
Un phénomène qui dépasse largement cette affaire
Ce dossier ne s’inscrit pas dans un vide. En mai 2025, une entreprise de Noyal-Châtillon-sur-Seiche avait déjà été condamnée à Rennes pour détournement de primes de reconversion énergétique en Ille-et-Vilaine, Morbihan et Loire-Atlantique, selon France 3 Bretagne. En début d’année 2026, une affaire encore plus large - plus de 150 victimes, entre 1 et 2 millions d’euros extorqués - avait été jugée dans la même juridiction, selon TF1 Info. À Saint-Malo, trois hommes ont été condamnés pour avoir escroqué plus de 30 victimes dans des travaux de rénovation fictifs, selon Ouest-France.
Ces affaires répétées ont conduit la DREAL Bretagne à diffuser en février 2026 une alerte sur des appels frauduleux usurpant l’identité de l’ANAH. Un contexte qui illustre la vulnérabilité persistante des ménages face aux arnaques liées aux aides énergétiques - un angle également documenté dans d’autres affaires judiciaires suivies en Bretagne, notamment devant le tribunal de Lorient. Les faits divers régionaux témoignent aussi d’une activité judiciaire soutenue, comme l’accident en chaîne de Saint-Brieuc traité récemment.
Prochaine étape : le tribunal correctionnel de Rennes rendra son délibéré le 8 juin 2026.
Sources
- ICI Armorique : Ils sévissaient en Bretagne et Loire-Atlantique, un couple jugé à Rennes pour une affaire tentaculaire d'escroquerie
- France 3 Bretagne : Escroqueries à la rénovation énergétique. Ils détournaient les primes de reconversion : une entreprise condamnée
- Ouest-France : Des escrocs aux travaux de rénovation avaient plus de 30 victimes en Bretagne
- DREAL Bretagne : Vigilance : appels frauduleux se faisant passer pour l'ANAH