Liquidation de Sogran à Saint-Étienne : 120 emplois perdus, aucun repreneur

Le tribunal de commerce a prononcé la liquidation du transporteur ligérien le 16 avril 2026, sans offre de reprise.

Liquidation de Sogran à Saint-Étienne : 120 emplois perdus, aucun repreneur
Illustration David Garnier / info.fr

Sogran, transporteur routier basé à Saint-Jean-Bonnefonds, a été liquidé le 16 avril 2026 par le tribunal de commerce de Saint-Étienne. Aucune offre de reprise n'a abouti. Entre 110 et 120 salariés se retrouvent sans emploi.

Le verdict est tombé le 16 avril 2026. Le tribunal de commerce de Saint-Étienne a prononcé la liquidation judiciaire de Sogran, anciennement connue sous le nom Sogranlotrans. L’entreprise, implantée à Saint-Jean-Bonnefonds dans la Loire, cesse toute activité. Ses 110 à 120 salariés sont licenciés, selon Le Progrès et L’Officiel des Transporteurs.

Une chute progressive depuis 2023

L’histoire de Sogran est celle d’un déclin étalé sur trois ans. En juillet 2023, l’entreprise avait adopté un plan de sauvegarde pour tenter de redresser la barre. Ce plan a été résolu, menant à un redressement judiciaire prononcé le 10 décembre 2025, selon Le Journal des Entreprises. L’administrateur judiciaire avait alors lancé un appel d’offres en janvier 2026 pour trouver un repreneur. Aucune offre n’a été déposée.

Sur le plan financier, le recul est net. Le chiffre d’affaires est passé de 21,4 millions d’euros en 2023 à 18,3 millions en 2025, soit une baisse d’environ 14 %, toujours selon Le Journal des Entreprises. L’effectif avait déjà fondu : Sogran comptait 220 salariés à son apogée, contre 120 en 2025. Le transporteur était dirigé par Jean-Pierre Grangeon, par ailleurs président de la FNTR-42, la fédération nationale des transporteurs routiers de la Loire.

Ce n’est pas la première liquidation dans le groupe. En mars 2025, la filiale Transport Ballet, basée en Haute-Saône avec 40 salariés, avait déjà été liquidée, comme le rappelle Le Journal des Entreprises. Pour les salariés de Sogran, les questions restent nombreuses : délais et montants des indemnités, perspectives de reconversion dans un secteur sous pression. Le marché du travail local du transport routier n’offre pas de garanties. Dans la Loire, 52 entreprises du secteur seraient actuellement en procédure collective, selon les données disponibles.

Un secteur ligérien sous tension

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La liquidation de Sogran s’inscrit dans un contexte difficile pour le transport routier de marchandises. La hausse des coûts de carburant, la pression sur les marges et la concurrence accrue fragilisent de nombreuses PME du secteur. Dans la Loire, la concentration de procédures collectives illustre une crise structurelle qui dépasse le seul cas Sogran. Des dispositifs comme l’accompagnement des entrepreneurs après l’échec existent, mais leur accès reste variable selon les profils et les territoires.

Pour les 120 familles concernées dans la région stéphanoise, l’urgence est immédiate. La prise en charge par l’AGS (garantie des salaires) devrait couvrir les créances salariales, mais le calendrier et les montants exacts n’ont pas été précisés à ce stade par le liquidateur. Les licenciements économiques dans le transport peuvent également s’accompagner d’un accompagnement via le contrat de sécurisation professionnelle (CSP), dont les modalités restent à confirmer pour les salariés de Sogran.

La fermeture de Sogran prive aussi la région d’un acteur historique du fret local. L’impact sur les donneurs d’ordre et les sous-traitants qui travaillaient avec l’entreprise n’a pas encore été évalué publiquement. La situation rappelle les difficultés récentes d’autres PME ligériennes - à l’image de BlaBlaCar Bus, autre opérateur du transport à avoir fermé faute de rentabilité, dans un contexte de marché sous pression.

Sources

David Garnier

David Garnier

Basé à Saint-Étienne, traite la désindustrialisation, les tensions sur l'emploi, les projets de reconversion urbaine et l'université. Formé à Sciences Po Grenoble, il a travaillé en radio régionale avant de rejoindre la rédaction web. Posture éditoriale : rencontrer les ouvriers, les élus, les entrepreneurs, vérifier les bilans sociaux avant de publier.

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