Rouen : Aminata Ba Dermien fonde Petits Bruits pour alerter sur l’hyperconnexion des jeunes
Communicante rouennaise, elle alerte « Avant 3 ans, c'est zéro écran » et propose des ateliers dès juin 2026.
Aminata Ba Dermien a fondé en 2026 l'association Petits Bruits à Rouen pour sensibiliser parents et enfants aux risques de la surexposition aux écrans. Des ateliers en présentiel démarrent dès ce mois de juin dans plusieurs lieux de l'agglomération.
L’essentiel
- Fondation : L’association Petits Bruits a été créée en 2026 à Rouen par Aminata Ba Dermien, communicante de métier.
- Recommandation clé : « Avant 3 ans, c’est zéro écran », introduction progressive et accompagnée ensuite par les parents.
- Ateliers : Sessions programmées dès le 10 juin 2026 (Fabalab à Bihorel, Mots Éphémères à Rouen, CH du Rouvray) ; « vraie rentrée » prévue en septembre 2026 en Normandie.
- Chiffres nationaux : Selon Santé publique France (données 2022), les 3-5 ans passent en moyenne 1h22/jour devant les écrans, les 9-11 ans 2h33.
Une association née d’un constat personnel
Aminata Ba Dermien est communicante. Elle est aussi maman et belle-mère. C’est dans son quotidien que le problème s’est imposé. « Nous sommes tout le temps sur nos écrans, que ce soit dans notre travail ou dans la vie privée. C’était une source de disputes récurrentes avec mes adolescents », explique-t-elle, citée par la Ville de Rouen et Paris-Normandie.
De cette observation, elle tire une initiative concrète : fonder Petits Bruits, association rouennaise de prévention contre la surexposition aux écrans, chez les jeunes comme chez les adultes. Elle s’est appuyée pour ce faire sur Lève les Yeux, organisation marseillaise spécialisée dans la lutte contre l’addiction aux écrans, fondée en 2018.
« Avant 3 ans, zéro écran » : des conseils pratiques
Le message central d’Aminata Ba Dermien est clair et s’aligne sur les recommandations des pédiatres : aucun écran avant 3 ans. Passé cet âge, l’introduction doit être progressive et accompagnée. Selon Tendance Ouest, qui lui a consacré un podcast, elle préconise des gestes simples : trier les applications, couper les notifications, remplacer le smartphone par un réveil classique pour les enfants.
Elle parle aussi d’« urgence sanitaire », selon L’Essentiel (28 mai 2026), en pointant les risques pour le développement cognitif. Les chiffres nationaux confirment l’ampleur du phénomène : selon une étude Santé publique France / Enabee portant sur 2022, les enfants de 3-5 ans cumulent en moyenne 1h22 d’écran par jour, ceux de 6-8 ans 1h53, et les 9-11 ans 2h33 - davantage les jours sans école.
Des ateliers pour tous les âges, dès juin
L’association propose des formats variés en présentiel. Pour les 5-8 ans : l’atelier « Quand les écrans font trop de bruit », centré sur l’attention, le sommeil et les émotions. Pour les 9-12 ans : « Mon premier smartphone ». Pour les adolescents : des sessions sur les réseaux sociaux et les fake news. Des cafés-discussions sont également prévus pour les parents et les seniors, sur les arnaques en ligne et la vérification d’informations.
Le calendrier de juin est déjà chargé : sessions au Fabalab à Bihorel à partir du 10 juin, atelier « Mon premier smartphone » le 20 juin à 14h dans le même lieu, café-discussion « Petits écrans, grandes questions » le 27 juin aux Mots Éphémères à Rouen, et une intervention au Centre Hospitalier du Rouvray le 26 juin. Le 18 juillet, les Mots Éphémères accueilleront une nouvelle session.
La « vraie rentrée » est fixée à septembre 2026, avec des ateliers, conférences grand public et événements déconnectés prévus sur l’ensemble de la Normandie, selon la Ville de Rouen et Paris-Normandie.
Contexte dans la Seine-Maritime
La Seine-Maritime est le département le plus peuplé de Normandie avec environ 1,3 million d’habitants, dont Rouen constitue le pôle urbain principal. La question des écrans y rejoint des enjeux éducatifs plus larges : décrochage scolaire, santé mentale des jeunes, fracture numérique. L’initiative de Petits Bruits s’inscrit dans un mouvement associatif qui se développe en dehors des dispositifs institutionnels : l’association est financée via HelloAsso et les dons, sans subventions publiques identifiées à ce stade. La Ville de Rouen l’a toutefois mise en avant comme « initiative de la semaine » sur son site officiel en juin 2026, signe d’une visibilité municipale sans engagement financier déclaré.
La rentrée de septembre dira si l’association parvient à ancrer durablement son offre au-delà de l’agglomération rouennaise - d’autres initiatives normandes et picardes montrent que la mobilisation associative peut trouver un relais médiatique local solide. Les familles intéressées peuvent contacter Petits Bruits via HelloAsso ou le site petitsbruits.fr.
Sources
- Ville de Rouen : Initiative de la semaine : association Petits Bruits
- Tendance Ouest : Podcast : « Avant 3 ans, c'est zéro écran » – Aminata Ba Dermien sensibilise à l'hyperconnexion
- Paris-Normandie : Une nouvelle association rouennaise sensibilise sur la surexposition aux écrans
- L'Essentiel : À Rouen, une asso pour prévenir l'hyperconnexion