Aubervilliers : l’OPH refuse de réceptionner le chantier Gabriel Péri
L'office HLM bloque la livraison des 504 logements rénovés en raison de malfaçons persistantes. Les habitants attendent depuis avril 2024.
La réhabilitation de la cité Gabriel Péri à Aubervilliers, chantier de 31,4 millions d'euros lancé en avril 2024, reste inachevée. L'OPH refuse de réceptionner les travaux en l'état, invoquant des réserves non levées et des finitions défaillantes. Les 504 familles résidentes subissent les conséquences d'un chantier qui devait s'achever au printemps.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- L'OPH d'Aubervilliers refuse de réceptionner le chantier Gabriel Péri en raison de malfaçons et de réserves non levées.
- Le projet de réhabilitation porte sur 504 logements pour un coût de 31,4 millions d'euros, lancé en avril 2024.
- La livraison initialement prévue au printemps 2026 est reportée à fin août selon le journal de chantier de juillet.
- Plus de 150 logements ont déjà été inspectés, révélant des besoins en corrections techniques.
- Les habitants subissent encombrants, défauts d'éclairage, accès entravés et coupures de fluides depuis des mois.
L’Office Public de l’Habitat d’Aubervilliers a formellement refusé de réceptionner le chantier de réhabilitation de la cité Gabriel Péri. Selon Nabila Djebbari, présidente de l’OPH, « la réception des travaux ne pourra intervenir que lorsque l’ensemble des engagements aura été respecté et que les réserves auront été levées ».
Le projet, lancé en avril 2024 avec Bouygues Bâtiment Île-de-France, porte sur 504 logements. Coût total : 31,4 millions d’euros. La livraison était prévue pour le printemps 2026, mais le calendrier a dérapé.
Ce qui bloque la réception
Le dernier journal de chantier publié par l’OPH en juillet 2026 confirme que la réception est reportée à la fin de l’été. Plus de 150 logements ont déjà été inspectés lors des opérations préalables à la réception. Les visites ont révélé des besoins en corrections techniques, notamment le coffrement de nouvelles colonnes sonores.
Selon La Clé Publique, l’état actuel du chantier présente des malfaçons et une exécution incomplète qui empêchent toute validation administrative. La complexité des travaux en site occupé complique l’accès à certains logements, bloquant le raccordement complet de systèmes comme la ventilation.
Des locataires à bout
Les habitants de Gabriel Péri dénoncent des conditions de vie dégradées. Encombrants persistants, défauts d’éclairage public la nuit, accès entravés, coupures fréquentes d’eau : la liste des griefs s’allonge depuis des mois. Certains résidents avaient déjà alerté en septembre 2025 sur l’état du chantier.
Plusieurs locataires envisagent désormais de rejoindre une amicale pour engager des actions contre Bouygues. Les débris de chantier traînent encore dans les espaces communs. L’impossibilité d’accéder à certains logements, parfois occupés ou fermés à clé, retarde les dernières interventions techniques.
Un projet à 31,4 millions d’euros
La réhabilitation du « Village Gabriel Péri » inclut la rénovation complète des pièces d’eau, l’isolation thermique, la remise à neuf des halls et des parties communes, ainsi que l’aménagement des espaces extérieurs. Le projet a été validé par la ville d’Aubervilliers et a bénéficié d’une subvention de plus de 5 millions d’euros dans le cadre du plan de relance.
Les travaux devaient initialement s’achever au printemps/été 2026, selon La Clé Publique. Le retard actuel pèse autant sur l’OPH que sur les habitants, qui vivent depuis plus de deux ans dans un environnement de chantier permanent.
Contexte dans la Seine-Saint-Denis
Aubervilliers compte environ 90 000 habitants, selon les dernières données INSEE. La ville fait partie des communes de Seine-Saint-Denis où le parc social représente une part importante du logement. La réhabilitation de grandes cités en site occupé reste un défi récurrent dans le département, où d’autres villes confrontent également des problèmes liés à l’habitat.
Le blocage administratif d’un chantier de cette ampleur illustre les tensions croissantes autour de la gestion des rénovations HLM. La question de la qualité des travaux en site occupé se pose avec acuité dans plusieurs communes du département.
Prochaine étape
L’OPH table sur une réception fin août 2026, à condition que Bouygues lève l’ensemble des réserves. Les dernières interventions techniques sont en cours. Reste à savoir si ce nouveau calendrier sera tenu, ou si les locataires devront encore patienter.
