Bastia-Poretta : Guazzelli endosse la pleine responsabilité du double homicide en appel
Au procès en appel ouvert le 4 mai 2026 à Aix-en-Provence, Christophe Guazzelli reconnaît pour la première fois sa culpabilité dans les assassinats de 2017.
Le procès en appel du double homicide de l'aéroport de Bastia-Poretta s'est ouvert le 4 mai 2026 à Aix-en-Provence. Dès le premier jour, Christophe Guazzelli, 36 ans, a reconnu sa responsabilité dans les assassinats de Jean-Luc Codaccioni et Antoine Quilichini, commis le 5 décembre 2017. Une première depuis les faits.
Le procès en appel du double homicide de l’aéroport de Bastia-Poretta s’est ouvert le 4 mai 2026 à Aix-en-Provence. Dès le premier jour, Christophe Guazzelli, 36 ans, a reconnu sa responsabilité dans les assassinats de Jean-Luc Codaccioni et Antoine Quilichini, commis le 5 décembre 2017. Une première depuis les faits.
L’essentiel
- Date des faits : 5 décembre 2017, double homicide à l’aéroport de Bastia-Poretta.
- Aveu : Christophe Guazzelli, 36 ans, a reconnu le 4 mai 2026 être coupable des deux homicides volontaires, agissant selon lui seul, sans bande organisée.
- Procès en appel : 11 accusés, cour d’assises spéciale des Bouches-du-Rhône à Aix-en-Provence, sans jury populaire, jusqu’au 3 juillet 2026.
- Condamnation en première instance : 30 ans de réclusion criminelle avec 20 ans de sûreté, prononcés en juin 2024 par Le Monde.
- Rôle de Cathy Chatelain : l’ex-surveillante pénitentiaire a reconnu avoir donné le « baiser de la mort » comme signal aux victimes avant les tirs.
Un aveu inédit dès l’ouverture des débats
Christophe Guazzelli n’avait jamais, depuis décembre 2017, reconnu publiquement sa culpabilité. Le 4 mai 2026, devant la cour d’assises spéciale des Bouches-du-Rhône, il a déclaré être « coupable » des deux homicides volontaires, selon RTL. Il affirme avoir agi seul, sans organisation criminelle constituée, contestant ainsi les charges d’association de malfaiteurs terroriste criminelle retenues contre lui.
Guazzelli a également admis, selon RTL, son implication dans l’incendie de la Golf noire utilisée comme véhicule lors du double assassinat. Ces déclarations marquent une rupture nette avec sa posture lors du premier procès.
Le « baiser de la mort » : le signal de Cathy Chatelain
L’affaire doit son surnom à un détail opérationnel devenu emblématique. Cathy Chatelain, ancienne surveillante pénitentiaire à la prison de Borgo, a reconnu avoir embrassé les deux victimes - Jean-Luc Codaccioni et Antoine Quilichini - juste avant les tirs, servant ainsi de signal aux tireurs. Elle a confirmé son rôle dans le double homicide devant la cour, selon RTL.
Jean-Luc Codaccioni, 54 ans, était gestionnaire de casinos en Afrique et proche de Jean-Luc Germani. Antoine Quilichini, 49 ans, dit « Tony le Boucher », était une figure du banditisme rattachée au clan Germani, selon Ouest-France.
La vendetta des héritiers de la « Brise de Mer »
Le mobile est une vendetta. Christophe Guazzelli est le fils de Francis Guazzelli, figure fondatrice du gang « Brise de Mer », assassiné en 2009. Le double homicide de Bastia-Poretta s’inscrit dans la guerre opposant les héritiers de ce gang au clan Germani, selon La Nouvelle République et Ouest-France.
La « Brise de Mer » a été fondée dans les années 1970 à Bastia. Elle a dominé le crime organisé corse pendant vingt-cinq ans, principalement par des braquages, avant que ses membres fondateurs ne soient progressivement éliminés ou emprisonnés. Les guerres intestines entre héritiers et clans rivaux ont fait, selon les sources, une quarantaine de morts entre 2008 et 2012.
Un procès sans jury, onze accusés, deux mois d’audience
Le choix d’une cour d’assises spéciale - sans jury populaire - n’est pas anodin. Cette procédure, réservée aux affaires de grand banditisme et de terrorisme, vise à éviter les pressions sur les jurés. Onze accusés comparaissent, dont le frère de Christophe, Richard Guazzelli. Selon France 3 Corse, une centaine de témoins sont appelés à la barre. Les audiences se poursuivront jusqu’au 3 juillet 2026.
En première instance, en juin 2024, Christophe Guazzelli avait été condamné à trente ans de réclusion criminelle avec vingt ans de sûreté pour son rôle de « maître d’œuvre » dans les assassinats, selon Le Monde. Il a fait appel de ce verdict.
Des conditions d’incarcération dénoncées comme « atroces »
Devant la cour, Guazzelli a aussi évoqué sa détention. Selon France 3 Corse, il se dit en quartier disciplinaire depuis juin 2018 et a décrit ses conditions comme « atroces » - « ce n’est pas dur, c’est atroce », aurait-il déclaré. Ces déclarations n’ont pas de portée juridique directe sur la culpabilité, mais elles ont occupé une part de la première journée d’audience.
Pour les autorités des Bouches-du-Rhône, mobilisées sur plusieurs fronts sécuritaires, le procès se tient sous haute surveillance policière, selon France 3 Corse.
Contexte en Haute-Corse
L’aéroport de Bastia-Poretta est la principale porte d’entrée de la Haute-Corse (département 2B), qui compte environ 180 000 habitants. L’affaire du double homicide de 2017 a durablement marqué le département, exposant au grand jour les ramifications du banditisme organisé local et ses connexions avec le continent.
La Corse figure régulièrement parmi les départements français les plus touchés par les assassinats liés au crime organisé. Les guerres de clans des années 2008-2012 ont constitué un pic de violence, mais les règlements de comptes liés à ces conflits continuent d’alimenter les dossiers judiciaires. Ce procès en appel est l’un des plus lourds instruits ces dernières années pour des faits commis sur l’île.
L’actualité de la Haute-Corse reste pourtant diverse : le département suit en parallèle des dossiers sociaux et économiques sans lien avec ces affaires criminelles.
Prochaine étape
Les audiences se poursuivent à Aix-en-Provence. Le délibéré de la cour d’assises spéciale des Bouches-du-Rhône est attendu avant le 3 juillet 2026, date fixée pour la clôture des débats.
Sources
- RTL : Baiser de la mort à Bastia-Poretta : Christophe Guazzelli endosse toute la responsabilité du double homicide
- France 3 Corse : "Ce n'est pas dur, c'est atroce" : Christophe Guazzelli raconte ses conditions d'incarcération
- Le Parisien : Le 'baiser de la mort' acte II : retour aux assises pour le double assassinat de Bastia-Poretta
- Le Monde : Christophe Guazzelli condamné à trente ans de prison pour le double assassinat de Bastia-Poretta