Beauvais : les assistants familiaux de l’Oise manifestent contre leurs conditions de travail
Mobilisés devant l'Hôtel du département le 2 avril, ils dénoncent des frais kilométriques non remboursés malgré la hausse du diesel.
Plusieurs assistants familiaux employés par le Conseil départemental de l'Oise se sont rassemblés à Beauvais le 2 avril 2026, à l'appel de la CGT. Leur revendication centrale : la prise en charge des frais de carburant, plafonnée à 20 km par jour quel que soit le trajet réel.
Le timing était choisi. Ce jeudi 2 avril, pendant que les élus du Conseil départemental de l’Oise votaient le budget primitif 2026 en séance, des assistants familiaux se regroupaient devant l’Hôtel du département à Beauvais, selon Oise Hebdo. Le syndicat CGT du conseil départemental avait lancé l’appel.
« On commence à payer pour travailler »
Le grief principal concerne le remboursement des frais kilométriques. Le département ne prend en charge que les 20 premiers kilomètres parcourus par jour. Au-delà, les frais restent à la charge du professionnel. Avec le diesel dépassant les 2 euros le litre, la facture s’alourdit, rapporte le Courrier Picard.
Nathalie Gobert, secrétaire de la CGT du conseil départemental de l’Oise, résume la situation sans détour : « On commence à payer pour travailler. » Elle qualifie l’impact de l’inflation sur ces agents de « catastrophe financière », selon Oise Hebdo.
La CGT réclame deux mesures concrètes : l’instauration d’une prime carburant mensuelle indexée sur le prix du pétrole, à compter de mars 2026, et la suppression de la limite des 20 km que le syndicat qualifie de non légale.
Un contexte sous tension
Les assistants familiaux sont employés par le département en CDI, en tant qu’agents non titulaires de la fonction publique territoriale, avec un agrément renouvelable tous les cinq ans, rappelle le site du Conseil départemental de l’Oise. Depuis 2022, le département a lancé un plan de recrutement assorti d’une aide à l’installation pouvant atteindre 10 000 euros pour les nouveaux entrants.
La même année, la loi du 7 février 2022 a réformé le métier, garantissant notamment au moins 80 % de la rémunération convenue en cas de baisse du nombre d’enfants confiés. Des avancées que la CGT ne conteste pas, mais qui ne suffisent pas à compenser la hausse des coûts du quotidien, selon le syndicat.
La pression s’intensifie par ailleurs depuis l’annonce de la fermeture prévue de la Maison des Tout-Petits à Beauvais d’ici fin 2026. En mars 2026, la CGT avait déjà lancé un appel à grève sur ce dossier, estimant que la fermeture de cette structure d’accueil accentuerait le recours aux assistants familiaux, selon France 3 Hauts-de-France.
Un précédent en 2021
Ce n’est pas la première fois que les assistants familiaux de l’Oise descendent dans la rue. Le 20 mai 2021, une manifestation similaire avait eu lieu devant la préfecture de Beauvais, dans le cadre d’une journée nationale de grève pour la défense de leurs droits, rappelle le Courrier Picard. Cinq ans plus tard, les revendications portent sur des sujets différents mais la mobilisation reste locale et syndicale.
Aucune réponse officielle du Conseil départemental n’avait été communiquée à la presse à l’issue de la journée du 2 avril. La CGT indique poursuivre ses interpellations auprès des élus.
Sources
- Oise Hebdo : Le ras-le-bol des assistants familiaux, victimes de l'inflation
- Courrier Picard : « On commence à payer pour travailler » : les assistants familiaux mobilisés devant le département
- France 3 Hauts-de-France : La fermeture de la Maison des Tout-Petits divise à Beauvais
- Conseil départemental de l'Oise : Devenir assistant familial dans l'Oise