Bastia : le procureur Navarre appelle à questionner les pratiques judiciaires après l’affaire Lyhanna

Jean-Philippe Navarre, procureur de Bastia, s'exprime dans Corse-Matin après le meurtre de la collégienne de 11 ans et les rassemblements en Corse.

Bastia : le procureur Navarre appelle à questionner les pratiques judiciaires après l'affaire Lyhanna
Illustration Francesca Santoni / info.fr

Dans une interview accordée à Corse-Matin le 11 juin 2026, Jean-Philippe Navarre, procureur de la République de Bastia, a déclaré « Nous devons questionner nos pratiques professionnelles ». Il réagit au meurtre de Lyhanna, collégienne de 11 ans tuée dans le Gers, et aux mobilisations qui ont traversé la Corse.

L’essentiel

  • Déclaration : Le procureur Jean-Philippe Navarre affirme dans Corse-Matin : « Nous devons questionner nos pratiques professionnelles », en référence à l’affaire Lyhanna.
  • Le drame : Lyhanna, 11 ans, a disparu le 29 mai 2026 à Fleurance (Gers) et a été retrouvée morte le 4 juin dans un silo agricole à Puycasquier.
  • Le suspect : Jérôme Barella, 41 ans, mis en examen et incarcéré depuis le 1er juin 2026, était visé par des plaintes antérieures pour violences pédocriminelles.
  • Mobilisation corse : Plus de 500 personnes ont manifesté le 8 juin 2026 à Bastia et Ajaccio à l’appel du collectif Donne di Corsica.
  • Rencontre institutionnelle : Les autorités judiciaires corses ont reçu des présidents d’associations au palais de justice de Bastia le 10 juin 2026.

Une interview publiée le 11 juin

Jean-Philippe Navarre a accordé une interview à Corse-Matin, publiée dans la matinée du 11 juin 2026. Le procureur de la République de Bastia y prend position sur l’affaire Lyhanna, qui mobilise l’opinion depuis la découverte du corps de la fillette début juin dans le Gers.

Sa déclaration centrale : « Nous devons questionner nos pratiques professionnelles ». Une formule sobre, mais qui engage la responsabilité du système judiciaire face à un dossier où le suspect principal était déjà connu des services.

Ce qui s’est passé dans le Gers

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Lyhanna, collégienne de 11 ans, a disparu le 29 mai 2026 à Fleurance, dans le Gers. Son corps a été retrouvé le 4 juin dans un silo agricole à Puycasquier, identifié formellement par analyse ADN selon les informations du procureur d’Agen Olivier Naboulet. L’autopsie n’a pas permis d’établir les causes précises du décès au moment des premiers communiqués, d’après Le Parisien.

Le principal suspect, Jérôme Barella, 41 ans, a été mis en examen pour enlèvement et séquestration et incarcéré dès le 1er juin 2026, avant même la découverte du corps. Selon Le Monde et Wikipedia, il était visé par des plaintes antérieures pour violences pédocriminelles. Le père de Barella avait lui-même fait l’objet d’une plainte pour viol sur une petite-fille en 2013, ayant abouti à un non-lieu en 2021 ; des enquêtes connexes ont depuis été rouvertes, selon Le Monde et Ouest-France.

Ce contexte d’antécédents connus nourrit la question posée par Navarre : les signaux existaient. Pourquoi n’ont-ils pas suffi à protéger Lyhanna ?

La Corse descend dans la rue le 8 juin

Trois jours après la découverte du corps, le collectif Donne di Corsica a appelé à des rassemblements simultanés à Bastia et Ajaccio. Le 8 juin 2026 au soir, plus de 500 personnes se sont mobilisées devant les palais de justice des deux villes, selon Corse-Matin et Corse Net Infos. Les manifestants dénonçaient « un système qui tue des enfants » et réclamaient une meilleure protection des mineurs.

Ces rassemblements corses s’inscrivent dans un mouvement plus large. Selon Le Monde, des mobilisations similaires ont eu lieu le même soir devant des dizaines de tribunaux en France. Pour la Corse, le tribunal de Bastia est devenu un point de convergence symbolique de la contestation locale.

Le palais de justice de Bastia au centre du dialogue

Le 10 juin 2026, veille de l’interview de Navarre, les autorités judiciaires corses ont reçu des présidents d’associations au palais de justice de Bastia, selon Corse-Matin. La réunion s’inscrit dans la même dynamique : répondre à la mobilisation citoyenne et aux interrogations sur les pratiques institutionnelles.

C’est le lendemain, le 11 juin, que Navarre a choisi de s’exprimer publiquement dans la presse régionale. La séquence - rassemblement populaire, réunion avec les associations, puis prise de parole du procureur - traduit une gestion de crise menée en moins de quatre jours.

Contexte dans la Haute-Corse

Jean-Philippe Navarre a pris ses fonctions de procureur de la République près le tribunal judiciaire de Bastia en janvier 2024, fort de 23 ans de services, selon France 3 Corse et des données JORF. Il avait alors déclaré que « servir la justice en Haute-Corse est un choix volontaire et réfléchi ».

La Haute-Corse est un territoire marqué par des enjeux judiciaires spécifiques - criminalité organisée, violences intrafamiliales, insularité des dispositifs de protection. L’affaire Lyhanna, bien que survenue à 1 000 kilomètres de là dans le Gers, résonne localement parce qu’elle cristallise des questions nationales sur le traitement des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs et la prise en compte des signalements répétés.

La mobilisation du collectif Donne di Corsica - organisation féminine corse - confirme que l’île n’est pas en marge de ce débat national. L’interview de Navarre dans Corse-Matin constitue l’un des rares positionnements publics d’un procureur régional sur cette affaire, en dehors du parquet d’Agen directement compétent. À Ajaccio également, des instances institutionnelles se réunissent en format exceptionnel ces derniers jours, signe d’une tension plus large dans les services publics corses.

Un débat national sur les défaillances judiciaires

L’affaire Lyhanna a provoqué un débat de fond sur le traitement institutionnel des violences pédocriminelles. La question des plaintes ignorées, des non-lieux accordés, des signalements restés sans suite revient dans chaque analyse de ce dossier. France Culture a consacré une émission à la question, qualifiant l’affaire d’« emblématique des dysfonctionnements de la justice ».

L’exécutif national a lui-même évoqué, selon France 24, des « dysfonctionnements accablants des services de l’État ». Dans ce contexte, la déclaration de Navarre - procureur d’un ressort éloigné du lieu du crime - prend une portée qui dépasse Bastia. Elle signale une prise de conscience au sein même du corps judiciaire.

Des affaires comparables, comme certains dossiers impliquant des mineurs en milieu scolaire, posent des questions similaires sur la réactivité des institutions face aux signaux faibles.

Ce que dit Navarre, et ce qu’il ne dit pas

L’interview publiée par Corse-Matin ne détaille pas les mesures concrètes envisagées. La formule retenue - « questionner nos pratiques professionnelles » - reste ouverte. Elle reconnaît implicitement que des dysfonctionnements existent, sans en préciser la nature ni la responsabilité.

Le contenu complet de l’interview, accessible sur le site de Corse-Matin, n’a pas été rendu public dans son intégralité à ce stade via d’autres canaux. Les prochaines étapes du débat judiciaire national - et la question d’une éventuelle réforme des procédures de signalement - restent à préciser.

Francesca
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Sources

Francesca Santoni

Francesca Santoni

Francesca est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Haute-Corse (2B), avec Bastia pour chef-lieu. Spécialité du département : port commercial principal et Cap Corse. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Corse.

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