Toga : après six jours à la rue, le centre d’hébergement d’urgence de Bastia rouvre

Fermé brutalement le 15 avril par A Fratellanza, le site a rouvert le 21 avril sous gestion provisoire de l'association Alis, désignée par la préfecture.

Toga : après six jours à la rue, le centre d'hébergement d'urgence de Bastia rouvre
Illustration Francesca Santoni / info.fr

Le centre de nuit de Toga, à Bastia, a fermé le 15 avril 2026 après un bras de fer financier entre l'association gestionnaire et l'État. Pendant six jours, des sans-abri ont dormi dehors, dont certains sur la plage. La préfecture de Haute-Corse a tranché en désignant un gestionnaire de substitution.

Le centre d’hébergement d’urgence de nuit du quartier de Toga, situé dans les locaux de l’ancien hôpital de Bastia, a fermé ses portes le 15 avril 2026. L’association gestionnaire, A Fratellanza, invoque l’absence de subventions suffisantes de l’État pour honorer les charges salariales. Son président, Eugène Guidoni, a justifié la décision « faute de subventions de l’État », rendant selon lui impossible le maintien de l’activité, selon le site ici.fr.

Résultat immédiat : plusieurs personnes sans domicile se sont retrouvées à la rue du jour au lendemain, certaines dormant sur la plage de Bastia. Aucune solution alternative n’était disponible dans l’immédiat. Le centre de Toga représente l’une des trois structures d’hébergement d’urgence de Haute-Corse, avec 11 places, selon la préfecture.

L’État conteste et réagit

La préfecture de Haute-Corse conteste les arguments d’A Fratellanza. Selon Corse Matin, l’État affirme que l’association dispose de réserves et de liquidités confortables, d’après ses bilans comptables de début 2025. La fermeture est donc jugée injustifiée côté préfecture.

La préfecture a réagi rapidement. Arnaud Milleman, secrétaire général de la préfecture de Haute-Corse, a déclaré : « La préfecture a désigné l’association Alis qui prend temporairement le centre de nuit en charge. » Le site a rouvert le mardi 21 avril 2026, soit six jours après la fermeture, selon Corse Matin et France 3 Corse. Les 11 places sont à nouveau disponibles.

Cette crise locale illustre la fragilité des dispositifs d’hébergement d’urgence, souvent portés par de petites associations dépendantes de financements publics. Un phénomène qui n’est pas propre à la Haute-Corse : des services publics de proximité ont aussi fermé temporairement en Creuse, contraignant les usagers à trouver des alternatives dans l’urgence.

Un appel à projets pour stabiliser la gestion

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Pour éviter qu’une telle situation se reproduise, la préfecture a lancé le 20 avril 2026 un appel à manifestation d’intérêt pour désigner un nouveau gestionnaire associatif. La convention couvrira la période 2026-2028, soit trois ans. L’objectif affiché est de « garantir la continuité du service public de l’hébergement d’urgence », selon le document officiel publié sur le site de la préfecture de Haute-Corse.

Les candidats ont jusqu’au 18 mai 2026 pour déposer leur dossier. La préfecture entend sélectionner une structure capable non seulement de reprendre le site dans les meilleurs délais, mais aussi de développer ses capacités d’accueil. La gestion assurée par Alis reste provisoire dans l’attente de ce choix définitif.

Ce type de rupture dans les dispositifs de veille sociale interroge la robustesse des conventions passées entre l’État et les associations locales. La fragilité économique des structures associatives et privées qui assurent des missions de service public est régulièrement pointée, sans que des mécanismes de continuité solides soient systématiquement prévus.

Prochaine étape

La date limite de candidature pour le nouveau gestionnaire est fixée au 18 mai 2026. D’ici là, l’association Alis assure la continuité du centre de nuit de Toga. Le choix du gestionnaire pérenne conditionnera la stabilité des 11 places d’hébergement d’urgence du site pour les trois prochaines années.

Sources

Francesca Santoni

Francesca Santoni

Installée à Bastia, elle couvre le port, les liaisons maritimes, les débats sur la langue corse à l'école et la criminalité organisée. Formée à Sciences Po Aix, elle a commencé en presse écrite avant de rejoindre la rédaction web. Ligne de conduite : recouper les faits divers avec les procédures judiciaires, interroger avocats et policiers, ne jamais publier sans vérification solide.

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