Saint-Jean-d’Angély : un prof stagiaire soupçonné de relation avec une lycéenne de 16 ans
L'enseignant, 24 ans, a été éloigné du lycée Louis-Audouin-Dubreuil à titre conservatoire. L'Académie de Poitiers mène une instruction interne.
Un professeur stagiaire d'informatique de 24 ans au lycée Louis-Audouin-Dubreuil de Saint-Jean-d'Angély est soupçonné d'entretenir une relation avec une lycéenne de 16 ans. Éloigné de l'établissement début juin 2026, il continue d'enseigner à distance. L'Académie de Poitiers a ouvert une instruction interne.
L’essentiel
- Enseignant concerné : professeur stagiaire d’informatique, 24 ans, au lycée Louis-Audouin-Dubreuil de Saint-Jean-d’Angély
- Victime présumée : une lycéenne de 16 ans du même établissement
- Mesure conservatoire : éloignement de l’établissement début juin 2026, cours maintenus en visioconférence
- Stade judiciaire : instruction interne de l’Académie de Poitiers en cours ; aucun signalement au parquet de Saintes à ce stade
- Risque pénal : atteintes sexuelles sur mineure de plus de 15 ans et abus d’autorité, si les faits sont avérés
Ce qui s’est passé selon Sud Ouest
C’est le quotidien Sud Ouest qui a révélé l’affaire le 5 juin 2026. Selon ses informations, un professeur stagiaire d’informatique de 24 ans, affecté au lycée général Louis-Audouin-Dubreuil de Saint-Jean-d’Angély, serait soupçonné d’avoir une relation avec une lycéenne de 16 ans scolarisée dans le même établissement.
Selon Sud Ouest, l’enseignant aurait été surpris en compagnie de l’élève dans une salle de classe par un autre élève. C’est cette découverte qui aurait déclenché l’alerte au sein de l’établissement. Le professeur serait arrivé au lycée en début d’année scolaire 2025-2026 - il n’exerçait donc dans l’établissement que depuis quelques mois au moment des faits présumés. Ces éléments, issus d’une source unique, n’ont pas été confirmés de façon indépendante à ce stade.
L’éloignement de l’établissement, une mesure non définitive
En début de semaine - autour des 2 et 3 juin 2026 - , la direction du lycée a pris une mesure conservatoire : l’enseignant a été « éloigné » de l’établissement. Il ne se présente plus physiquement dans les locaux, mais peut continuer à assurer ses cours à distance, par visioconférence.
Cette formule est classique dans les procédures disciplinaires de l’Éducation nationale : elle permet d’écarter l’enseignant du contact direct avec les élèves sans préjuger d’une sanction définitive, dans l’attente des conclusions d’une enquête interne. Elle ne constitue ni une suspension, ni un licenciement.
La position de l’Académie de Poitiers
Contactée par Sud Ouest, l’Académie de Poitiers a confirmé avoir été informée « d’éléments relatifs à une éventuelle relation entre une élève et un enseignant ». Elle précise toutefois que « la matérialité des faits n’est à ce stade pas établie » et qu’une instruction interne va être menée.
L’Académie n’a, à ce jour, effectué aucun signalement au parquet de Saintes. La procédure reste donc, pour l’instant, confinée au périmètre administratif de l’institution scolaire. Aucune sanction définitive n’a été prononcée contre l’enseignant.
La mairie de Saint-Jean-d’Angély et la préfecture de Charente-Maritime n’ont pas fait de déclaration publique sur ce dossier à la date de publication de cet article.
Ce que dit le droit : des risques pénaux réels
Si les faits venaient à être établis, la situation juridique de l’enseignant serait sérieuse. Comme le rappelle Sud Ouest, une relation entre un enseignant et un élève mineur de plus de 15 ans - même consentie - expose l’adulte à des poursuites pour atteintes sexuelles sur mineure et abus d’autorité.
La notion d’abus d’autorité est centrale : le lien hiérarchique entre un professeur et son élève suffit, en droit français, à caractériser une situation de vulnérabilité. Le consentement de la mineure ne constitue pas un fait justificatif. C’est précisément ce cadre légal qui justifie la mesure conservatoire prise par l’établissement, indépendamment de toute procédure pénale.
Des affaires similaires impliquant des mineurs dans un cadre scolaire ont déjà donné lieu à des poursuites en France. À Aurillac, un dossier distinct impliquant des violences sur mineur aux urgences illustre la diversité des situations où la protection des mineurs mobilise à la fois les institutions et la justice.
Contexte dans le département
Saint-Jean-d’Angély compte 6 784 habitants selon l’INSEE (données 2023), soit une baisse de 2,8 % depuis 2017. La ville est l’un des pôles urbains secondaires de la Charente-Maritime, entre Saintes et Niort. Le lycée Louis-Audouin-Dubreuil, fondé en 1971, est l’établissement public polyvalent de référence du bassin. Il accueille entre 800 et 1 100 élèves selon les années, en filières générales, technologiques et professionnelles, sous la tutelle de l’académie de Poitiers.
Le ressort judiciaire compétent est le tribunal de Saintes, chef-lieu d’arrondissement. C’est vers le parquet de Saintes qu’un éventuel signalement de l’Académie serait adressé, si l’instruction interne débouchait sur des éléments suffisamment établis.
En Charente-Maritime, les violences intrafamiliales et les atteintes à la personne sur mineurs font l’objet d’un suivi renforcé des parquets depuis plusieurs années. Des données récentes sur les violences intrafamiliales dans d’autres départements du grand Ouest, comme les 2 489 victimes recensées dans les Pyrénées-Atlantiques en 2025, témoignent de l’ampleur nationale de ces problématiques.
Ce qui reste à établir
L’affaire en est à un stade précoce. Plusieurs points restent ouverts : la nature exacte des faits reprochés, la teneur de l’instruction interne de l’Académie, et la question d’un éventuel signalement au parquet de Saintes. L’enseignant n’a pas, à ce jour, fait l’objet de mise en cause judiciaire formelle. Ni son identité ni celle de l’élève n’ont été rendues publiques.
La direction du lycée Louis-Audouin-Dubreuil n’a pas non plus communiqué publiquement sur l’affaire à ce stade.
L’Académie de Poitiers devrait rendre des conclusions de son instruction dans les prochaines semaines ; un signalement au parquet de Saintes ne sera envisagé qu’à l’issue de cette étape.