Aveyron : la CGT Santé dénonce une « dérive inquiétante » des sanctions disciplinaires dans le médico-social
Depuis le début de l'année, plus d'une dizaine de salariés du secteur sanitaire et médico-social aveyronnais ont sollicité l'accompagnement syndical face à des procédures disciplinaires jugées abusives.
L'Union départementale CGT Santé et action sociale de l'Aveyron alerte sur une multiplication des blâmes et avertissements dans les établissements du département. Le syndicat évoque un chiffre « exceptionnel » et réclame la création d'un observatoire des sanctions.
L’essentiel
- Plus d’une dizaine : nombre de salariés ayant sollicité la CGT Santé Aveyron pour des procédures disciplinaires depuis janvier 2026.
- Pascal Mazet : responsable syndical qui qualifie cette situation d’« exceptionnelle et particulièrement inquiétante ».
- Exemple cité : un agent de lingerie a fait l’objet d’une procédure pour avoir refusé une tâche (service des petits-déjeuners) hors de sa fiche de poste.
- Revendication : la CGT Santé Aveyron demande la création d’un observatoire départemental des sanctions.
- Deux médias : La Dépêche du Midi et Centre Presse Aveyron ont relayé l’information le 17 juin 2026.
L’Union départementale CGT Santé et action sociale de l’Aveyron tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué relayé par La Dépêche du Midi et Centre Presse Aveyron le 17 juin 2026, le syndicat dénonce une multiplication des procédures disciplinaires (blâmes, avertissements, menaces de sanctions) dans les établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux publics et privés du département.
« Plus d’une dizaine de salariés » accompagnés depuis janvier
Pascal Mazet, responsable de l’Union départementale CGT Santé et action sociale Aveyron, indique que « plus d’une dizaine de salariés et agents ont sollicité l’accompagnement syndical pour des procédures disciplinaires depuis le début de l’année 2026 ». Un chiffre qu’il juge « exceptionnel et particulièrement inquiétant ». Le syndicat précise que ces procédures concernent aussi bien des établissements publics (hôpitaux, Ehpad) que privés (cliniques, structures médico-sociales).
Un cas illustre cette tendance, rapporté par la CGT : celui d’un agent de lingerie à qui il était demandé d’assurer le service des petits-déjeuners, tâche ne figurant pas dans sa fiche de poste et en surcroît de travail. L’agent a fait l’objet d’une procédure disciplinaire pour refus d’exécuter cette mission.
Des tensions budgétaires pointées du doigt
Pour la CGT Santé Aveyron, cette multiplication des sanctions s’explique par un contexte de fortes tensions budgétaires dans les établissements. Le syndicat évoque des postes vacants non remplacés, une augmentation des arrêts maladie et une dégradation générale des conditions de travail. Ces éléments pousseraient les directions à durcir leur gestion du personnel, quitte à recourir aux procédures disciplinaires pour faire face aux difficultés d’organisation.
Pascal Mazet, par ailleurs conseiller régional Occitanie (PCF) et aide-soignant à l’hôpital de Decazeville, souligne que « les salariés subissent une pression croissante, et la réponse est trop souvent la sanction plutôt que la discussion ou l’adaptation des organisations ».
Une demande d’observatoire départemental des sanctions
Face à cette situation, la CGT Santé Aveyron appelle à la création d’un observatoire départemental des sanctions. Cet outil devrait permettre une analyse annuelle des tendances et des causes des procédures disciplinaires, afin d’en comprendre les ressorts et d’alerter les pouvoirs publics. Le syndicat espère ainsi susciter un débat plus large sur la gestion des ressources humaines dans le médico-social aveyronnais.
Contexte dans l’Aveyron
L’Aveyron compte environ 280 000 habitants. Le secteur sanitaire et médico-social y emploie plusieurs milliers de personnes, réparties entre le centre hospitalier de Rodez, les hôpitaux de proximité (Decazeville, Villefranche-de-Rouergue, Millau), les Ehpad publics et privés, et les structures pour personnes handicapées. Depuis la crise du Covid-19, les difficultés de recrutement et les tensions financières se sont accentuées, comme dans de nombreux départements ruraux. La CGT Santé Aveyron, qui représente une partie des personnels, est régulièrement en première ligne pour dénoncer les conditions de travail dégradées. Cette alerte sur les sanctions disciplinaires s’inscrit dans un mouvement plus large de contestation des politiques d’austérité dans le secteur.
Le syndicat espère que son interpellation sera entendue par les directions d’établissements et les autorités de tutelle (ARS Occitanie, conseil départemental). Aucune réaction officielle n’a pour l’instant été communiquée.
L’information a été reprise par deux médias locaux, confirmant l’écho de cette dénonciation dans le paysage aveyronnais.
Cet article a été rédigé à partir des informations fournies par La Dépêche du Midi et Centre Presse Aveyron.