Aubazine : le maire refuse de signer le projet d’atelier de 400 veaux contesté
Un éleveur a déposé un permis de construire en mars 2026 pour un bâtiment de 1 500 m² au lieu-dit Pauliat, à proximité d'un monument historique.
À Aubazine (Corrèze), un projet d'atelier d'engraissement de 400 veaux de boucherie divise la commune. Le maire Bernard Larbre a émis un avis défavorable et déclaré qu'il ne signerait pas le permis. Une pétition dépasse 1 185 signatures.
Un éleveur local, en lien avec une entreprise nationale, a déposé en mars 2026 un permis de construire pour un atelier d’engraissement de 400 veaux de boucherie au lieu-dit Pauliat, sur la commune d’Aubazine en Corrèze. Le dossier est en cours d’instruction. La mairie, les riverains et une association environnementale s’y opposent. La Chambre d’agriculture défend le projet.
L’essentiel
- Projet : bâtiment agricole d’environ 1 477-1 500 m² pour l’engraissement de 400 veaux, permis déposé en mars 2026 au lieu-dit Pauliat (Aubazine, Corrèze)
- Opposition : pétition openpetition.eu à 1 185 signatures au 25 mai 2026, objectif fixé à 2 000 (collecte ouverte jusqu’au 28 octobre 2026)
- Mairie : avis défavorable rendu ; le maire Bernard Larbre déclare « Je ne signerai pas »
- Patrimoine : site à environ 350 m du cromlech du Puy de Pauliac, classé monument historique depuis 1889
- Chambre d’agriculture : le président Daniel Couderc qualifie le projet de « classique et à taille humaine »
Un bâtiment de 1 500 m², 400 veaux engraissés quatre mois
Selon France 3 et ICI (Radio France), les veaux seraient nés dans l’Union européenne, engraissés environ quatre mois en bâtiment fermé sans accès extérieur, puis envoyés à l’abattoir. Le bâtiment projeté mesure entre 1 477 et 1 500 m². Le porteur du projet est un éleveur local adossé à une entreprise nationale, dont l’identité n’a pas été rendue publique par les médias régionaux.
Le permis de construire est toujours en cours d’instruction à la date du 25 mai 2026. Aucune décision administrative n’a été rendue.
Les craintes des riverains : odeurs, camions, lisier, paysage
La pétition en ligne lancée sur openpetition.eu liste plusieurs griefs. Les signataires redoutent des nuisances olfactives et sonores, un trafic de poids lourds sur des routes jugées inadaptées, à proximité de l’école. Ils craignent aussi une pollution par épandage de lisier sur une zone humide alimentant des sources qui rejoignent la Corrèze.
Un argument patrimonial est également avancé : le projet serait implanté à environ 350 m du cromlech du Puy de Pauliac, un ensemble de 44 pierres mégalithiques sur un diamètre d’une quarantaine de mètres, classé monument historique depuis 1889 et décrit comme unique en Limousin. La commune d’Aubazine présente ce site sur son propre site internet.
L’association Corrèze Environnement, dont la présidente est Cathy Mazerm, fait partie de l’opposition collective. Elle demande une étude d’impact indépendante et l’organisation d’une réunion publique, selon la pétition.
Le maire déclare « Je ne signerai pas »
Bernard Larbre, réélu en 2026 avec 67,11 % des voix sur la liste « Une équipe dynamique au service d’Aubazine », a adopté une position ferme. Selon La Montagne du 23 mai 2026, il déclare : « Je ne signerai pas » et partage les craintes des riverains face aux nuisances potentielles.
La mairie a rendu un avis défavorable. Cet avis n’a toutefois pas de portée juridique contraignante sur l’instruction du permis, comme le signalent les médias régionaux : la commune ne dispose pas d’un fondement légal suffisant pour bloquer seule la délivrance du permis.
Le maire a prévu une rencontre avec le préfet de la Corrèze, Vincent Berton, autour du 19-22 mai 2026 pour évoquer le dossier, selon La Montagne et France 3.
La Chambre d’agriculture défend un projet « à taille humaine »
La Vie Corrézienne a recueilli la position de Daniel Couderc, président de la Chambre d’agriculture de la Corrèze (FDSEA). Il qualifie le projet de « classique et à taille humaine », contestant implicitement le qualificatif d’« élevage intensif » utilisé dans la pétition. Les arguments techniques développés par la Chambre n’ont pas été détaillés dans les sources disponibles à ce stade.
Contexte dans la Corrèze
Aubazine compte environ 860 habitants en 2022 selon l’INSEE, pour une densité de 61 hab/km². La commune est située entre Brive-la-Gaillarde et Tulle. Son économie reste marquée par l’agriculture et le tourisme rural, notamment autour de l’abbaye cistercienne et des sites mégalithiques.
La Corrèze est un département agricole où l’élevage bovin occupe une place structurante. Les conflits d’usage entre projets d’élevage et riverains se multiplient en milieu rural sur tout le territoire national. Ce dossier aubazinois présente une particularité : l’implication directe du maire contre le projet, alors même qu’il reconnaît l’absence de levier juridique municipal suffisant pour l’arrêter.
À noter que la commune accueille par ailleurs des événements sportifs locaux, comme la Lig’Obazine 2026, courses et randonnées au Coiroux, témoignant d’un tissu associatif actif.
Prochaine étape : la préfecture
La réunion avec le préfet Vincent Berton, prévue autour du 19-22 mai 2026, doit permettre au maire d’exposer les objections de la commune. La pétition reste ouverte jusqu’au 28 octobre 2026. Le permis de construire est toujours en instruction ; aucune date de décision n’a été communiquée.
Sources
- La Montagne : « Je ne signerai pas » : à Aubazine, en Corrèze, un maire partage les craintes de riverains
- France 3 Régions : "Je crains le bruit et les odeurs" : les habitants s'opposent à l'installation d'un élevage de 400 veaux
- ICI (Radio France) : En Corrèze, des habitants opposés à un projet de ferme de 400 veaux
- La Vie Corrézienne : Daniel Couderc défend un projet classique et à taille humaine