Incendie à Moulis-en-Médoc : Léo Fourthon, 24 ans, sauve une mère et ses enfants des flammes
Dans la nuit du 5 au 6 mai, ce voisin a brisé une fenêtre et escaladé un surplomb pour extraire trois personnes d'un appartement en feu à Moulis-en-Médoc.
Un incendie a ravagé un appartement avenue de la Gironde à Moulis-en-Médoc vers 3h15 dans la nuit du 5 au 6 mai 2026. Léo Fourthon, 24 ans, habitant mitoyen, a extrait une mère et ses deux jeunes enfants des flammes avant l'arrivée des secours. Le père de famille est en coma grave au CHU de Bordeaux.
Un incendie a ravagé un appartement avenue de la Gironde à Moulis-en-Médoc vers 3h15 dans la nuit du 5 au 6 mai 2026. Léo Fourthon, 24 ans, habitant mitoyen, a extrait une mère et ses deux jeunes enfants des flammes avant l’arrivée des secours. Le père de famille est en coma grave au CHU de Bordeaux.
L’essentiel
- Incendie : déclaré vers 3h15, avenue de la Gironde à Moulis-en-Médoc, appartement de 100 m² entièrement détruit, toiture incluse.
- Sauvetage : Léo Fourthon, 24 ans, extrait la mère (31 ans) et ses enfants de 3 et 5 ans d’un surplomb d’environ 4 mètres après avoir brisé une fenêtre.
- Bilan médical : le père (30 ans) en coma grave au CHU François-Xavier-Michelet de Bordeaux, pronostic vital engagé ; la mère et les enfants au CHU de Pellegrin, hors de danger.
- Intervention : environ 40 pompiers du SDIS 33, cinq lances dont une sur échelle aérienne, site sécurisé jusqu’à 9h.
- Enquête : le parquet de Bordeaux a ouvert une enquête ; la thèse accidentelle est privilégiée à ce stade.
3h15, un réveil dans les cris
Léo Fourthon dormait dans son logement mitoyen avec sa sœur de 19 ans quand des bruits inhabituels et des cris de détresse l’ont tiré du sommeil. Il est sorti, a vu les flammes, et a composé le 18. Puis il a agi, selon ses propres mots rapportés par Sud Ouest : « Je n’ai pas réfléchi. Quand je suis sorti, j’ai vu des flammes d’environ un mètre de haut. Je n’ai pas eu le temps d’avoir peur. »
Le père de famille, 30 ans, se trouvait déjà à l’extérieur, grièvement brûlé aux mains et en état de choc. Léo Fourthon l’a d’abord pris en charge. Mais la mère et les deux enfants - 3 ans et 5 ans - étaient toujours piégés à l’intérieur, au premier étage, cerné par la fumée dense et les flammes.
Une fenêtre brisée, un tabouret, quatre mètres de vide
Le jeune homme a brisé une fenêtre. Il a utilisé un tabouret pour atteindre un surplomb en plexiglas, fragile, situé à environ quatre mètres de hauteur. Selon Le Figaro, toutes les fenêtres de l’appartement avaient explosé sous l’effet de la chaleur. La situation à l’intérieur était critique.
Léo Fourthon a extrait la mère de 31 ans, puis les deux enfants, l’un après l’autre. Les quatre membres de la famille ont été pris en charge à l’arrivée des pompiers.
Quarante pompiers, cinq lances, une enquête ouverte
Le SDIS 33 a mobilisé environ 40 pompiers. Cinq lances ont été déployées, dont une sur échelle aérienne, pour maîtriser le sinistre. L’appartement de 100 m² et 100 m² de toiture ont été entièrement détruits, selon France 3 Nouvelle-Aquitaine. La sécurisation du site a duré jusqu’à 9h du matin, en présence de la mairie, de la gendarmerie nationale, d’Enedis et de Régaz.
Le parquet de Bordeaux a ouvert une enquête sur les origines du feu. La thèse accidentelle est privilégiée à ce stade, selon Sud Ouest et le site ici.fr. Les investigations sont en cours.
Ce type d’intervention nocturne en milieu urbain dense mobilise des ressources importantes. Les sapeurs-pompiers français gèrent plusieurs centaines d’interventions quotidiennes, souvent dans des délais critiques où chaque minute compte.
