Balogun rejoué : Infantino défend l’autonomie de la FIFA
Après l'appel de Donald Trump, la levée de la suspension de Folarin Balogun oppose la FIFA à l'UEFA, la Belgique et Bruxelles
La commission de discipline de la FIFA a transformé le carton rouge de l'Américain Folarin Balogun en sursis probatoire, après une intervention de Donald Trump. Gianni Infantino défend l'indépendance de la décision, tandis que l'UEFA et la Belgique dénoncent une ligne rouge franchie.
L’essentiel
- Le fait : Folarin Balogun a reçu un carton rouge (annulé ensuite) contre la Bosnie-Herzégovine, en Coupe du monde.
- La décision : la commission de discipline de la FIFA a transformé la suspension automatique en sursis probatoire d’un an, en s’appuyant sur l’article 27 de son code disciplinaire.
- L’intervention : Donald Trump a demandé à Gianni Infantino de réexaminer ce carton rouge, selon le New York Times et l’AFP.
- La conséquence : l’attaquant de l’AS Monaco pourra disputer le huitième de finale face à la Belgique.
- La riposte : l’UEFA dénonce une « ligne rouge » franchie, la fédération belge a tenté un recours en appel.
Un carton rouge qui devait clore le premier tour de Balogun
Le 1er juillet 2026, Folarin Balogun a été expulsé face à la Bosnie-Herzégovine lors de la phase de groupes du Mondial, selon le Washington Post. Un carton rouge direct qui, dans le fonctionnement habituel du règlement de la FIFA, entraîne une suspension automatique pour le match suivant. Pour les Etats-Unis, cela signifiait priver leur attaquant du rendez-vous suivant de la compétition.
Sauf que ce dossier a pris une tournure inattendue dans les jours qui ont suivi, jusqu’à devenir l’un des sujets les plus commentés de cette Coupe du monde sur le plan institutionnel.
L’appel de Donald Trump à Gianni Infantino
Le président des Etats-Unis, Donald Trump, a reconnu avoir personnellement demandé à Gianni Infantino de réexaminer le carton rouge infligé à Balogun, rapporte The Guardian. Une démarche inhabituelle, un chef d’Etat s’adressant directement au président de la FIFA au sujet d’une sanction disciplinaire visant un joueur de son équipe nationale.
Quelques jours plus tard, la commission de discipline de la FIFA a tranché : la suspension automatique a été convertie en sursis probatoire d’un an, sur la base de l’article 27 du code disciplinaire de l’instance, selon la FIFA elle-même. Concrètement, Balogun ne manquera aucun match supplémentaire et pourra disputer le huitième de finale contre la Belgique.
Infantino invoque l’indépendance de la commission
Face aux critiques, Gianni Infantino a défendu l’autonomie des organes judiciaires de la fédération, selon OneFootball. Le président de la FIFA a insisté sur le fait que la décision relevait d’une commission disciplinaire indépendante, appliquant un article du règlement existant, et non d’un arbitrage politique de sa part.
Cette ligne de défense ne convainc pas tout le monde. L’ancien président de la FIFA Sepp Blatter a lui-même désapprouvé ce qu’il qualifie de passe-droit, estimant que les règles sportives ne devaient pas être modifiées à la suite d’appels politiques, selon The Guardian.
L’UEFA, la Belgique et Bruxelles montent au créneau
L’UEFA a fermement critiqué la FIFA, jugeant que l’instance avait franchi une « ligne rouge » et qualifiant la décision d’incompréhensible et injustifiable. La Fédération royale belge de football (URBSFA) a fait part de son incrédulité et a tenté de déposer un recours auprès de la commission d’appel de la FIFA, en vue du huitième de finale à venir face aux Etats-Unis.
Le sélectionneur belge Rudi Garcia a raillé la décision, ironisant sur le fait que la FIFA semblait confondre le mois de juillet avec le 1er avril, selon la RTBF. Le commissaire européen aux Sports, Glenn Micallef, a de son côté estimé que l’intervention politique dans des décisions sportives nuisait à l’autonomie du sport, au nom de la Commission européenne.
La polémique déborde aussi sur les réseaux sociaux, où certains observateurs y voient un signal plus large sur l’intégrité de la compétition :
Contexte pour l’AS Monaco et le football français
Folarin Balogun, né le 3 juillet 2001 à New York, évolue en Ligue 1 avec l’AS Monaco, où il occupe le poste d’attaquant. Sa présence en Coupe du monde avec la sélection américaine en fait l’un des joueurs les plus suivis du championnat français durant ce Mondial, et cette affaire installe, malgré lui, le club monégasque au cœur d’une controverse institutionnelle qui dépasse largement le cadre sportif habituel. Aucune réaction officielle de l’AS Monaco n’a été communiquée à ce stade sur ce dossier disciplinaire concernant son joueur.
L’épisode illustre aussi la pression croissante que subissent les instances du football international lorsque des enjeux diplomatiques et sportifs s’entremêlent, un climat déjà tendu autour de cette Coupe du monde organisée aux Etats-Unis.
Prochaine étape : Folarin Balogun et les Etats-Unis affronteront la Belgique en huitième de finale, un match sous haute tension institutionnelle après le recours tenté par la fédération belge.