Aubagne : un policier de 50 ans incarcéré pour le viol d’une touriste menottée
Trois agents impliqués dans l'affaire d'une Britannique de 37 ans agressée dans un véhicule de police le 9 septembre 2025
Le 9 septembre 2025, une intervention de routine pour état d'ivresse s'est transformée en cauchemar judiciaire pour la police d'Aubagne. Un gardien de la paix quinquagénaire, décrit comme un agent "sans histoires", a été mis en examen et placé en détention provisoire pour le viol d'une touriste britannique de 37 ans, menottée à l'arrière de son véhicule de patrouille. Deux autres policiers sont également mis en cause dans cette affaire qui a provoqué un séisme au sein du commissariat des Bouches-du-Rhône.
- Un gardien de la paix de 50 ans du commissariat d'Aubagne a été placé en détention provisoire le 14 septembre 2025 pour le viol d'une touriste britannique de 37 ans
- Les faits se sont produits dans la nuit du 9 au 10 septembre 2025 à l'arrière d'un véhicule de police, alors que la victime était menottée et en état d'ivresse
- Trois policiers étaient présents : le principal suspect mis en examen pour viol, un deuxième mis en examen pour non-assistance et un troisième témoin assisté
- Des images de vidéosurveillance du commissariat de La Ciotat montrent le policier plonger sa tête dans le décolleté de la victime, contredisant sa version des faits
- L'agent, décrit comme un policier expérimenté "sans histoires", encourt une peine aggravée en raison de l'abus d'autorité lié à sa fonction
Dans la nuit du 9 au 10 septembre 2025, une patrouille de trois policiers du commissariat d’Aubagne est appelée pour une intervention banale : une cliente britannique en état d’ébriété perturbe le personnel d’un hôtel. Personne n’imagine alors que cette interpellation de routine va déclencher l’une des affaires les plus graves jamais enregistrées au sein de la direction interdépartementale de la police nationale des Bouches-du-Rhône. Selon La Provence, la touriste de 37 ans devait simplement être conduite au commissariat de La Ciotat pour y être placée en dégrisement.
37 ans, menottée et ivre : les circonstances accablantes de l’agression
C’est durant le trajet vers La Ciotat que le drame se noue. À l’arrière du véhicule de police, la ressortissante britannique se trouve encadrée par deux agents, tandis qu’un troisième conduit. D’après Actu.fr, l’un des policiers aurait alors profité de la vulnérabilité totale de la victime pour l’embrasser de force et la pénétrer avec les doigts. La femme, menottée et en état d’ivresse avancé, se trouvait dans l’incapacité absolue de se défendre ou de consentir à quoi que ce soit.
Le lendemain des faits, la victime trouve la force de se rendre dans un commissariat pour déposer plainte. Sa démarche déclenche immédiatement une enquête du parquet de Marseille, qui prend l’affaire très au sérieux. Dès le vendredi 12 septembre 2025, les trois policiers de la patrouille sont placés en garde à vue et entendus par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN). Comme le rapporte Nice-Matin, l’affaire provoque « l’émoi dans les rangs de la direction interdépartementale de la police nationale des Bouches-du-Rhône ».
Une vidéosurveillance qui contredit la version du policier
Face aux enquêteurs, le principal suspect, un gardien de la paix d’une cinquantaine d’années, tente d’abord de minimiser ses actes. Selon ses déclarations, il aurait simplement voulu aider la jeune femme « très agitée » à remonter sa culotte « par dignité ». Mais cette version ne résiste pas longtemps à l’examen des preuves matérielles. Les images de vidéosurveillance du commissariat de La Ciotat, révélées par La Provence, montrent le policier en train de plonger sa tête dans le décolleté de la victime à la sortie du véhicule de patrouille.
« Il est difficile de considérer quelque notion de consentement lorsque la personne est menottée et en état d’ivresse », souligne une source proche du dossier citée par La Provence.
