Kourou : l’UTG lève sa mobilisation au CSG après 24h, salaires et prime carburant obtenus
Le syndicat UTG a démantelé son barrage filtrant le 16 juin 2026 au matin après avoir obtenu des augmentations salariales et une prime carburant indexée sur la zone d'habitation.
La mobilisation de l'UTG au Centre spatial guyanais (CSG) de Kourou s'est terminée le 16 juin 2026 vers 9h, après un peu plus de 24 heures de grève. Le syndicat a levé son barrage filtrant une fois des accords conclus avec les donneurs d'ordre CNES et ArianeGroup sur les salaires et une prime carburant.
L’essentiel
- Durée : la grève a duré un peu plus de 24 heures, du 15 juin au 16 juin 2026 vers 9h.
- Accords : augmentation des salaires et prime carburant indexée sur la zone d’habitation, obtenus auprès du CNES et d’ArianeGroup.
- Citation : Jean-José Mathias (délégué syndical UTG) : « C’est réglé. On a eu ce qu’on devait avoir. »
- Tir Ariane 6 : lancement VA269 maintenu le 17 juin 2026, aucune incidence annoncée suite à la fin rapide du mouvement.
- Site : le CSG emploie entre 1 600 et 1 700 salariés directs via une quarantaine d’entreprises.
Un barrage levé dès 9h le 16 juin
Le 16 juin 2026 vers 9h, le syndicat UTG (Union des travailleurs guyanais) a démantelé le barrage filtrant qu’il avait installé à l’entrée du Centre spatial guyanais (CSG) de Kourou. La mobilisation avait débuté la veille, le 15 juin, avec le dépôt d’un préavis de grève générale illimitée, selon France-Guyane. Les grévistes avaient passé la nuit sur place après le report d’une réunion avec la direction, rapporte Franceinfo La1ère Guyane.
Jean-José Mathias, délégué syndical UTG au CSG, a confirmé la conclusion d’accords à l’issue des négociations : « C’est réglé. On a eu ce qu’on devait avoir. »
Les revendications à l’origine du mouvement
L’UTG avait déclenché ce mouvement pour trois motifs principaux : le non-respect de la convention de site, des négociations salariales jugées insuffisantes (indexation sur l’inflation, révision des annexes) et une dégradation du dialogue social avec les donneurs d’ordre CNES et ArianeGroup. Jean-José Mathias avait évoqué une « casse sociale » et du « mépris » de la part des opérateurs, toujours selon France-Guyane et La1ère.
Des débrayages avaient déjà eu lieu depuis mai 2026 sur la base, selon La1ère Guyane, avant que le syndicat ne franchisse le cap de la grève générale illimitée.
Ce que les salariés ont obtenu
Deux avancées concrètes ressortent des accords, selon France-Guyane : une augmentation des salaires et une prime carburant indexée sur la zone d’habitation. Le détail des montants n’a pas été communiqué à ce stade. Les négociations portaient sur les annexes révisables de la convention de site, un dispositif propre au CSG qui encadre les conditions de travail des prestataires.
La prime carburant indexée sur la zone répond à une réalité guyanaise : les coûts de transport varient sensiblement selon l’éloignement du domicile par rapport au site de Kourou. Ce mécanisme d’indexation était l’une des demandes récurrentes du syndicat, toujours selon les sources citées.
Aucune incidence sur le lancement Ariane 6 du 17 juin
La résolution rapide du conflit - en un peu plus de 24 heures - a permis d’éviter toute perturbation sur le calendrier de lancement. Selon le Centre spatial guyanais (CNES) et France-Guyane, le tir de la mission VA269 est maintenu le 17 juin 2026, entre 08h53 et 09h22 (heure de Kourou). La configuration retenue est celle de l’Ariane 64, avec quatre propulseurs P160C, pour mettre en orbite 36 satellites Amazon Leo.
Ce lancement représente un moment clé pour le programme Ariane 6 en Guyane, dont le redémarrage commercial est suivi de près par les acteurs économiques du territoire.
Contexte en Guyane
Le CSG est le principal employeur industriel du département. Le site accueille entre 1 600 et 1 700 salariés directs, répartis dans une quarantaine d’entreprises prestataires, selon des données 2023-2025 citées par Le Monde et Wikipédia. Les emplois indirects générés sur l’ensemble de la Guyane se comptent en plusieurs milliers supplémentaires.
Les tensions sociales au CSG ne sont pas nouvelles. La convention de site, qui régit les relations entre les donneurs d’ordre (CNES, ArianeGroup) et les sous-traitants, fait régulièrement l’objet de bras de fer syndicaux. L’UTG, syndicat historiquement ancré en Guyane, est l’interlocuteur incontournable sur ce dossier.
Le département traverse par ailleurs une période d’actualité sociale dense. À Saint-Laurent-du-Maroni, des actions de prévention routière ont récemment mobilisé les institutions, pendant que les opérations ATIPA et AÏMARA ont conduit à 122 refoulements et 9 interpellations entre le 8 et le 14 juin.
Le règlement rapide de la grève au CSG préserve pour l’heure la dynamique du site spatial, à 24 heures d’un tir scruté par l’industrie aérospatiale européenne.
Sources
- France-Guyane : Fin de la mobilisation de l'UTG au Centre spatial Guyanais
- France-Guyane : Grève annoncée par l'UTG au Centre spatial guyanais
- Franceinfo La1ère Guyane : Barrage au Centre spatial guyanais, les grévistes vont dormir sur place
- Franceinfo La1ère Guyane : Le syndicat UTG annonce une grève au Centre spatial guyanais

