Belfort : mobilisation au collège Vinci contre la fermeture de classes de 6e
Une quarantaine de parents et enseignants rassemblés le 22 juin pour dénoncer un projet d'« école usine » l'académie maintient une classe supplémentaire.
Le lundi 22 juin, une quarantaine de parents et d'enseignants du collège Léonard de Vinci à Belfort ont manifesté contre la suppression de classes de 6e. Face à la mobilisation, le directeur académique a annoncé le maintien d'une classe, limitant les effectifs à 27-28 élèves.
L’essentiel
- Mobilisation : Une quarantaine de parents et d’enseignants rassemblés le 22 juin devant le collège Léonard de Vinci à Belfort.
- Reproche : Les manifestants dénoncent un projet d’« école usine » avec des classes de 6e pouvant atteindre 32 élèves.
- Concession : Le Directeur académique a annoncé le maintien d’une classe supplémentaire, limitant les effectifs à 27-28 élèves.
- Cadre : Le collège est classé en réseau d’éducation prioritaire (REP).
- Mot d’ordre : Banderoles « Enfants entassés, apprentissages sacrifiés ! » affichées.
Un rassemblement devant le collège Vinci
Le lundi 22 juin 2026, une quarantaine de parents d’élèves et d’enseignants du collège Léonard de Vinci à Belfort se sont rassemblés devant l’établissement. Ils protestaient contre la suppression de classes de 6e prévue pour la rentrée 2026. Selon les syndicats, la suppression devait entraîner des effectifs allant jusqu’à 32 élèves par classe, dans un collège classé en réseau d’éducation prioritaire (REP). Les banderoles accrochées aux fenêtres portaient le slogan : « Enfants entassés, apprentissages sacrifiés ! »
La mobilisation a été relayée par ICI Belfort Montbéliard, qui rapporte les craintes des participants de voir l’établissement se transformer en « école usine », avec des conditions d’apprentissage dégradées pour des élèves souvent en difficulté.
Une classe maintenue après la pression
Face à la mobilisation, le Directeur académique des services de l’Éducation nationale (DSDEN) du Territoire de Belfort, Jacques-Emmanuel Daugé, a annoncé le maintien d’une classe de 6e supplémentaire par rapport aux prévisions initiales. Les effectifs par classe devraient désormais être compris entre 27 et 28 élèves, contre jusqu’à 32 redoutés. Cette décision a été qualifiée de « victoire en demi-teinte » par les syndicats, qui estiment que le seuil reste trop élevé pour assurer un suivi individualisé, notamment pour les élèves non-francophones ou en difficulté.
Le collège Léonard de Vinci, situé dans le quartier des Résidences, accueille un public hétérogène avec une forte proportion d’élèves relevant de l’éducation prioritaire. Selon les enseignants, des classes de 28 élèves dans ce contexte compromettent la qualité de l’enseignement.
Pendant ce temps, d’autres départements du Grand Est connaissent des adaptations liées aux fortes chaleurs, comme dans les Vosges où les chantiers BTP peuvent démarrer dès 5h du matin, ou encore en Charente où un refuge climatisé a été ouvert à Chartres.
Contexte dans le Territoire de Belfort
Le Territoire de Belfort, l’un des plus petits départements de France métropolitaine, compte environ 143 000 habitants. Belfort, sa principale ville, regroupe plusieurs collèges dont Léonard de Vinci, classé REP. Les questions de moyens dans l’éducation sont récurrentes dans le département, où la démographie scolaire est stable mais les besoins spécifiques importants. En 2025, une mobilisation similaire avait eu lieu au collège Diderot, à Belfort également. Le maintien d’une classe au Vinci intervient alors que la carte scolaire est en cours de finalisation pour la rentrée 2026.
« École usine » : le slogan qui résume la colère
Les manifestants dénoncent un projet d’« école usine », expression reprise par plusieurs syndicats locaux. Selon eux, la suppression de classes dans un collège REP conduit à un entassement des élèves préjudiciable à leur réussite. Des parents témoignent de leur inquiétude pour leurs enfants, notamment ceux qui arrivent de l’école primaire sans maîtrise suffisante du français. Les enseignants soulignent que le nombre d’élèves par classe impacte directement le temps accordé à chacun, dans un établissement où le taux de décrochage est déjà préoccupant.
La rentrée 2026 approche. Les syndicats attendent de voir si d’autres ajustements seront opérés dans les semaines à venir. La décision définitive sur la dotation horaire du collège Vinci devrait être prise avant fin août. L’établissement, lui, reste sous surveillance des parents et enseignants, qui promettent de continuer à se faire entendre si les effectifs dépassent les 28 annoncés.