Belfort : les conducteurs Optymo en grève pour la première fois depuis 10 ans

Le syndicat FO dénonce l'insécurité et la dégradation des conditions de travail, avec des débrayages prévus jusqu'à fin 2026

Belfort : les conducteurs Optymo en grève pour la première fois depuis 10 ans
Illustration Thierry Muller / info.fr

Les conducteurs du réseau Optymo à Belfort ont entamé des débrayages le mardi 9 juin 2026, une première depuis 2016. Le syndicat FO réclame des réponses immédiates sur la sécurité et les conditions de travail. Le préavis court jusqu'à fin 2026.

L’essentiel

  • Première grève depuis 2016 : débrayages lancés le 9 juin 2026, soit dix ans sans action collective chez les conducteurs Optymo.
  • 24-25 grévistes sur 140-145 agents participent à des arrêts d’une heure aux heures de pointe (7h15, 11h45, 16h30) les mardi, jeudi et vendredi.
  • Agression du 19 mai 2026 : un conducteur a été agressé à l’arrêt Jean Jaurès, sa vitre de protection arrachée - déclencheur direct du mouvement.
  • Préavis FO valable jusqu’à fin 2026, avec des perturbations répétées attendues sur les lignes 1 à 8.

Un mouvement rare, dix ans après la dernière grève

Mardi 9 juin 2026, les premières perturbations sont apparues sur le réseau Optymo de Belfort. Les conducteurs de la Régie des Transports du Territoire de Belfort (RTTB) ont déclenché des débrayages d’une heure aux trois heures de pointe de la journée. Selon France 3 Franche-Comté et Le Trois, c’est la première fois depuis 2016 que les conducteurs du réseau principal de la ville passent à l’acte.

Environ 24 à 25 agents sur un effectif de 140 à 145 conducteurs ont participé au premier jour. Les créneaux de débrayage sont fixes : 7h15-8h14, 11h45-12h44 et 16h30-17h29. Les perturbations touchent les lignes 1 à 8. Optymo a confirmé officiellement sur son compte Facebook que certains trajets n’étaient pas assurés, notamment en fin d’après-midi le 9 juin.

Insécurité et matériel vieillissant : les deux piliers du conflit

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Le syndicat FO des transports Aire urbaine 90 est à l’initiative du mouvement. Son élu titulaire, Mounir Bousbih, conducteur depuis 2007, a exprimé les griefs devant France 3 : « On demande des réponses concrètes immédiates ». Il décrit « un climat de peur » installé depuis une agression survenue le 19 mai 2026 à l’arrêt Jean Jaurès. Un collègue a été violemment pris à partie par un passager, sa vitre de protection arrachée.

Au-delà de cet incident, FO dénonce des conditions de travail dégradées : matériel vieillissant, pannes récurrentes, problèmes de climatisation et de chauffage. Les temps de parcours n’ont pas été révisés malgré l’augmentation de la circulation et de la fréquentation. Selon France 3 et Le Trois, des modifications à la marge ne sont envisagées par la direction qu’à la rentrée 2027 - une échéance jugée trop lointaine par les grévistes.

La direction confirme, les usagers partagent le constat

La direction d’Optymo/RTTB a confirmé les perturbations et indiqué, selon ICI (ex-France Bleu), être « mobilisée pour la sécurité des employés ». Aucun détail sur des mesures concrètes n’a été communiqué à ce stade.

L’association des usagers Autau a réagi au préavis de grève. Elle partage le constat des problèmes soulevés par les conducteurs, selon L’Est Républicain. Ce soutien implicite des usagers renforce la visibilité du conflit au-delà du seul personnel.

Contexte dans le Territoire de Belfort

Optymo est le réseau de transports en commun urbain et périurbain du Territoire de Belfort (département 90). La RTTB, EPIC créé fin 2006, en assure la partie urbaine. L’effectif de conduite tourne autour de 140 agents - chiffre stable depuis plusieurs années selon Wikipédia et cohérent avec les données syndicales actuelles.

Le Territoire de Belfort est le plus petit département métropolitain par la superficie. Belfort, sa préfecture, concentre l’essentiel de l’activité économique et industrielle du secteur (Alstom, General Electric Energy). La dépendance aux transports en commun y est structurelle pour une partie de la population active. Toute perturbation durable du réseau Optymo a un impact direct sur les déplacements domicile-travail.

Dans la région Bourgogne-Franche-Comté, d’autres conflits sociaux dans les transports ont émaillé ces derniers mois - Montbéliard a par exemple connu des tensions judiciaires liées à la surcharge des services publics. Le cas Optymo illustre un phénomène plus large : la montée des incivilités dans les transports urbains et la pression sur les agents de terrain.

Un préavis jusqu’à fin 2026 : le calendrier des perturbations

FO a déposé un préavis qui couvre des actions répétées jusqu’à la fin de l’année 2026, selon ICI. Les débrayages sont prévus les mardi, jeudi et vendredi, aux mêmes créneaux horaires. Cela signifie que les usagers des lignes 1 à 8 doivent anticiper des perturbations régulières sur plusieurs mois si aucun accord n’est trouvé.

Les voyageurs sont invités à consulter le compte Facebook officiel d’Optymo pour les mises à jour en temps réel sur les trajets non assurés. La direction n’a pas communiqué de date de reprise de négociations à ce stade.

La prochaine échéance concrète reste le retour à la table des négociations entre FO et la direction de la RTTB - sans calendrier annoncé pour l’heure.

Thierry
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Sources

Thierry Muller

Thierry Muller

Thierry est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Territoire de Belfort (90), avec Belfort pour chef-lieu. Spécialité du département : Alstom Belfort et industrie energetique GE. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Bourgogne-Franche-Comté.

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