Croissance en berne, inflation en hausse : la Banque de France alerte
L'institution abaisse sa prévision de croissance 2026 à 0,5 % et relève l'inflation à 2,5 %, sur fond de choc énergétique persistant
Dans ses projections du 16 juin 2026, la Banque de France a nettement révisé à la baisse la croissance française attendue cette année, tout en réévaluant l'inflation. Un diagnostic qui pèse sur le pouvoir d'achat, l'emploi et les finances publiques.
L’essentiel
- Fait 1 : la Banque de France a abaissé sa prévision de croissance du PIB français pour 2026 à 0,5 %, contre 0,9 % anticipé auparavant (projections du 16 juin 2026)
- Fait 2 : l’inflation (IPCH) est réévaluée à la hausse, à 2,5 % en moyenne annuelle sur 2026
- Fait 3 : sans mesures d’économie supplémentaires, le déficit public atteindrait -5,2 % du PIB en 2026, et la dette 122 % du PIB en 2028
- Fait 4 : le taux de chômage est attendu à 8,1 % en 2026 et 2027
- Fait 5 : selon Eurostat, l’inflation annuelle de la zone euro a reflué à 2,8 % en juin, contre 3,2 % en mai 2026
Un coup de frein sur la croissance
Dans ses projections macroéconomiques publiées le 16 juin 2026, la Banque de France a revu nettement à la baisse sa prévision de croissance du PIB français pour l’année : 0,5 %, contre 0,9 % anticipé auparavant. Le gouverneur de l’institution, Emmanuel Moulin, a souligné, selon Les Echos, que l’économie nationale continue de subir les effets d’un choc énergétique persistant. Les tensions inflationnistes sont alimentées, selon la Banque de France, par la hausse des prix de l’énergie dans le sillage du conflit au Moyen-Orient débuté fin février.
L’inflation resserre son étau
Parallèlement à ce coup de frein sur l’activité, la Banque de France a réévalué à la hausse ses prévisions d’inflation pour la France, désormais attendue à 2,5 % en moyenne annuelle sur 2026. Un mouvement qui contraste avec la tendance observée à l’échelle européenne : selon Eurostat, le taux d’inflation annuel de la zone euro a reflué à 2,8 % en juin, contre 3,2 % en mai 2026. Face à ces tensions, la Banque centrale européenne maintient son taux de prêt marginal à 2,65 % en ce début juillet 2026.
Contexte national et européen
La trajectoire française se démarque de la moyenne de la zone euro. Selon la Banque de France, le taux d’endettement public national devrait continuer sa progression pour atteindre 122 % du PIB en 2028, s’écartant nettement de la moyenne projetée pour la zone euro, autour de 90 %. Cet écart illustre une divergence budgétaire qui s’ajoute au décalage conjoncturel déjà observé sur l’inflation, la France affichant une révision à la hausse au moment où l’ensemble de la zone euro amorce un reflux des prix.
Ménages et finances publiques sous pression
Conséquence directe de ce décalage entre hausse des prix et évolution des salaires, le pouvoir d’achat du salaire moyen par tête devrait enregistrer un recul temporaire en 2026, selon la Banque de France. L’investissement des ménages, freiné par le niveau élevé des taux d’intérêt bancaires, devrait connaître une croissance nulle sur la même période. Le marché du travail n’est pas épargné : le taux de chômage est attendu à 8,1 % en 2026 et 2027, avant une décrue à 7,8 % en 2028. Côté finances publiques, la Banque de France prévient que le déficit public pourrait s’établir à -5,2 % du PIB en 2026 en l’absence de mesures d’économie supplémentaires.
Ce diagnostic, publié à mi-parcours de l’année, servira de référence pour les débats budgétaires à venir.