Arras : Geffray lance l’expérimentation carte scolaire face à -50 000 élèves d’ici 2035

Le ministre de l'Éducation nationale a réuni élus et services de l'État à la préfecture du Pas-de-Calais pour lancer un dispositif inédit dans 18 départements.

Arras : Geffray lance l'expérimentation carte scolaire face à -50 000 élèves d'ici 2035
Illustration Thomas Vandamme / info.fr

Jeudi 4 juin 2026, Édouard Geffray s'est rendu à Arras pour inaugurer les travaux de l'Observatoire des dynamiques territoriales et rurales du Pas-de-Calais. L'enjeu adapter la carte scolaire à une baisse de plus de 50 000 élèves attendue dans le département d'ici 2035.

L’essentiel

  • 18 départements : le Pas-de-Calais fait partie des 18 territoires sélectionnés pour l’expérimentation nationale sur la carte scolaire, dans 17 académies.
  • -50 000 élèves : projection de baisse des effectifs dans le seul Pas-de-Calais d’ici 2035, selon les données DEPP publiées en avril 2026.
  • -20,3 % : recul attendu des effectifs dans le Pas-de-Calais à l’horizon 2035, dans une académie de Lille en baisse de 20,7 %.
  • 4 juin 2026 : réunion de lancement à la préfecture d’Arras, suivie d’une visite au lycée Vauban d’Aire-sur-la-Lys.
  • Rentrée 2027 : première rentrée visée par les nouvelles projections coconstruites dans le cadre de l’expérimentation.

Une réunion à la préfecture pour poser les bases

Jeudi après-midi, Édouard Geffray a été accueilli rue Ferdinand Buisson, à la préfecture du Pas-de-Calais, par le préfet. La réunion s’est tenue dans le cadre de l’Observatoire des dynamiques territoriales et rurales du département, instance nouvellement activée pour piloter l’expérimentation locale.

Élus locaux et représentants des services de l’État étaient présents. L’ordre du jour portait sur les projections démographiques et les objectifs de la nouvelle démarche de construction de la carte scolaire. Le ministre a exposé les données : le Pas-de-Calais devrait perdre plus de 50 000 élèves d’ici 2035, selon les chiffres du ministère.

Renverser la logique centralisée

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L’expérimentation, annoncée par le ministère en avril 2026, vise à changer de méthode. Plutôt que de répartir les moyens depuis Paris, il s’agit de partir des projections démographiques locales, établies sur plusieurs années, pour construire la carte scolaire en concertation avec les acteurs du territoire.

Deux critères principaux guident l’exercice : les effectifs prévisionnels et les contraintes de transport, particulièrement sensibles dans les zones rurales. Le schéma d’emploi issu de ces travaux sera intégré à la loi de finances. Les résultats doivent alimenter les décisions pour la rentrée 2027 et les suivantes, selon le ministère de l’Éducation nationale.

Cette logique de concertation locale en matière éducative s’inscrit dans une tendance plus large de territorialisation des politiques scolaires, accélérée par la baisse démographique.

Contexte dans le Pas-de-Calais

Le Pas-de-Calais est l’un des départements français les plus touchés par le recul des naissances. Selon les projections DEPP publiées en avril 2026, le département devrait perdre environ 27 000 élèves d’ici 2035, soit une baisse de 20,3 %. L’académie de Lille dans son ensemble est attendue en recul de 20,7 %.

À l’échelle nationale, la baisse projetée atteint environ 1,7 million d’élèves sur la même période, selon le ministère. Le Pas-de-Calais se situe donc dans la moyenne haute des départements concernés, ce qui a motivé sa sélection parmi les 18 territoires pilotes, représentatifs de la diversité des configurations françaises - rurales, périurbaines, industrielles.

Le département est également marqué par une géographie contraignante pour les déplacements scolaires, avec des zones rurales isolées et un réseau de transports à optimiser. Ces facteurs pèsent directement sur les critères de révision de la carte.

Étape suivante : le lycée Vauban d’Aire-sur-la-Lys

Après la réunion à Arras, le ministre s’est rendu au lycée Vauban d’Aire-sur-la-Lys, établissement doté d’un internat d’excellence à vocation ruralité. Il y a échangé avec les équipes pédagogiques et des élèves, et y a passé la nuit, selon le programme officiel publié par le ministère et confirmé par La Voix du Nord et Nord Littoral.

Ce choix d’étape illustre un des enjeux centraux de l’expérimentation : maintenir une offre scolaire de qualité dans les territoires ruraux malgré la contraction des effectifs. L’internat de Vauban accueille des élèves de communes peu dotées en lycées.

À l’image de dispositifs itinérants déployés dans d’autres départements ruraux, la question du maintien des services éducatifs de proximité traverse désormais plusieurs politiques publiques.

Un dispositif cadré par la loi de finances

Les 18 départements expérimentateurs sont répartis dans 17 académies, sélectionnés pour leur représentativité territoriale. Les résultats des observatoires départementaux alimenteront directement le projet de loi de finances, selon le ministère de l’Éducation nationale. Aucun calendrier précis de restitution n’a été communiqué à ce stade pour le Pas-de-Calais.

La démarche est également suivie de près par les syndicats d’enseignants, préoccupés par les suppressions de postes qui pourraient découler des projections. Le ministère n’a pas détaillé publiquement les hypothèses de schéma d’emploi pour le département.

Les prochains travaux de l’observatoire départemental permettront de préciser le calendrier et les premières orientations pour la carte scolaire du Pas-de-Calais à l’horizon 2027.

Sources

Thomas Vandamme

Thomas Vandamme

Thomas est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Pas-de-Calais (62), avec Arras pour chef-lieu. Spécialité du département : premier port voyageurs Europe (Calais) et bassin minier UNESCO. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Hauts-de-France.

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