Arthur Vichot : « J’ai l’impression que c’était une autre personne »
L'ancien champion de France regarde le peloton actuel et ne se reconnaît plus
Retraité depuis 2020, le double champion de France regarde le Tour 2026 depuis le bord de la route. Face aux performances actuelles, il ne se reconnaît déjà plus dans le peloton qu'il a quitté il y a six ans.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Évolution spectaculaire du niveau
Les performances actuelles du peloton créent un gouffre avec la génération précédente. Vichot, retraité depuis seulement 2020, ne se reconnaît déjà plus dans le cyclisme qu'il voit.
Cycles de domination historiques
Vichot rappelle que le Tour a toujours connu des phases de domination (Sky il y a dix ans). La question : jusqu'où ira celle-ci ?
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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2010
Début de carrière pro
Arthur Vichot devient coureur professionnel
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2013
Premier titre national
Champion de France sur route
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2016
Deuxième sacre tricolore
Second titre de champion de France, dix ans avant son témoignage nostalgique
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2020
Retraite
Fin de carrière après un syndrome de surentraînement
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16 juil. 2026
Déclaration marquante
Sur le Tour 2026, il confie : « J'ai l'impression que c'était une autre personne »
Arthur Vichot est assis sur le bord de la route. Autour de lui, des tentes Leclerc, des caméras, des micros tendus. Le peloton passe dans trois heures. Il attend. On lui demande s’il repense à ses titres de champion de France, en 2013 et 2016. Il marque un silence. « En vrai, j’ai l’impression que ce n’était pas moi, c’était une autre vie. »
Retraité depuis 2020 - Vichot a passé une décennie dans le peloton professionnel. Double champion de France - vainqueur d’étapes sur le Critérium du Dauphiné et Paris-Nice. Un palmarès honorable. Une carrière propre, sans éclat majeur, sans scandale. Il a raccroché après un syndrome de surentraînement. Aujourd’hui, il fait des animations pour Leclerc sur les routes du Tour.
Le 16 juillet 2026 - lors de la 13e étape du Tour passant entre Dole et Belfort, sur ses routes d’entraînement d’autrefois, Cyclism’Actu l’interroge. Il regarde le peloton actuel et ne comprend plus. « Quand je vois ce que certains sont capables de faire aujourd’hui, sur certaines étapes, après trois semaines de course. Honnêtement, j’ai l’impression que c’était une autre personne qui courait à mon époque. »
Le sport a changé. Il le dit sans amertume, sans nostalgie. Juste un constat. « Le niveau atteint est parfois difficile à concevoir pour ceux qui ont connu le peloton il y a seulement quelques années. » Il ne cite personne. Il n’accuse personne. Il observe.
Les cycles de domination, une histoire qui se répète
Vichot tempère. Le Tour a toujours eu ses dominateurs. Il rappelle l’ère Sky il y a dix ans - cette période où l’équipe britannique écrasait la course par la science et la puissance collective. D’autres avant eux avaient imposé leur loi. Le cyclisme connaît des cycles, des phases où une méthode, une nation ou une équipe redéfinit les limites du possible.
Mais cette fois, le gouffre technique et physique lui semble plus large. Plus rapide aussi. « J’ai l’impression que c’était une autre personne. » La phrase revient. Elle dit la distance entre ce qu’il était et ce qu’ils sont. Entre 2020 et 2026, six années seulement, et déjà le sentiment d’appartenir à une époque révolue.
Dix ans après, le maillot tricolore est loin
Dix ans après son dernier sacre tricolore - Vichot revient sur les routes du Tour. Mais il n’est plus coureur. Il est spectateur. Consultant. Témoin. « Avec le temps qui passe, et puis le fait de revenir maintenant sur le Tour de France des années après, j’ai l’impression que c’était une autre personne. »
Son « j’ai l’impression que ce n’était pas moi » ne parle pas seulement de nostalgie. Il parle d’une rupture. Entre l’ancien peloton et le nouveau. Entre ce qu’on pouvait faire et ce qu’on fait maintenant. Entre lui et eux.
Ce que personne ne dit: la génération effacée
Vichot a couru de 2010 à 2020. Une décennie entière. Mais aujourd’hui, quand on parle du cyclisme français, on parle des nouveaux champions. On parle de la relève. Entre les deux, une génération entière a disparu du récit. Celle de Vichot. Celle qui a couru sans jamais gagner de grand Tour. Celle qui a porté le maillot tricolore sans être une star mondiale.
Vichot ne se plaint pas. Il constate. « J’ai l’impression que c’était une autre personne. » Pas une autre époque. Une autre personne. Comme si le coureur qu’il était avait été remplacé, effacé, rendu obsolète par ce qui vient après.
Le Tour de France 2026 continue. Vichot reste sur le bord de la route. Il regarde passer les coureurs. Il ne court plus. Il ne court plus jamais.
