Begoña Gómez jugée pour trafic d’influence : le tribunal lève l’interdiction de sortie du territoire
L'épouse du Premier ministre espagnol sera jugée par un jury populaire pour trafic d'influence et détournement de fonds
Un tribunal de Madrid confirme le renvoi de Begoña Gómez devant un jury populaire. L'interdiction de quitter l'Espagne est levée, mais la peine encourue va jusqu'à huit ans de prison.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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avril 2024
Ouverture de l'enquête
Le juge Peinado lance l'instruction après une plainte de Manos Limpias [^f15][^f38]
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avril 2024
Suspension des fonctions
Pedro Sánchez suspend ses fonctions publiques pendant cinq jours et envisage la démission [^f21][^f35]
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juin 2026
Confiscation du passeport
Le juge Peinado impose une interdiction de sortie du territoire et confisque le passeport [^f40]
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16 juil. 2026
Confirmation du procès
L'Audience Provinciale valide le renvoi devant un jury populaire et lève l'interdiction de sortie [^f12][^f34]
Le 16 juillet 2026 - l’Audience Provinciale de Madrid tranche: Begoña Gómez - l’épouse du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez - sera jugée par un jury populaire pour trafic d’influence et détournement de fonds publics. Les cinq magistrats statuent à l’unanimité. Le passeport, confisqué en juin - lui est rendu. Elle peut voyager. Pas fuir le procès.
L’enquête dure depuis deux ans. Elle démarre en avril 2024 - portée par une plainte de Manos Limpias - association qualifiée d’ultraconservatrice. Le juge d’instruction Juan Carlos Peinado fouille. Begoña Gómez aurait utilisé sa position pour décrocher un poste à l’université Complutense de Madrid et des financements pour un master de management qu’elle dirigeait jusqu’à la rentrée 2024. Des lettres de recommandation rédigées pour l’homme d’affaires Juan Carlos Barrabés. Une assistante, Cristina Álvarez - également ciblée.
Le Parquet Provincial de Madrid avait réclamé l’acquittement des trois. Pas de preuve de délit. L’Audience Provinciale passe outre. Deux chefs d’accusation sur les quatre initiaux sont retenus. Le tribunal estime qu’il y a matière à procès.
Ce que dit le Code pénal espagnol
L’article 428 du Code pénal espagnol sanctionne le trafic d’influence commis par un particulier qui sollicite une autorité ou un fonctionnaire en invoquant des influences réelles ou simulées. L’article 429 prévoit une peine de six mois à deux ans de prison. L’article 252 traite du détournement de fonds publics dans les cas aggravés: jusqu’à huit ans de prison. L’association Hazte Oír réclame vingt-quatre ans. Le jury populaire décidera. En Espagne, le taux de condamnation historique dans les procès avec jury avoisine les 90 %.
Un procès malgré les réquisitions du Parquet
Le Parquet Provincial de Madrid avait requis l’acquittement par manque de preuves. L’Audience Provinciale rejette cette recommandation et confirme le renvoi. La décision est unanime. Cinq magistrats estiment que les éléments rassemblés par le juge Peinado justifient un procès devant jury populaire. Deux délits sur quatre initiaux sont retenus: trafic d’influence et détournement de fonds publics.
La solidité du dossier reste à démontrer devant neuf citoyens tirés au sort. Le Parquet avait jugé les preuves insuffisantes. L’Audience Provinciale considère qu’il appartient au jury d’en juger. Les lettres de recommandation en faveur de Barrabés - les financements obtenus pour le master de l’université Complutense - le poste décroché: autant d’éléments que la défense devra contextualiser, que l’accusation devra documenter. Le taux de condamnation par jury populaire en Espagne avoisine les 90 % - mais chaque affaire reste singulière.
« Chasse aux sorcières »
Le bureau de Pedro Sánchez réagit. « Begoña Gómez est innocente ». L’affaire est « politiquement motivée », issue d’une « fausse allégation » d’une organisation ultraconservatrice, fondée sur des « fake news ». Le PSOE parle de « cacería obscena » - chasse obscène. Pedro Sánchez avait déjà qualifié le dossier de « chasse aux sorcières » et de « campagne de diffamation politiquement motivée ».
En avril 2024 - quand le juge Peinado ouvre l’enquête, Pedro Sánchez suspend ses fonctions publiques pendant cinq jours. Il envisage la démission. Il reste. Le Parti Populaire (PP) dénonce une « situation inconcevable ». L’opposition réclame des comptes.
La justice espagnole sous tension
La décision de l’Audience Provinciale ravive les débats sur l’impartialité judiciaire en Espagne. Le Parquet Provincial de Madrid avait requis l’acquittement. L’Audience passe outre et confirme le renvoi en procès. Pour le PSOE - la justice cède à la pression politique de l’extrême droite. Pour le Parti Populaire - l’exécutif tente de discréditer les institutions judiciaires pour protéger ses proches.
