Audun-le-Tiche : la mémoire ouvrière transmise aux jeunes générations

Une rencontre organisée le 20 avril 2026 pour faire dialoguer anciens mineurs et jeunes habitants de la commune mosellane.

Audun-le-Tiche : la mémoire ouvrière transmise aux jeunes générations
Illustration Pauline Schmitt / info.fr

À Audun-le-Tiche, des rencontres intergénérationnelles se sont tenues lundi autour de la mémoire ouvrière. L'objectif : transmettre les récits des anciens mineurs et sidérurgistes à la jeune génération. Une initiative qui s'inscrit dans un territoire marqué en profondeur par l'industrie du fer.

Audun-le-Tiche, commune mosellane de quelque 5 000 habitants à la frontière luxembourgeoise, a organisé lundi 20 avril des rencontres entre anciens travailleurs de l’industrie et jeunes résidents. Le format retenu : des échanges directs, autour des récits de vie d’hommes et de femmes qui ont connu les mines et les hauts-fourneaux.

Un siècle d’industrie dans les mémoires

La commune a bâti son histoire sur l’exploitation du fer. Selon Wikipedia, elle atteignait jusqu’à 8 000 habitants au plus fort de l’activité sidérurgique, avant que la dernière mine ne ferme en 1997. Des milliers d’ouvriers y ont travaillé pendant des décennies, souvent immigrés d’Italie, de Pologne ou de Yougoslavie, venus approvisionner le bassin de la minette avant même la Première Guerre mondiale. Le site de la mairie souligne les luttes syndicales qui ont jalonné ces années, marquées par la solidarité autour des « durs métiers du fer ».

Des traces physiques subsistent dans la commune : l’ancienne cantine des mineurs et les économats ouvriers de la rue Gambetta témoignent encore de cette époque, rappelle Wikipedia. Aujourd’hui, la population active s’est largement tournée vers le Luxembourg voisin pour trouver de l’emploi, selon la mairie.

Une dynamique mémorielle déjà amorcée

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L’événement du 20 avril n’est pas isolé. En septembre 2025, lors des Journées européennes du patrimoine, le musée archéologique d’Audun-le-Tiche proposait déjà une journée intitulée « À la découverte de la mémoire des ouvriers mosellans », selon le programme officiel publié par le ministère de la Culture. Par ailleurs, un projet de feuille de route pour une politique de mémoire ouvrière et industrielle est en cours en Meurthe-et-Moselle et en Moselle pour 2025-2026, en lien avec le Département et le Rectorat de Metz-Nancy, d’après une délibération du conseil départemental de Meurthe-et-Moselle datée de septembre 2025.

La MJC locale, dont le programme 2025-2026 a été publié en août 2025, pourrait également contribuer à ces initiatives culturelles, sans que son rôle précis dans la journée du 20 avril ait été précisé à ce stade.

Le lien entre passé industriel et identité locale reste fort à Audun-le-Tiche. Faire entendre ces récits aux plus jeunes, à l’heure où le Luxembourg concentre les opportunités d’emploi, répond à une volonté de ne pas laisser s’effacer une histoire collective construite sur plusieurs générations.

Sources

Pauline Schmitt

Pauline Schmitt

Basée à Metz, elle traite la sidérurgie, les tensions sur l'emploi, les débats sur la frontière luxembourgeoise et les chantiers du centre Pompidou. Issue du CFJ, elle a commencé en agence. Méthode rigoureuse : interroger les sidérurgistes, les frontaliers, les élus, croiser les bilans d'ArcelorMittal avant de publier.

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