Aubusson : dix ans de Cité de la tapisserie, un souffle nouveau pour les créateurs
L'institution creusoise célèbre son anniversaire avec une extension et une programmation ambitieuse pour attirer 65 000 visiteurs.
La Cité internationale de la tapisserie d'Aubusson fête ses dix ans en 2026. Une extension inaugurée en janvier, des expositions contemporaines et un objectif de fréquentation record : l'institution revendique un rôle moteur pour l'économie et la création locales.
Le 17 janvier 2026, la Cité internationale de la tapisserie d’Aubusson ouvrait les portes de son extension, baptisée « La Cité 2 », conçue par l’agence Projectiles. Un agrandissement qui tombe au moment où l’institution souffle ses dix bougies et entend marquer le coup.
Dès le 18 janvier, l’exposition inaugurale « La Tapisserie d’Aubusson au XXIe siècle » prenait place dans les nouveaux espaces. Soixante œuvres contemporaines, nées de collaborations entre artistes et lissiers, étaient présentées jusqu’au 12 mars, selon le site de la Cité. L’objectif affiché : montrer que le savoir-faire inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO depuis le XVe siècle peut se réinventer. Plusieurs créateurs locaux y ont trouvé matière à expérimenter de nouveaux processus.
Jean Lurçat en vedette du printemps
La programmation se poursuit avec une pièce de poids. « Le Chant du monde », tenture monumentale de Jean Lurçat composée de dix tapisseries, est exposée du 4 avril au 30 octobre 2026 - une première en Creuse pour cette œuvre, d’après le dossier de presse de la Cité. À l’automne, une rétrospective consacrée à Élie Maingonnat complétera le calendrier, aux côtés d’une « tombée de métier » autour de Salammbô de Philippe Druillet, prévue les 5 et 8 juin.
Ces événements s’inscrivent dans une stratégie d’attractivité assumée. La Cité vise 65 000 visiteurs pour l’année 2026, selon son dossier de presse. Un seuil ambitieux : en 2023, l’institution avait accueilli 41 000 visiteurs entre janvier et août, dépassant l’année précédente de 2 000 entrées, d’après France Bleu Creuse. Un record ponctuel avait été atteint en août 2024, avec 1 052 visiteurs en une seule journée.
Retombées économiques et ouverture internationale
Au-delà du bilan touristique, la Cité met en avant son rôle dans la relance du tissu économique local. Elle soutient notamment le projet Lab des Savoir-Faire, destiné à attirer de jeunes créateurs textiles sur le territoire d’Aubusson-Felletin. Des partenariats internationaux - avec le Musée du quai Branly ou le Musée des Beaux-Arts de Hiroshima - visent à élargir la diffusion de la tapisserie contemporaine, toujours selon les documents officiels de l’institution.
Manufacture royale depuis 1665 sous Colbert, rappelle Wikipedia, Aubusson reste un nom qui résonne bien au-delà de la Creuse. Dix ans après l’ouverture de la Cité, l’enjeu est désormais de transformer ce rayonnement culturel en flux économiques durables pour un territoire rural sous tension.
Sources
- Cité internationale de la tapisserie : Dossier de presse 10 ans – Cité internationale de la tapisserie d'Aubusson
- France Bleu Creuse : Records de fréquentation à la cité internationale de la tapisserie d'Aubusson
- La Montagne : A Aubusson, la Cité de la tapisserie franchit le cap des 300 000 visiteurs
- Beaux Arts Magazine : La Cité internationale de la tapisserie d'Aubusson s'agrandit et célèbre la création contemporaine