Lot : une agricultrice-pompière obtient un accord emploi et son permis poids lourd financé

Romane Cruchet, ouvrière agricole à Montredon et caporale volontaire à Bagnac-sur-Célé, signe une convention tripartite avec son employeur et le SDIS 46.

Lot : une agricultrice-pompière obtient un accord emploi et son permis poids lourd financé
Illustration Marc Delmas / info.fr

Romane Cruchet cumule deux vies ouvrière agricole dans le Lot et sapeure-pompière volontaire. Une convention signée début mai entre son employeur, elle-même et le SDIS 46 règle la question des absences pour interventions. En échange, le SDIS finance son permis poids lourd.

Romane Cruchet cumule deux vies : ouvrière agricole dans le Lot et sapeure-pompière volontaire. Une convention signée début mai entre son employeur, elle-même et le SDIS 46 règle la question des absences pour interventions. En échange, le SDIS finance son permis poids lourd.

L’essentiel

  • Convention tripartite : signée entre Romane Cruchet, son employeur Jean-François Exe et le SDIS 46, en présence de la commandante Céline Duval et du lieutenant Cédric Calmels.
  • 5 jours par an : nombre de jours de formation accordés à Romane Cruchet dans le cadre de l’accord.
  • Permis poids lourd financé : le SDIS 46 prend en charge le coût du permis, utilisable aussi bien sur l’exploitation agricole qu’en mission opérationnelle.
  • SDIS 46 : le service compte environ 1 019 sapeurs-pompiers volontaires pour 55 professionnels, selon Pompier Center.
  • Agriculture lotoise : 4 318 exploitants agricoles dans le Lot, soit 2,9 % de la population active (INSEE).

Une convention pour concilier ferme et caserne

Romane Cruchet est caporale au centre d’incendie et de secours de Bagnac-sur-Célé. Elle travaille par ailleurs comme ouvrière agricole chez Jean-François Exe, exploitant à Montredon, commune voisine. Jusqu’ici, chaque intervention pompière pouvait créer une tension avec les contraintes de l’exploitation.

La convention signée début mai clarifie les règles. L’employeur accepte une souplesse en cas de retard à l’embauche lié à une intervention. Romane Cruchet peut quitter son poste pendant ses heures de travail pour une mission de secours. Ses congés peuvent être adaptés pour des renforts extérieurs ou des interventions longue durée. Cinq jours annuels sont réservés à la formation pompière.

Ce type d’accord existe dans le droit français. Les articles L723-3 à L723-21 du Code de la sécurité intérieure encadrent l’aménagement du temps de travail pour les sapeurs-pompiers volontaires salariés. La convention de Bagnac-sur-Célé s’inscrit dans ce cadre légal national.

Le permis poids lourd, contrepartie concrète pour les deux parties

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En échange de ces aménagements, le SDIS 46 a financé le permis poids lourd de Romane Cruchet. L’accord est doublement utile : sur l’exploitation agricole de Jean-François Exe, la conduite d’engins lourds est une compétence courante. En opération, le SDIS dispose d’une conductrice qualifiée supplémentaire.

Le SDIS du Lot a relayé la signature sur son compte officiel X :

La commandante Céline Duval, cheffe de l’Unité Territoriale d’Incendie et de Secours de Figeac, et le lieutenant Cédric Calmels, chef du centre de Bagnac-sur-Célé, ont assisté à la signature. Selon Medialot, Céline Duval a qualifié l’accord de « bel exemple de collaboration réussie avec les employeurs du territoire, en particulier dans le secteur agricole, essentiel à la vitalité de notre département ».

Contexte dans le Lot

Le SDIS 46 repose majoritairement sur des volontaires. Selon Pompier Center, le service compte environ 1 019 sapeurs-pompiers volontaires pour seulement 55 professionnels. Le recrutement et le maintien des volontaires en milieu rural constituent un enjeu structurel pour les services départementaux.

L’agriculture pèse dans ce territoire. L’INSEE recense 4 318 exploitants agricoles dans le Lot, soit 2,9 % de la population active. La production animale brute et transformée du département est estimée à 227 millions d’euros en 2024, selon la Chambre d’agriculture du Lot. Dans ce contexte, les salariés agricoles représentent un vivier potentiel pour le volontariat, à condition que les employeurs acceptent les contraintes d’agenda que cela implique.

Ce partenariat entre monde agricole et pompiers volontaires s’inscrit dans une dynamique nationale de valorisation du volontariat que plusieurs SDIS cherchent à structurer. Dans le Lot, le cas de Bagnac-sur-Célé est présenté par le SDIS 46 comme un modèle reproductible.

Un modèle à dupliquer ?

La convention de Montredon-Bagnac-sur-Célé n’est pas isolée. Le Code de la sécurité intérieure prévoit explicitement ce type d’arrangement, mais la démarche reste peu formalisée dans les exploitations rurales. Le SDIS 46 mise sur la publicité de cet accord pour encourager d’autres employeurs à franchir le pas.

Jean-François Exe n’a pas fait de déclaration publique détaillée au-delà de la signature. Les conditions financières éventuelles compensant ses contraintes d’organisation n’ont pas été précisées dans les sources disponibles.

Pour Romane Cruchet, l’équation est désormais réglée sur le papier : elle peut répondre à l’alarme sans mettre son emploi en jeu, et conduit désormais les poids lourds aussi bien au champ qu’en intervention.

Le SDIS 46 n’a pas communiqué sur le nombre de conventions similaires déjà actives dans le département, ni sur un éventuel objectif chiffré pour les prochains mois.

Sources

Marc Delmas

Marc Delmas

Marc est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Lot (46), avec Cahors pour chef-lieu. Spécialité du département : AOC cahors et tourisme rural quercynois. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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