Procès à Lorient : l’ex-inspecteur de l’ASE du Morbihan face à neuf femmes
Six ans de prison ferme requis contre l'ancien agent, jugé pour treize délits d'agressions et harcèlement sur des jeunes suivies par l'aide sociale.
Le tribunal judiciaire de Lorient a examiné le 27 avril 2026 le cas d'un ancien inspecteur de l'Aide sociale à l'enfance du Morbihan, poursuivi pour agressions sexuelles et harcèlement sur six jeunes femmes vulnérables. Neuf femmes ont témoigné. La procureure a requis six ans de prison ferme.
L’audience a duré toute la journée du 27 avril 2026 au tribunal judiciaire de Lorient. Dans le box, un homme de 54 ans, ancien gendarme originaire de Ploemeur, nommé inspecteur de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) du Morbihan en 2014. Il couvrait le secteur nord-ouest du département : Hennebont, Le Faouët, Lanester, Pontivy. En face, neuf femmes ont pris la parole.
Treize délits, six victimes présumées
L’accusé est poursuivi pour treize délits, selon Ouest-France : agressions sexuelles par abus d’autorité, harcèlement sexuel et appels malveillants sur six jeunes femmes suivies par l’ASE entre 2014 et 2018, ainsi qu’une agression sur son ex-compagne. Les victimes étaient placées sous sa responsabilité professionnelle directe. Les faits décrits aux audiences évoquent une emprise psychologique et une manipulation affective exercées sur des adolescentes en situation de vulnérabilité.
L’affaire a éclaté en mars 2018. Le directeur du service enfance et famille a signalé au procureur des comportements inappropriés de l’inspecteur. En juin 2018, une jeune majeure a déposé plainte pour viol, entraînant une garde à vue. L’homme a été suspendu de ses fonctions en avril 2018, puis révoqué en janvier 2019 par le conseil départemental du Morbihan, selon Le Télégramme.
« Nos valeurs sont parties en lambeaux »
Parmi les neuf témoins, d’anciennes éducatrices du service ont décrit un « choc des cultures » à l’arrivée de cet ancien militaire dans leurs équipes. L’une d’elles a déclaré : « Nos valeurs sont parties en lambeaux », selon Le Télégramme. Des propos sexistes et une attitude déplacée leur auraient été imposés au quotidien. Ce témoignage illustre l’onde de choc qui a traversé les services de protection de l’enfance morbihannais depuis 2018. Une affaire aux répercussions durables sur les équipes concernées.
La procureure a requis six ans de prison ferme à l’issue des débats, toujours selon Ouest-France. L’accusé, lui, conteste. Il reconnaît une « faute professionnelle » mais réfute toute dimension sexuelle dans ses actes, selon Le Télégramme. Son avocat a plaidé en ce sens.
Une confiance ébranlée dans les services sociaux
L’affaire dépasse le seul cas judiciaire. L’ASE est censée protéger les enfants et adolescents en danger. Que l’un de ses inspecteurs soit accusé d’avoir utilisé sa position pour abuser de jeunes placées sous sa responsabilité fragilise la confiance dans l’institution. Ouest-France avait déjà rapporté en 2018 que la mise en examen initiale pour viol sur mineure avait plongé les services morbihannais « sous le choc ».
Des affaires similaires impliquant des agents de l’aide sociale à l’enfance interrogent plus largement le fonctionnement des institutions chargées de la protection des plus vulnérables. La question des contrôles internes et des signalements reste posée.
Prochaine étape : Le délibéré n’a pas été annoncé à une date précise au moment de la rédaction de cet article. Le jugement sera rendu ultérieurement par le tribunal judiciaire de Lorient.
Sources
- Le Télégramme : « Nos valeurs sont parties en lambeaux » : l'ex-inspecteur à l'Aide à l'enfance jugé pour agressions sexuelles
- Ouest-France : Six ans de prison ferme requis contre l'inspecteur à l'enfance du Morbihan
- Ouest-France : Face à neuf femmes devant le tribunal de Lorient, l'ex-inspecteur de l'aide sociale à l'enfance va contester les faits
- Le Télégramme : À Lorient, l'ex-inspecteur de l'ASE réfute les faits