Baylet dénonce ses détracteurs après le séisme politique de 2026 en Tarn-et-Garonne

L'ancien président du conseil départemental monte au créneau après une série de revers électoraux qui fragilisent son emprise sur le 82.

Baylet dénonce ses détracteurs après le séisme politique de 2026 en Tarn-et-Garonne
Illustration Jérôme Barthas / info.fr

Jean-Michel Baylet n'entend pas se laisser enterrer politiquement. Le 15 avril 2026, l'ancien leader radical a vivement réagi aux critiques qui s'accumulent contre lui, tandis que son influence sur le Tarn-et-Garonne traverse une zone de turbulences inédite.

La séquence est rude pour Jean-Michel Baylet. En quelques semaines, l’homme qui a dominé la politique tarn-et-garonnaise pendant des décennies encaisse les coups. Le 15 avril, il a lâché ce mot dans les colonnes de La Dépêche du Midi - le groupe de presse qu’il possède depuis 1995 : « Je commence à en avoir assez d’être le punching-ball de tout le monde, de l’extrême droite à l’extrême gauche. Je ne sais pas comment ils feront quand ils ne m’auront plus. Je ne cesse d’être calomnié, insulté, diffamé par des gens qui feraient bien de balayer devant leur porte. »

Un conseil départemental sous tension

Le déclencheur immédiat : l’élection, le 13 avril 2026, de Jean-Claude Bertelli (droite) à la tête du conseil départemental du Tarn-et-Garonne. La configuration est paradoxale - un président de droite, un exécutif majoritairement de gauche. Selon La Dépêche, ce montage atypique fait peser un risque de blocage institutionnel, notamment sur le vote du budget départemental attendu en mai 2026. Des proches de Baylet siègent dans cet exécutif, ce qui n’empêche pas L’Humanité de parler de « baronnie Baylet fragilisée ».

Baylet avait également pris position en mars sur les municipales de Montauban, critiquant l’élection de Didier Lallemand à la mairie. Il avait alors estimé, selon La Dépêche, que « Mme Barèges et son candidat peuvent dire merci au PS », jugeant que 62 % des Montalbanais n’avaient pas voté pour le nouveau maire. Une sortie qui illustre sa volonté de peser encore sur l’échiquier local, malgré les revers.

Une emprise familiale qui remonte à 1970

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Pour mesurer l’ampleur du changement, il faut rappeler l’histoire. Selon Wikipedia, c’est sa mère Evelyne Baylet qui prend la tête du conseil général du Tarn-et-Garonne en 1970. Jean-Michel lui succède en 1985 et tient le département jusqu’en 2015, date à laquelle, comme le rappelle Le Monde, la « dynastie » perd la présidence au profit d’un indépendant soutenu par la droite. Quarante-cinq ans de règne familial. Parallèlement, Baylet préside le Parti radical de gauche de 1996 à 2017 et occupe plusieurs postes ministériels sous Mitterrand puis Hollande.

En mars 2026, il est réélu maire de Valence-d’Agen avec plus de 61 % des voix, selon Le Parisien. Ce scrutin se tient malgré une pétition de l’association Mouv’Enfants recueillant plus de 17 000 signatures demandant son retrait, en lien avec des accusations de violences sexuelles classées sans suite en 2022. Le sujet circule sur les réseaux sociaux, où des témoignages d’accusatrices ont été publiés publiquement.

Par ailleurs, Le Canard enchaîné avait signalé en 2025 l’implication discrète de La Dépêche dans la création du collectif « Nouveau Montauban », dirigé par Alain Baute, présenté comme proche de Baylet, en vue des municipales de 2026. Un entrecroisement presse-politique que ses adversaires ne manquent pas de pointer.

Prochaine étape : le budget de mai

La prochaine échéance concrète est le vote du budget départemental, attendu en mai 2026. La cohabitation droite-gauche au sein de l’exécutif du conseil départemental sera alors testée grandeur nature. L’influence réelle de Baylet sur ce vote reste à évaluer. Les positions de son camp n’ont pas encore été rendues publiques à ce stade.

Sources

Jérôme Barthas

Jérôme Barthas

Correspondant à Montauban, suit l'agriculture fruitière, les tensions sur l'eau, les débats sur la viticulture et les projets routiers. Formé à l'IJBA Bordeaux, il a grandi dans le Tarn-et-Garonne. Posture éditoriale : interroger les arboriculteurs, les syndicats agricoles, les élus, vérifier les données de consommation d'eau avant de conclure.

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