Prisons bloquées en Charente-Maritime : les surveillants de Saintes à Saint-Martin-de-Ré dans la rue
Les quatre établissements pénitentiaires du département ont été paralysés dès 6h30 ce lundi 27 avril, à l'appel de l'UFAP UNSA Justice.
Saintes, Rochefort, Bedenac, Saint-Martin-de-Ré les quatre prisons de Charente-Maritime ont été bloquées ce lundi 27 avril 2026 par les agents pénitentiaires mobilisés à l'appel du syndicat UFAP UNSA Justice. Le mouvement dénonce une surpopulation carcérale record et des milliers de postes vacants. Il n'a pas été reconduit le lendemain.
Dès 6h30 ce lundi matin, les entrées des établissements pénitentiaires de Charente-Maritime étaient fermées. Saintes, Rochefort, Bedenac et Saint-Martin-de-Ré : aucune prison du département n’a échappé au mot d’ordre national lancé par l’UFAP UNSA Justice, principal syndicat des surveillants, selon Sud Ouest.
Un taux d’occupation qui dépasse toutes les limites
Le chiffre qui revient dans tous les tracts syndicaux : 87 126 détenus pour 63 500 places au 1er mars 2026, soit un taux d’occupation national de 137,5 %, selon Le Monde. Un record. À Rochefort, la situation est encore plus tendue : le taux local atteint 221 %, d’après Sud Ouest. Le syndicat chiffre à 5 000 le nombre de postes de surveillants non pourvus en France. Sur un an, le nombre de détenus a progressé de 6,1 %. Le mot d’ordre du syndicat résumait l’état d’esprit : « Quitte à crever, autant le faire devant les portes », selon BFMTV.
Ce sujet dépasse les frontières du département. À l’échelle nationale, près d’une centaine de prisons ont été bloquées dans le même mouvement. Nationalement, 22 % des 190 établissements pénitentiaires français étaient concernés en fin de matinée, selon France 24. Dans les Hauts-de-France, 11 établissements sur 17 ont été touchés, avec 300 postes manquants recensés localement, d’après France 3 Régions.
Un mouvement national, des conséquences locales
Le blocage de la journée du 27 avril s’est déroulé sans incident signalé en Charente-Maritime. Aucun chiffre précis sur le nombre d’agents mobilisés localement n’a été communiqué à ce stade. Le syndicat n’a pas précisé si des négociations étaient en cours avec l’administration pénitentiaire.
La question des conditions de travail en milieu carcéral rejoint d’autres enjeux de sécurité publique soulevés ces dernières semaines. À Niort, une fouille policière dans une école primaire avait déjà suscité des interrogations sur la gestion du maintien de l’ordre dans des lieux sensibles.
Levée du blocage le 28 avril, mais les revendications restent
Selon ici.fr, le syndicat UFAP UNSA Justice a annoncé la levée du mouvement de blocage ce mardi 28 avril 2026. La mobilisation n’est donc pas reconduite. Mais les agents pénitentiaires préviennent : sans plan d’urgence gouvernemental sur les effectifs et la surpopulation, d’autres actions ne sont pas exclues.
Un précédent existe. En 2025, des blocages similaires avaient déjà été organisés dans plusieurs régions pour les mêmes motifs, sans déboucher sur des mesures concrètes, selon Ouest-France. Au 1er janvier 2026, le nombre de détenus avait déjà augmenté de 6,8 % sur un an pour atteindre 86 100 personnes, selon le ministère de la Justice. La trajectoire n’a pas été inversée depuis.
Sources
- Sud Ouest : Surpopulation carcérale : toutes les prisons de Charente-Maritime ont été bloquées ce lundi
- Le Monde : Surpopulation carcérale : plusieurs prisons bloquées lundi à l'appel de l'UFAP-UNSA
- BFMTV : Appel au blocage des prisons françaises pour dénoncer la surpopulation carcérale
- Ministère de la Justice : Au 1er janvier 2026, 86 100 personnes détenues