Confronté aux images et aux incohérences de son récit, le quinquagénaire finit par reconnaître une partie des faits reprochés. Ses explications, jugées peu crédibles par le magistrat instructeur, ne lui éviteront pas la mise en examen. Le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, confirme que l’agent a été poursuivi pour « viol et agression sexuelle par personne abusant de l’autorité que lui conférait sa fonction » avant d’être placé en détention provisoire.
Deux autres policiers dans le viseur de la justice
Le principal suspect n’est pas le seul à devoir répondre de ses actes devant la justice. Son collègue, également présent à l’arrière du véhicule lors de l’agression, a été mis en examen pour « abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit contre l’intégrité physique d’une personne ». Selon La Provence, cet agent a été placé sous contrôle judiciaire, ce qui signifie qu’il reste libre mais sous surveillance de la justice.
Le troisième policier, qui se trouvait au volant du véhicule durant les faits, bénéficie quant à lui du statut de témoin assisté. Cette qualification juridique intermédiaire signifie que des indices laissent penser qu’il pourrait avoir joué un rôle dans l’affaire, sans que les charges soient suffisamment établies pour une mise en examen. Les trois fonctionnaires ont été déférés et présentés à un juge d’instruction le dimanche 14 septembre 2025, soit deux jours après leur placement en garde à vue.
Un commissariat sous le choc face à l’impensable
Au sein du commissariat d’Aubagne, la nouvelle a provoqué un véritable séisme. Le policier mis en cause était en poste depuis de nombreuses années dans cette structure et n’avait jamais fait l’objet du moindre signalement ou incident disciplinaire. Son profil de fonctionnaire expérimenté et irréprochable rend l’affaire d’autant plus incompréhensible pour ses collègues.
« On est complètement sonnés, c’était un policier averti et vraiment sans histoires », confie l’un de ses collègues à La Provence.
La direction interdépartementale de la police nationale des Bouches-du-Rhône (DIPN 13) a immédiatement ouvert une enquête administrative parallèle à la procédure judiciaire. Interrogée par Nice-Matin, la DIPN 13 indique que « des décisions seront prises très rapidement », laissant présager des sanctions administratives à venir, indépendamment de l’issue du procès pénal.
Quelle suite pour cette affaire hors norme ?
L’affaire, révélée publiquement le 17 septembre 2025 par Le Figaro puis confirmée par plusieurs médias régionaux, soulève des questions essentielles sur les mécanismes de contrôle au sein des forces de l’ordre. Comment un agent sans antécédent a-t-il pu commettre de tels actes ? Pourquoi son collègue direct n’est-il pas intervenu pour protéger la victime ? Ces interrogations alimentent le débat sur la formation des policiers et sur les dispositifs de prévention des abus d’autorité.
Le policier incarcéré encourt une peine particulièrement lourde en raison de la circonstance aggravante liée à sa qualité de dépositaire de l’autorité publique. Le viol commis « par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction » constitue une infraction parmi les plus sévèrement réprimées par le Code pénal français. Pour la victime britannique, le traumatisme de cette nuit du 9 septembre 2025 s’ajoute à la difficulté d’avoir porté plainte dans un pays étranger contre ceux-là mêmes censés assurer sa protection.
Alors que l’instruction judiciaire se poursuit sous la supervision du juge d’instruction marseillais, cette affaire rappelle avec brutalité que l’uniforme ne constitue jamais un blanc-seing pour outrepasser la loi. Reste à savoir si le procès à venir permettra d’établir l’ensemble des responsabilités et d’apporter à la victime la reconnaissance de son calvaire qu’elle est en droit d’attendre de la justice française.
Sources
- La Provence (17 septembre 2025)
- Nice-Matin (17 septembre 2025)
- Actu.fr (17 septembre 2025)
- Le Figaro (17 septembre 2025)
- Parquet de Marseille (septembre 2025)