Bastia : des militants de Nazione occupent un cabinet de commissaire de justice

Une dizaine de membres du mouvement indépendantiste ont investi pendant une heure les locaux de Philippe de Petriconi, vendredi 12 juin.

Bastia : des militants de Nazione occupent un cabinet de commissaire de justice
Illustration Francesca Santoni / info.fr

Le 12 juin 2026, une dizaine de militants du mouvement indépendantiste Nazione ont occupé pendant environ une heure le cabinet du commissaire de justice Philippe de Petriconi à Bastia. L'action visait à soutenir Nicolas Pinzuti, chef d'entreprise dans le bâtiment, dont 23 000 euros sont bloqués sur ses comptes.

L’essentiel

  • Date : vendredi 12 juin 2026, en centre-ville de Bastia (Haute-Corse).
  • Durée : environ une heure d’occupation des locaux du commissaire de justice Philippe de Petriconi.
  • Participants : une dizaine de militants de Nazione, selon plusieurs médias locaux corses.
  • Motif : 23 000 euros bloqués sur les comptes de Nicolas Pinzuti, militant du mouvement et chef d’entreprise du bâtiment.
  • Réactions officielles : aucun communiqué de la préfecture de Haute-Corse, du parquet de Bastia ou de la mairie n’a été émis à ce stade.

Ce qui s’est passé vendredi

Vendredi 12 juin 2026, dans la matinée et l’après-midi, une dizaine de membres du mouvement indépendantiste Nazione ont pénétré dans les locaux du cabinet du commissaire de justice Philippe de Petriconi, situé en centre-ville de Bastia. L’occupation a duré environ une heure, selon les médias locaux Corse Net Infos et Alta Frequenza qui ont relayé l’information le jour même.

L’action est décrite comme un « dialogue », parfois tendu, entre les militants et le commissaire de justice. Selon Alta Frequenza, l’échange s’est terminé de façon plus apaisée. Aucune interpellation n’a été signalée.

23 000 euros bloqués : le cas Pinzuti

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Le militant soutenu s’appelle Nicolas Pinzuti. Chef d’entreprise dans le secteur du bâtiment, il fait face au blocage d’environ 23 000 euros sur ses comptes bancaires, dans le cadre d’une procédure d’exécution. Nazione dénonce ce blocage comme une forme d’acharnement ou de pression politico-judiciaire contre l’un de ses membres, selon Corsica Infurmazione.

Philippe de Petriconi conteste cette lecture. Il affirme n’être qu’un exécutant, chargé d’appliquer une décision de justice, et indique avoir demandé des précisions sur le dossier. Ses déclarations sont rapportées par Alta Frequenza et Corse Net Infos.

Nicolas Pinzuti n’en est pas à son premier fait judiciaire. En février 2024, il avait été mis en examen, avec un autre militant, pour la destruction d’une villa, selon Ouest-France et Le Parisien.

La parole de Nazione

Paul-Antoine Susini s’est exprimé au nom de Nazione à l’issue de l’action, selon Alta Frequenza et Corse Net Infos. Le contenu précis de ses déclarations n’est pas reproduit dans les extraits disponibles, mais le mouvement revendique l’action comme un acte de solidarité militante face à des « pressions ».

Ce type d’intervention n’est pas inédit pour Nazione. En avril 2026 à Ajaccio, le mouvement s’était déjà opposé à une expulsion locative, une action relayée par Corse Matin qui notait une issue négociée avec l’Office de l’habitat. La police nationale de Bastia était par ailleurs mobilisée la même semaine en renfort au G7 d’Évian, sans lien avec cet incident.

Contexte dans la Haute-Corse

Nazione est un mouvement indépendantiste fondé fin janvier 2024 à Corte, issu notamment de l’absorption de Corsica Libera et d’autres structures. Il prône l’indépendance et la création d’une République corse, selon Corse Net Infos et Ouest-France. Corte, ville de naissance du mouvement, reste un point de référence symbolique pour la mouvance indépendantiste insulaire.

En Haute-Corse, les tensions entre militants nationalistes et institutions judiciaires ou d’exécution ne sont pas rares. Elles s’inscrivent dans un contexte politique où plusieurs organisations dénoncent régulièrement ce qu’elles désignent comme des poursuites à caractère politique. Corsica Infurmazione titre d’ailleurs sur « la prison et l’exil » comme antécédents pour le militant concerné - une formulation qui dépasse le seul cas Pinzuti et renvoie à un récit plus large porté par le mouvement.

La préfecture de Haute-Corse, le parquet de Bastia et la mairie n’avaient émis aucun communiqué au moment de la publication de cet article. Par ailleurs, la Haute-Corse fait face à une alerte sécheresse et à un risque incendie élevé depuis la mi-juin, contexte qui mobilise par ailleurs les services de l’État dans le département.

Aucune suite judiciaire annoncée

À ce stade, aucune procédure judiciaire liée à cette occupation n’a été annoncée publiquement. Le parquet de Bastia n’a pas communiqué. La situation de Nicolas Pinzuti - et notamment le déblocage ou le maintien des 23 000 euros saisis - reste à préciser. D’autres affaires judiciaires dans des départements ruraux montrent que les suites de telles interventions dépendent souvent de l’initiative du ministère public.

La prochaine étape dépendra de la réaction du parquet de Bastia et d’une éventuelle prise de position de la préfecture de Haute-Corse sur cette occupation de locaux d’un officier ministériel.

Francesca
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Sources

Francesca Santoni

Francesca Santoni

Francesca est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Haute-Corse (2B), avec Bastia pour chef-lieu. Spécialité du département : port commercial principal et Cap Corse. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Corse.

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