Avignon : une centaine d’AESH devant la direction académique pour exiger un statut de fonctionnaire
Le 9 juin 2026, des accompagnants d'élèves en situation de handicap ont manifesté devant la DASEN de Vaucluse, dans le cadre d'une mobilisation nationale intersyndicale.
Entre cinquante et une centaine d'AESH se sont rassemblés mardi 9 juin 2026 devant la direction académique d'Avignon. Ils réclament un corps de fonctionnaires de catégorie B, une revalorisation salariale et la fin de la précarité. Une délégation a été reçue par le directeur académique.
L’essentiel
- Date et lieu : Rassemblement le mardi 9 juin 2026 à 12h30 devant la DASEN de Vaucluse à Avignon.
- Participation : Entre cinquante (La Provence) et une centaine de personnes (La Marseillaise) selon les sources.
- Revendications : Corps de fonctionnaires catégorie B, revalorisation salariale, temps complet (24h), fin de la précarité.
- Contexte national : Environ 134 800 à 140 000 AESH en France ; deuxième corps de l’Éducation nationale ; 93 % de femmes.
- Audience : Délégation syndicale reçue par le directeur académique le jour même.
Un rassemblement devant la DASEN à l’heure du déjeuner
Mardi 9 juin, des AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap) se sont réunis à 12h30 devant la direction académique des services de l’Éducation nationale (DASEN) du Vaucluse, avenue de la Trillade à Avignon. Le chiffre de participation varie selon les sources : une centaine selon La Marseillaise, une cinquantaine selon La Provence. Des AED (accompagnants d’élèves) étaient également présents.
La mobilisation s’inscrit dans une journée nationale intersyndicale appelée par la FSU, la CGT Éduc’action, SUD, la CFDT, le SE-UNSA et le SNALC. Des rassemblements similaires ont eu lieu le même jour dans d’autres villes, dont Marseille, Lille et Paris, selon le site VousNousIls.
« Ce que nous touchons ne nous permet pas d’exister dignement »
Les revendications portées ce jour-là sont connues et répétées depuis plusieurs années : création d’un véritable corps de fonctionnaires de catégorie B, revalorisation salariale, accès au temps complet (24 heures hebdomadaires), reconnaissance du métier et fin des contrats précaires. Sur le compte X du collectif avignonnais des AESH, un témoignage attribué à une personne prénommée Claude résume la situation : « Ce que nous touchons tous les mois ne nous permet ni d’exister dignement… »
La situation n’est pas propre à Avignon. À l’échelle nationale, le rapport 2026 de la DEPP (direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance), relayé par le SNALC, établit que 93 % des AESH sont des femmes, avec un âge moyen de 45,6 ans. Le corps représente le deuxième effectif de l’Éducation nationale après les enseignants, avec entre 134 800 et 140 000 agents recensés à la rentrée 2024-2025.
Un groupe de travail ministériel jugé insuffisant
La journée du 9 juin fait directement suite à un premier groupe de travail ministériel sur le statut des AESH, tenu le 20 mai 2026. Les syndicats l’ont jugé insuffisant. Selon VousNousIls et le SNALC, de nouvelles discussions sont prévues autour du 16 juin. C’est en partie cette absence d’avancée concrète qui a motivé la mobilisation de rue.
La pression sur les directions académiques se manifeste dans plusieurs départements : en Aveyron, des parents d’élèves interpellaient récemment leur DSDEN sur les remplacements, signe d’une tension plus large sur les ressources humaines dans l’Éducation nationale.
Une délégation syndicale a été reçue en audience par le directeur académique de Vaucluse le jour même, comme l’indique la FSU 84 sur son site. Le contenu de cet échange n’a pas été détaillé publiquement à ce stade.
Contexte dans le Vaucluse
Le Vaucluse dépend de l’académie d’Aix-Marseille. Le site de recrutement de l’académie précise les modalités d’embauche des AESH dans le département, où les besoins d’accompagnement progressent chaque année avec la hausse des notifications MDPH. Nationalement, près de 48 726 à 50 000 élèves notifiés restaient sans solution d’accompagnement à la rentrée 2025, selon la Banque des Territoires - un chiffre en hausse.
Le PLF 2026 prévoit 1 200 créations de postes d’AESH, contre 2 000 l’année précédente, selon la même source. Ce recul alimente directement les craintes syndicales sur la capacité à absorber la demande d’inclusion scolaire.
Ce n’est pas la première action locale de ce type. Selon le SNUipp-FSU 84, une grève AESH avait déjà eu lieu le 3 juin, avec un rassemblement à Avignon - avant même la journée nationale du 9 juin. La récurrence des mobilisations témoigne d’une situation qui ne se règle pas à l’échelle locale.
Les prochaines discussions interministérielles, attendues autour du 16 juin, constitueront le prochain point de vérification pour les syndicats. Faute d’avancées, une nouvelle mobilisation à l’automne n’est pas exclue, selon les appels syndicaux nationaux.
Sources
- La Marseillaise : À Avignon, l'école inclusive ne se fait pas sans les AESH
- La Provence : "Nous aimons nos élèves et notre métier, mais là ça suffit" : à Avignon, la colère des AESH en galère
- FSU 84 : Mardi 9 juin : Pour les droits des AESH
- VousNousIls : Appel à la mobilisation pour les AESH le mardi 9 juin 2026
- SNALC : Conditions d'exercice des AESH : rapport 2026 de la DEPP
