Bastia : les parents de Scola Corsa poursuivent la mobilisation avec un tractage au rond-point Noguès
Une trentaine de parents d'élèves et soutiens ont distribué des tracts ce matin pour maintenir la pression sur l'État concernant l'avenir des écoles immersives en langue corse.
Ce vendredi 19 juin 2026, une trentaine de parents d’élèves, grands-parents et sympathisants de Scola Corsa ont organisé une opération de tractage au rond-point Noguès à Bastia. Cette action intervient trois jours après l’occupation pacifique de la préfecture de Haute-Corse, pour exiger la contractualisation de onze postes d’enseignants et le retrait d’un recours préfectoral contre une subvention de 1,3 million d’euros votée par l’Assemblée de Corse.
L’essentiel
- 30 personnes : une trentaine de parents et soutiens de Scola Corsa ont tracté ce 19 juin au rond-point Noguès, face à la mairie et au port de commerce de Bastia.
- 11 postes : le mouvement réclame la contractualisation de onze enseignants pour sécuriser la rentrée 2026.
- 1,3 M€ : la préfecture a déposé un recours contre une subvention votée par l’Assemblée de Corse.
- 16 juin : une vingtaine de soutiens avaient occupé pacifiquement les locaux de la préfecture.
Opération tractage au rond-point Noguès
Ce vendredi 19 juin 2026, aux environs de 9 heures, une trentaine de parents d’élèves, grands-parents et sympathisants du réseau Scola Corsa se sont rassemblés au rond-point Noguès de Bastia. Situé à la sortie du tunnel, face à la mairie et au port de commerce, ce point stratégique a servi de base pour une opération de tractage et un barrage filtrant, selon les informations d’ici Corse et de Corse Net Infos. Les participants distribuaient des tracts aux automobilistes et aux passants pour expliquer leurs revendications.
Cette action fait suite à l’occupation pacifique des locaux de la préfecture de Haute-Corse le 16 juin dernier, où une vingtaine de soutiens s’étaient installés pendant plusieurs heures. La préfète Véronique Deprez-Boudier avait reçu les représentants de Scola Corsa la semaine précédente, sans apporter de réponse ferme aux demandes du collectif.
Les revendications : 11 postes et 1,3 M€
Les parents et soutiens demandent deux choses principales. D’abord, la contractualisation de onze postes d’enseignants pour le réseau d’écoles immersives. Ensuite, le retrait du recours préfectoral contre une subvention de 1,3 million d’euros, votée par l’Assemblée de Corse pour financer l’ouverture de nouvelles classes. « Nous n’avons pas de réponse de l’État sur ces deux points », rapportent les organisateurs, cités par ici Corse. Le réseau Scola Corsa se prépare à sa cinquième rentrée, avec l’ouverture d’une cinquième école à Lucciana en septembre 2026, mais l’incertitude persiste sur les moyens alloués.
Le collectif estime que la pérennité de l’enseignement immersif en langue corse est menacée si l’État ne régularise pas la situation. La subvention de 1,3 million d’euros, votée par l’Assemblée de Corse, a été attaquée par la préfecture au motif que la Collectivité de Corse n’a pas compétence en matière d’éducation, selon Corse Net Infos.
Une mobilisation qui s’intensifie
L’opération de tractage de ce vendredi s’inscrit dans un mouvement plus large. La contestation autour de la politique éducative locale dépasse le simple cadre scolaire. Une manifestation de soutien à Scola Corsa avait rassemblé entre 1 700 personnes selon la police et 3 000 selon les organisateurs, le 30 mai 2026 à Bastia. Plus de 200 motions de maires de Corse et près de 10 000 signatures de pétition ont été recueillies en faveur de la reconnaissance des écoles immersives, d’après France 3 Corse.
Par ailleurs, des entreprises locales ont apporté leur soutien au réseau, et de nombreux élus se sont prononcés en faveur de la contractualisation. Le collectif prévient que de nouvelles actions pourraient être organisées dans les jours à venir si aucune avancée n’est constatée.
Contexte dans la Haute-Corse
La Haute-Corse, département de près de 180 000 habitants, est le territoire où l’enseignement immersif en langue corse est le plus développé. Bastia, la préfecture, abrite la majorité des écoles du réseau Scola Corsa. Le dossier cristallise les tensions récurrentes entre la Collectivité de Corse et l’État sur la politique linguistique et éducative. La nouvelle préfète, Véronique Deprez-Boudier, nommée en début d’année, n’a pas encore tranché sur le recours contre la subvention. Le précédent de l’école immersive Jean-Tixier à Ajaccio, qui avait obtenu une contractualisation en 2024 après plusieurs mois de mobilisation, sert de référence aux parents bastiais, selon Stampa Paese.
Le réseau Scola Corsa, pionnier de l’immersion en langue corse, scolarise aujourd’hui près de 400 enfants de la maternelle au CM2. Son modèle est observé de près par les autres régions à langues régionales, notamment en Bretagne et au Pays basque. L’actualité culturelle corse reste riche, mais la question de l’enseignement immersif demeure le principal sujet de préoccupation pour de nombreuses familles.
Prochaine étape : une rencontre avec les services de l’Éducation nationale est espérée dans les prochains jours, sans date fixée à ce stade. Les parents de Scola Corsa promettent de « maintenir la pression » jusqu’à obtenir des garanties écrites.