Arras : le préfet du Pas-de-Calais rencontre la CGB sur la filière betterave

Réunion le 22 avril avec les planteurs pour aborder climat, phytosanitaires et irrigation dans le département

Arras : le préfet du Pas-de-Calais rencontre la CGB sur la filière betterave
Illustration Thomas Vandamme / info.fr

Le préfet du Pas-de-Calais a reçu des représentants de la Confédération Générale des Planteurs de Betteraves le 22 avril 2026 à Arras. Au menu : souveraineté alimentaire, interdictions de produits phytosanitaires et développement de l'irrigation locale.

La rencontre s’est tenue mercredi matin. Le préfet du Pas-de-Calais a accueilli les représentants de la CGB, dont Guillaume Wullens, président régional Nord-Pas-de-Calais. L’échange a porté sur les tensions structurelles qui pèsent sur la filière betteravière, selon la préfecture qui a relayé la réunion sur son compte X officiel.

Phytosanitaires et climat, deux dossiers lourds

Les discussions ont notamment ciblé l’impact des interdictions de produits phytopharmaceutiques. Les néonicotinoïdes sont bannis depuis 2018. La jaunisse virale qui s’ensuit avait provoqué une chute de rendement de 28 % en 2020, selon des données publiées par The Conversation. Depuis, les rendements se sont stabilisés : 91 tonnes par hectare en moyenne nationale en 2025, contre 79 t/ha en 2024, sans dérogation. Dans le Nord-Pas-de-Calais, les rotations culturales avec pommes de terre et lin limitaient déjà l’usage des semences traitées à 60 % en 2022, d’après un rapport parlementaire.

En octobre 2025, l’INRAE a remis à la ministre de l’Agriculture un rapport sur les alternatives disponibles, signalant des avancées en protection non chimique contre les pucerons vecteurs de jaunisse. Les planteurs du département restent néanmoins en attente de solutions opérationnelles à court terme.

Irrigation et souveraineté, les axes du dialogue

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Le développement de l’irrigation des cultures betteravières dans le Pas-de-Calais figurait parmi les points clés de l’échange. La filière est présentée comme un levier de souveraineté alimentaire et énergétique - la betterave servant aussi de matière première pour les biocarburants et la chimie verte, au-delà du sucre. Pour un territoire comme le Pas-de-Calais, déjà confronté à des aléas climatiques récurrents, la question de l’eau d’irrigation représente un enjeu technique et économique direct.

Les marchés mondiaux ont aussi été évoqués : concurrence ukrainienne, accord Mercosur, baisse des cours - autant de pressions extérieures que la CGB avait déjà détaillées lors de son Assemblée Générale de décembre 2025.

Prochaine étape : un chantier de récolte cet automne

À l’issue de la réunion, les deux parties ont convenu d’une visite d’un chantier de récolte betteravière dans le département à l’automne 2026, toujours selon la préfecture. L’objectif : ancrer le dialogue dans le concret du terrain avant la campagne sucrière. Aucune mesure formelle n’a été annoncée à ce stade.

Sources

Thomas Vandamme

Thomas Vandamme

Installé à Arras, couvre les mines, les tensions sur la transition énergétique, l'agriculture et les débats sur les bassins miniers. Diplômé de l'ESJ Lille, il a grandi dans le Pas-de-Calais. Posture éditoriale : rencontrer les mineurs à la retraite, les élus, les syndicalistes, vérifier les projets de reconversion avant de publier.

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