Roullet-Saint-Estèphe : grève à l’école Marcel Pagnol sur fond de suppressions de postes

Le 12 avril, des enseignants ont cessé le travail pour dénoncer les classes surchargées et le gel des salaires en Charente.

Roullet-Saint-Estèphe : grève à l'école Marcel Pagnol sur fond de suppressions de postes
Illustration Mathilde Delpech / info.fr

À Roullet-Saint-Estèphe, des enseignants de l'école élémentaire Marcel Pagnol ont fait grève le 12 avril 2026. Ils s'inscrivent dans un mouvement plus large contre la suppression de 14 postes prévue en Charente à la rentrée prochaine. Les revendications portent sur les effectifs et des salaires jugés insuffisants.

L’école élémentaire Marcel Pagnol de Roullet-Saint-Estèphe, qui scolarise environ 156 élèves, a été touchée par un arrêt de travail le 12 avril 2026. Les enseignants grévistes pointent des classes surchargées et un traitement salarial gelé. Pour les stagiaires, le traitement indiciaire brut reste fixé à 1 944 € mensuels depuis le 1er janvier 2024, sans réévaluation depuis, selon le ministère de l’Éducation nationale.

Quatorze postes menacés en Charente

Ce mouvement local s’ancre dans une contestation départementale bien réelle. Selon Charente Libre, la future carte scolaire prévoit la suppression de 14 postes d’enseignants dans le premier degré en Charente à la rentrée 2026, assortie de 19 fermetures de classes envisagées. Le 26 mars, près de 100 personnes s’étaient rassemblées devant l’inspection académique, à l’appel des syndicats. Ces derniers ont lancé une formule restée dans les mémoires : « On cible les plus fragiles », en référence aux fermetures concentrées dans les zones rurales.

À l’échelle nationale, ce sont 4 000 postes qui disparaissent pour la rentrée 2026, dont 1 891 dans le premier degré public, selon 20 Minutes. Le ministère justifie ces suppressions par une baisse démographique de 1,7 % des effectifs élèves constatée en 2025. Les syndicats contestent ce raisonnement : la diminution du nombre d’élèves devrait, selon eux, permettre de réduire la taille des classes, non de fermer des postes.

Une mobilisation nationale limitée

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Une grève nationale avait déjà eu lieu le 31 mars 2026. Le ministère a estimé le taux de participation à 7,56 % des enseignants et personnels, selon Ouest-France. Un chiffre modeste, que certains syndicats expliquent par la difficulté croissante à faire grève avec des salaires sous pression.

Dans l’académie de Poitiers, 45 postes supplémentaires sont supprimés dans l’enseignement privé, avec des fermetures notamment dans les Deux-Sèvres et à Niort, selon Ouest-France. La tendance n’est pas nouvelle : en 2025, 126 postes avaient déjà été supprimés dans le second degré en Charente-Maritime, contre 106 prévus en 2026, rappelle Sud Ouest.

Prochaine étape : le comité de sectorisation

Les décisions définitives sur la carte scolaire charentaise seront actées lors du comité de sectorisation académique, prévu en avril-mai 2026, selon le site Révolution Permanente. Une audience au rectorat de Poitiers est également évoquée. D’ici là, les syndicats entendent maintenir la pression sur les autorités académiques.

Sources

Mathilde Delpech

Mathilde Delpech

Basée à Angoulême, elle couvre le festival de la BD, les restructurations dans la papeterie, l'agriculture cognacaise et les débats sur la rocade nord. Formée à l'IUT info-com de Tours, elle a commencé en radio locale. Ligne éditoriale : multiplier les sources, vérifier les budgets culturels, ne jamais se contenter des dossiers de presse officiels.

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