Bally Bagayoko (LFI) élu à la tête de Plaine Commune : une première en Île-de-France
Le maire insoumis de Saint-Denis remporte le duel face au socialiste Karim Bouamrane pour prendre la présidence de l'intercommunalité du nord 93.
Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, a été élu le 21 avril 2026 à la tête de Plaine Commune, intercommunalité de 450 000 habitants. Une première pour La France Insoumise à la présidence d'une structure de cette envergure en Île-de-France. Le vote s'est conclu dans une ambiance tendue.
Le résultat est tombé au premier tour. Le 21 avril 2026, Bally Bagayoko a obtenu 46 voix sur 80 conseillers territoriaux, contre 32 pour son adversaire Karim Bouamrane, maire PS de Saint-Ouen. Selon le site officiel de Plaine Commune, l’élection s’est déroulée dans un climat électrique, reflet d’un bras de fer plus large entre LFI et le Parti socialiste pour le contrôle de la gauche en Seine-Saint-Denis.
Un duel qui dépasse l’intercommunalité
Bagayoko avait déjà battu Mathieu Hanotin (PS) - son prédécesseur à la présidence de Plaine Commune - lors des municipales de Saint-Denis le 15 mars 2026, avec 50,77 % des voix au premier tour, selon Wikipedia. Cette double victoire, mairie puis intercommunalité, marque un basculement net dans le rapport de forces à gauche dans le nord du département. Le Monde décrit l’épisode comme une « guerre des gauches » jouée en deux actes.
Karim Bouamrane avait annoncé sa candidature la veille du scrutin, le 20 avril. Après sa défaite, il a demandé des garanties pour les 40 % d’élus qui l’ont soutenu, selon France Inter. LFI était appuyé par le PCF pour emporter ce vote.
Plaine Commune : un levier de gestion publique majeur
L’enjeu dépasse le symbole politique. Plaine Commune regroupe huit communes - Saint-Denis, Saint-Ouen, Aubervilliers, Épinay-sur-Seine, La Courneuve, Pierrefitte-sur-Seine, Saint-Leu-la-Forêt et Villetaneuse - et environ 450 000 habitants. L’établissement public territorial gère l’urbanisme, les transports et plusieurs services publics du nord Seine-Saint-Denis, un territoire qui connaît déjà des tensions sur ses infrastructures, notamment sur le réseau ferroviaire autour de Saint-Denis.
Dans son discours post-élection, Bally Bagayoko a déclaré vouloir faire de Plaine Commune « une coopérative de villes, en réponse aux besoins du quotidien, à l’urgence écologique, sociale et démocratique », selon le communiqué officiel de l’intercommunalité. Sofia Boutrih a été nommée première vice-présidente. La composition complète de l’exécutif doit être arrêtée lors d’une réunion prévue prochainement, sans date précisée à ce stade.
Un mandat jusqu’en 2033
C’est la première fois que LFI préside une intercommunalité de cette importance en Île-de-France, selon L’Humanité. Le mandat de Bagayoko court jusqu’en 2033, aligné sur le cycle des élections municipales. Les décisions prises dans ce cadre - planification urbaine, politique de transport, attribution de marchés publics - toucheront directement la vie quotidienne de près d’un demi-million d’habitants.
La question de la cohésion interne à la nouvelle majorité intercommunale reste entière. Les 32 élus qui ont voté Bouamrane - un tiers du conseil territorial - représentent un bloc socialiste qui devra trouver sa place dans la nouvelle configuration. Le rapport de force entre les deux gauches, visible aussi dans d’autres territoires après les municipales de mars 2026, n’est pas prêt de se dissoudre dans le 93.
Sources
- Plaine Commune (officiel) : Bally Bagayoko élu président de Plaine Commune
- Le Parisien : Le maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko élu président de Plaine Commune dans une ambiance électrique
- Le Monde : En Seine-Saint-Denis, la guerre des gauches s'est jouée dans le duel entre Bally Bagayoko et Karim Bouamrane
- France Inter : Guerre des gauches en Seine-Saint-Denis : l'élection du président de l'intercommunalité divise