Bilan médical : le père entre la vie et la mort
Les quatre membres de la famille ont été hospitalisés dans des établissements bordelais. Le père, 30 ans, a été admis au CHU François-Xavier-Michelet en coma grave, avec le pronostic vital engagé. Il souffre de brûlures sévères et d’une intoxication importante, selon France 3.
La mère, 31 ans, a été transférée au CHU de Pellegrin en urgence absolue. Sa sortie était prévue pour le 7 mai 2026. Les deux enfants, hospitalisés en urgence relative dans le même établissement, ont été confiés à leurs grands-parents. Ils sont décrits comme psychologiquement marqués par les événements.
Une famille qui avait tout perdu avant même de partir
L’appartement sinistré était installé dans un ancien bureau de poste converti en logement. La famille devait quitter les lieux en juillet 2026 : une signature de vente était prévue pour ce mois-là. L’incendie a tout détruit. Mobilier, vêtements, effets personnels : rien n’a été récupérable, selon Sud Ouest.
Dès le 6 mai, la solidarité s’est organisée à Moulis-en-Médoc. Des habitants ont déposé vêtements et jouets à la mairie. Les occupants du second étage du même immeuble - une femme et ses deux enfants - ont également dû être relogés, pris en charge par leur famille, selon France 3.
Ces drames du quotidien rappellent d’autres situations de détresse soudaine, comme dans certains quartiers urbains où les secours interviennent dans des contextes de grande vulnérabilité.
Contexte en Gironde
Moulis-en-Médoc compte environ 1 500 habitants selon les données INSEE 2022. C’est une commune du Médoc, à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Bordeaux, connue pour ses appellations viticoles. Le tissu bâti y mêle maisons individuelles et quelques immeubles collectifs, dont des reconversions de bâtiments anciens.
Le SDIS 33 a enregistré une hausse de 10,5 % des incendies en Gironde en 2025 par rapport à 2024, principalement en zone urbaine, selon les statistiques publiées par le service. Paradoxalement, la saison feux de forêt 2025 avait été relativement épargnée : 733 hectares brûlés, contre plusieurs milliers lors des années précédentes.
Un incendie d’appartement similaire s’était produit en mars 2026 à Saint-Médard-en-Jalles, entraînant l’évacuation d’une résidence entière et l’hospitalisation d’un homme intoxiqué, sans sauvetage de ce type, selon actu.fr.
Les interventions nocturnes sur incendies d’habitation restent parmi les plus complexes pour les sapeurs-pompiers. Les drames impliquant de jeunes adultes en situation d’urgence soulèvent régulièrement des questions sur la réactivité des secours et le rôle des témoins civils.
Léo Fourthon, portrait sans épithète
Léo Fourthon n’est pas pompier volontaire, ni secouriste formé. Rien dans le contexte ne le décrit autrement que comme un habitant de 24 ans, vivant avec sa sœur dans le logement mitoyen. Il a appelé les secours. Il a ensuite agi seul, dans l’obscurité et la fumée, sur une structure fragile, à quatre mètres de hauteur.
Son intervention a précédé l’arrivée des pompiers d’un temps suffisant pour que les trois personnes soient extraites avant que les flammes ne rendent toute évacuation impossible. C’est le récit factuel que livrent Sud Ouest, Le Figaro et France 3, à partir de son propre témoignage et des éléments communiqués par les secours.
Il n’a pas été précisé si Léo Fourthon avait lui-même été blessé lors de l’opération. La mairie n’a pas encore communiqué de distinction officielle à son égard.
Le parquet de Bordeaux poursuit son enquête sur les origines du sinistre. L’état de santé du père, toujours en coma grave au CHU François-Xavier-Michelet, reste la principale préoccupation médicale dans les jours à venir.
Sources
- Sud Ouest : À 24 ans, il sauve une mère et ses deux enfants des flammes
- Le Figaro : «Toutes les fenêtres avaient explosé» : un jeune de 24 ans sauve une mère et ses enfants des flammes
- France 3 Nouvelle-Aquitaine : Une famille piégée dans l'incendie de son appartement, les deux parents en urgence absolue
- ici.fr / Radio France : Quatre blessés dont deux enfants dans l'incendie d'un appartement en pleine nuit à Moulis-en-Médoc