Bastia : les parents de Scola Corsa quittent la préfecture, ultimatum de 48h
Après un entretien de vingt minutes avec la nouvelle préfète Véronique Deprez-Boudier, les familles attendent des réponses concrètes sur la contractualisation des postes et la subvention contestée.
Une vingtaine à une trentaine de parents d'élèves de Scola Corsa ont occupé pacifiquement les salons de la préfecture de Haute-Corse à Bastia ce mardi 16 juin 2026, dès 8h15. Reçus par la préfète Véronique Deprez-Boudier, ils ont quitté les lieux vers 11h après un entretien d'une vingtaine de minutes, mais maintiennent la pression avec un ultimatum de 48 heures.
L’essentiel
- Occupation : Entre 20 et 30 parents d’élèves de Scola Corsa ont investi pacifiquement la préfecture de Haute-Corse dès 8h15 ce mardi 16 juin 2026.
- Entretien : La préfète Véronique Deprez-Boudier, en poste depuis le 15 juin, les a reçus environ 20 minutes ; les parents ont quitté les lieux vers 11h.
- Revendications : Contractualisation des 11 postes enseignants (6 déjà accordés), sécurisation du financement et retrait du recours préfectoral contre une subvention de 1,3 M€ accordée par la Collectivité de Corse.
- Ultimatum : 48 heures pour des réponses concrètes, sous peine d’autres actions dont un éventuel blocage de ports.
- Soutien élu : 248 à 253 maires et conseils municipaux corses ont voté des motions de soutien à l’association en juin 2026.
Ce qui s’est passé ce mardi matin
Peu après 8h15, une colonne de parents d’élèves et de soutiens de Scola Corsa a franchi les portes de la préfecture de Haute-Corse, avenue Paul Giacobbi, à Bastia. L’action, pacifique, visait à interpeller l’État sur l’avenir de l’association, selon France 3 Corse ViaStella et Corse Matin.
La mobilisation intervient au lendemain de la prise de fonctions de Véronique Deprez-Boudier, nommée préfète de Haute-Corse le 15 juin 2026, succédant à Michel Prosic. Les parents ont choisi ce moment pour frapper vite : la question de la pérennité de Scola Corsa traîne depuis plusieurs mois.
Un entretien de vingt minutes, des attentes non satisfaites
Vers 11h, les parents ont quitté les salons de la préfecture. La préfète les avait reçus pour un entretien d’environ vingt minutes, selon les sources concordantes de France 3 et de Corse Net Infos.
Véronique Deprez-Boudier a déclaré qu’il n’y a « pas d’inquiétude à avoir sur la pérennité de l’école immersive », qualifiant la langue corse de « langue de l’enracinement ». Elle a mentionné un travail en cours avec le recteur, le préfet de région et la Collectivité de Corse pour établir une base financière stable et juridiquement solide, en référence au rapport de la Cour des comptes qui pointait la fragilité du financement de l’association.
Les parents, eux, restent en attente. Ils maintiennent la pression et ont posé un ultimatum de 48 heures pour des réponses « rapides et concrètes », selon Corse Net Infos.
Trois revendications précises
Les parents de Scola Corsa portent un dossier bien balisé. Trois points concentrent leur demande :
D’abord, la contractualisation de la totalité des 11 postes d’enseignants. Six ont déjà été accordés selon les informations disponibles, mais les cinq restants ne sont pas sécurisés, ce qui fragilise l’organisation de la rentrée 2026-2027.
Ensuite, la sécurisation du financement de l’association par la Collectivité de Corse. Ce volet est lié directement au troisième point : le retrait du recours préfectoral qui conteste une subvention de 1,3 million d’euros accordée par la Collectivité de Corse à l’association, selon France 3 Corse ViaStella et Corse Matin.
En cas d’absence de réponse dans le délai imparti, les parents envisagent d’autres actions, y compris un blocage de ports, selon Corse Net Infos.
Contexte dans la Haute-Corse
Scola Corsa est une association loi 1901 fondée en mars 1971 par Ghjuvan Battista Stromboni et Carlu Castellani. Elle fédère des écoles associatives immersives à 100 % en langue corse, laïques et gratuites. En 2025, le réseau comptait environ 220 élèves répartis dans 5 établissements, dont une école ouverte à la rentrée 2025. L’association emploie environ 34 personnes, selon les données liées au dossier de subvention.
Scola Corsa s’inscrit dans un réseau européen d’écoles immersives en langue régionale (Eskolim), aux côtés de Seaska au Pays basque et Diwan en Bretagne. Comme à Kourou, où l’UTG avait levé sa mobilisation après 24h d’obtentions concrètes, les parents corses parient sur la négociation directe avec l’État pour débloquer des engagements fermes.
Le soutien politique local est massif. Entre 248 et 253 maires et conseils municipaux corses - soit plus des deux tiers des communes de l’île - ont voté des motions de soutien à l’association en juin 2026, selon le site officiel de Scola Corsa et France 3. Des rassemblements de plusieurs centaines de personnes devant les préfectures avaient déjà eu lieu en avril 2026.
La question de la langue corse à l’école est sensible en Haute-Corse. La pression accumulée par les familles, les élus et l’association a contraint l’État à ouvrir un dialogue, même si les termes concrets restent à formaliser. Les dossiers où l’État tarde à clarifier sa position financière peuvent rapidement dégénérer, comme l’ont montré d’autres situations en France en 2026.
Prochaine étape : 48h pour convaincre
Le délai posé par les parents expirera d’ici jeudi 18 juin. La préfète a engagé des discussions avec le recteur d’académie, le préfet de région et la Collectivité de Corse. Les familles indiquent que si aucun engagement concret n’est formalisé d’ici là, de nouvelles actions seront enclenchées.
Sources
- France 3 Corse ViaStella : Scola Corsa : une trentaine de parents d'élèves investissent la préfecture de Haute-Corse
- Corse Matin : Scola Corsa : une trentaine de parents d'élèves ont occupé la préfecture de Haute-Corse et lancé un ultimatum
- Corse Net Infos : Scola Corsa - Reçus par la préfète de Haute-Corse, les parents d'élèves maintiennent la pression
- Association Scola Corsa : Scola Corsa - Site officiel