Le juge Peinado avait imposé des mesures de précaution strictes: confiscation du passeport - interdiction de sortie du territoire. L’Audience Provinciale lève ces restrictions tout en confirmant le procès. La décision cherche l’équilibre: maintenir la procédure sans traiter l’accusée en criminelle présumée. Le signal est politique autant que juridique.
Ce que les déclarations officielles omettent
Pedro Sánchez arrive au pouvoir en 2018 après avoir renversé le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy par une motion de censure liée au scandale de corruption Gürtel. Le socialiste nettoie. Huit ans plus tard, c’est son entourage qui est visé. Son frère David Sánchez est mis en cause dans une affaire séparée de trafic d’influence liée à son recrutement dans une administration régionale. Un tribunal l’a condamné à neuf ans d’interdiction de fonction publique pour inconduite administrative. José Luis Ábalos - ancien bras droit de Pedro Sánchez et ex-ministre des Transports, est condamné à de la prison pour corruption liée à la vente de masques pendant la pandémie. José Luis Rodríguez Zapatero - ancien Premier ministre socialiste (2004-2011), fait l’objet d’une enquête pour trafic d’influence et blanchiment en lien avec le sauvetage de la compagnie aérienne Plus Ultra. Le procureur général de l’État, Álvaro García Ortiz - est sanctionné pour divulgation de secrets.
Ni le bureau de Pedro Sánchez ni le PSOE ne mentionnent cette accumulation d’affaires dans leurs communiqués dénonçant la « chasse aux sorcières ». Le discours officiel isole l’affaire Begoña Gómez comme un cas de persécution politique. Le contexte judiciaire plus large reste absent des éléments de langage du gouvernement.
Le procès dans une série
On se souvient de l’affaire des ERE en Andalousie, qui avait conduit à la condamnation de plusieurs dirigeants socialistes pour détournement de fonds publics entre 2000 et 2009. Manuel Chaves et José Antonio Griñán, anciens présidents de la région, avaient écopé de lourdes peines. L’affaire avait ébranlé le PSOE andalou et illustré les dérives de clientélisme au sein d’administrations socialistes de longue date.
Le cas de Begoña Gómez s’inscrit dans cette lignée: une proximité avec le pouvoir, des accusations de favoritisme, un réseau d’influences présumé. La différence tient au lien familial direct avec le chef du gouvernement en exercice. Peu de précédents comparables existent en Espagne contemporaine. L’épouse d’un Premier ministre en fonction jugée pour trafic d’influence: le procès fera date, quel qu’en soit l’issue.
Le jury décidera
Le procès n’a pas de date. Begoña Gómez récupère son passeport. Elle peut voyager, mais pas échapper au tribunal. Neuf Espagnols tirés au sort décideront si elle a abusé de sa position. Le taux de condamnation par jury populaire avoisine les 90 %. Les faits seront exposés. Les témoins entendus. Les lettres de recommandation décortiquées.
Pedro Sánchez gouverne sous pression. L’opposition guette. Le procès arrive.
Sources
Voir le détail de chaque fait sourcé (9)
« En vertu du code pénal espagnol, le trafic d'influence par un particulier est passible d'une peine de prison allant de six mois à deux ans, tandis que le détournement de fonds peut entraîner jusqu'à huit ans d'emprisonnement dans les cas aggravés. »
ground.news ↗ ↩
« Le Parquet Provincial de Madrid avait sollicité l'acquittement de Begoña Gómez, de Cristina Álvarez et de Juan Carlos Barrabés, jugeant qu'il n'y avait pas de preuve de délit. »
ground.news ↗ ↩
« La justice espagnole observe un taux de condamnation élevé dans les procès avec jury, avoisinant les 90 %. »
rts.ch ↗ ↩
« Il avait suspendu ses fonctions pendant cinq jours en avril 2024, envisageant même sa démission face à cette affaire. »
euractiv.com ↗ ↩
« Il avait suspendu ses fonctions pendant cinq jours en avril 2024, envisageant même sa démission face à cette affaire. »
ground.news ↗ ↩
« a court convicted Sanchez’s brother of administrative misconduct and barred him from holding public office for nine years »
wtaq.com ↗ ↩
« L'ancien bras droit de Pedro Sánchez et ex-ministre des Transports, José Luis Ábalos, a été condamné à 24 ans de prison dans le cadre d'un système de corruption lié à la vente de masques pendant la pandémie. »
ground.news ↗
⚠️ Note INFO.FR: Le factoide indique 'condamné à de la prison pour corruption' mais l'article affirmait '24 ans de prison'. La durée exacte n'est pas sourcée dans le factoide. ↩
« L'ancien Premier ministre socialiste José Luis Rodríguez Zapatero (2004-2011) fait également l'objet d'une enquête pour trafic d'influence et blanchiment d'argent en lien avec le sauvetage de la compagnie aérienne Plus Ultra. »
ground.news ↗ ↩
« Juge Juan Carlos Peinado: Le juge d'instruction qui a mené l'enquête initiale. »
ground.news ↗ ↩
