Canicule dans les Vosges : les chantiers BTP autorisés à démarrer dès 5h du matin
Pour faire face à la vague de chaleur, le préfet Blaise Gourtay assouplit les horaires de travail du 21 au 28 juin, avec des contraintes sonores strictes.
Face à une vigilance orange canicule et des températures atteignant 37°C, le préfet des Vosges a pris un arrêté exceptionnel autorisant les chantiers du BTP à débuter dès 5h du matin. Les entreprises doivent limiter le bruit et prévenir les riverains.
L’essentiel
- Horaires assouplis : Les chantiers BTP peuvent démarrer à 5h au lieu de 7h du 21 au 28 juin 2026.
- Protection des salariés : Cette dérogation vise à éviter l’exposition aux fortes chaleurs, en lien avec le décret national du 27 mai 2025.
- Nuisances encadrées : Les entreprises doivent limiter le bruit au strict nécessaire et informer les riverains.
Le préfet des Vosges, Blaise Gourtay, a publié un arrêté autorisant à titre exceptionnel l’adaptation des horaires de travail sur les chantiers du bâtiment et des travaux publics. Du dimanche 21 au dimanche 28 juin 2026, ces chantiers pourront débuter dès 5 heures du matin, au lieu de 7 heures habituellement. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la vigilance orange canicule déclenchée par Météo-France depuis le 19 juin, avec des températures maximales attendues autour de 37°C dans le département.
Ce qui change pour les chantiers
L’arrêté préfectoral déroge temporairement à l’arrêté du 26 décembre 2006 relatif à la lutte contre les bruits de voisinage. Concrètement, les entreprises de BTP sont autorisées à commencer leurs activités bruyantes deux heures plus tôt que la normale. En contrepartie, elles ont l’obligation de limiter les nuisances sonores au strict nécessaire et de prévenir préalablement les riverains concernés. Selon la préfecture des Vosges, cette dérogation est accordée « pour protéger les salariés des températures les plus élevées ».
Protéger les salariés du BTP
La canicule expose particulièrement les travailleurs du bâtiment, souvent en extérieur et soumis à des efforts physiques intenses. Le décret national du 27 mai 2025, relatif à la protection des travailleurs contre les fortes chaleurs, encadre ces adaptations. En avançant le début des chantiers, le préfet permet aux équipes de profiter des heures les plus fraîches de la journée, avant le pic de chaleur de l’après-midi. Météo-France prévoyait des minimales nocturnes ne descendant pas sous les 18°C dans les Vosges, rendant les conditions déjà éprouvantes dès le matin.
Cette décision fait écho à d’autres mesures prises dans le Grand Est pour faire face à l’épisode caniculaire. À Nancy, par exemple, les écoles maternelles et élémentaires ont été fermées du 25 au 29 juin. En Moselle, le préfet Pascal Bolot a placé le département en vigilance modérée feux de forêt.
Des horaires adaptés pour l’agriculture
Les travaux agricoles bruyants bénéficient également d’horaires assouplis, en fonction du risque incendie. Cette dimension est cruciale alors que les sols secs et la chaleur accroissent les départs de feux. Dans l’Yonne, six incendies ont ravagé plus de 26 hectares en quatre heures, nécessitant des renforts de Côte-d’Or, comme le relatait récemment info.fr.
Selon la préfecture, en cas de risque modéré d’incendie, les travaux agricoles bruyants sont autorisés toute la journée. En revanche, si le risque est sévère, ils sont limités aux plages horaires de minuit à 13 heures et de 22 heures à minuit. Cette modulation vise à concilier la protection sanitaire des travailleurs en extérieur et le maintien de l’activité économique, tout en prévenant les incendies.
Contexte dans les Vosges
Le département des Vosges, avec ses 360 000 habitants, connaît une activité économique marquée par l’industrie, le tourisme et une agriculture diversifiée. La canicule de juin 2026 est la plus précoce depuis plusieurs années. Le préfet Blaise Gourtay, en poste depuis 2024, a déjà eu à gérer des épisodes de sécheresse. Cette décision s’inscrit dans une série de mesures locales pour protéger la population : rappels des consignes de limitation des déplacements et de surveillance des personnes vulnérables ont été diffusés par les services de l’État.
Les professionnels du BTP interrogés par info.fr saluent cette souplesse, même si certains regrettent les contraintes de bruit imposées. Un chef d’entreprise spinalien a déclaré sous couvert d’anonymat : « On gagne deux heures de travail au frais, mais il faut avertir tout le quartier. C’est un mal pour un bien. »
La préfecture rappelle que ces aménagements sont temporaires et prendront fin le 28 juin. Si la canicule persiste, une prolongation pourrait être envisagée, sous réserve de nouvelles prévisions météorologiques.
Prochaine étape : le 28 juin au plus tard, retour aux horaires normaux, sauf reconduction de l’arrêté.