Bellegarde : une campagne de dons soutient les familles frappées par les intempéries

Face aux lenteurs des aides institutionnelles, la solidarité locale prend le relais pour les sinistrés gardois.

Bellegarde : une campagne de dons soutient les familles frappées par les intempéries
Illustration Marine Vidal / info.fr

À Bellegarde, dans le Gard, des familles touchées par les aléas climatiques récents bénéficient d'une campagne de dons locale. Les associations pallient l'attente des indemnisations officielles. Un réflexe de proximité ancré dans un territoire habitué aux crues.

Les intempéries de mars 2026 ont laissé des traces. Pluies et grêle ont causé des dégâts agricoles dans plusieurs secteurs du Gard, selon la Chambre d’agriculture départementale, qui a ouvert un recensement pour évaluer les impacts. À Bellegarde, commune classée en territoire à risque important d’inondation (TRI), les familles les plus fragilisées n’attendent pas toujours les procédures officielles pour recevoir de l’aide.

Des associations en première ligne

L’association L’Étoile de l’Espoir, active à Bellegarde depuis 2022, distribue des paniers alimentaires et une aide vestimentaire aux personnes en difficulté, y compris en cas de catastrophe locale. Elle fait partie des relais de proximité qui s’activent quand les démarches administratives tardent.

À l’échelle du département, le Secours populaire du Gard a lancé en janvier 2026 sa campagne Don’actions, destinée à répondre à l’urgence sociale. Selon Le Réveil du Midi, l’objectif est d’alerter sur la précarité croissante, aggravée par les épisodes climatiques répétés.

En octobre 2025, sept communes gardoises avaient été reconnues en état de catastrophe naturelle pour inondations et coulées de boue, selon Objectif Gard. Les procédures d’indemnisation qui s’ensuivent prennent plusieurs mois. Dans l’intervalle, les besoins restent.

Un territoire rompu aux inondations

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Bellegarde n’en est pas à son premier épisode. Le Rieu et le Rhône exposent la commune à des crues régulières : les épisodes de 1999, 2003 et 2005 sont documentés dans le Plan de prévention du risque inondation (PPRi) approuvé par la mairie. En décembre 2003, une inondation majeure avait coûté la vie à un père de famille de 37 ans, noyé en portant secours à ses animaux, rappelle Le Monde. Le département du Gard recense plus de 500 inondations depuis le XIIIe siècle, dont 75 % surviennent à l’équinoxe d’automne, selon le portail Noé Gard.

Face à cette vulnérabilité structurelle, le Conseil départemental a financé en 2025 la végétalisation de la cour du collège de Bellegarde, une mesure d’adaptation climatique dont la poursuite est prévue en 2026 sur d’autres sites, d’après le rapport de développement durable du département.

Prochaine étape

Le recensement des dégâts agricoles de mars 2026, piloté par la Chambre d’agriculture du Gard, doit aboutir à une évaluation des impacts pour ouvrir droit à d’éventuelles indemnisations. Une vigilance jaune pluies-inondations reste par ailleurs active de manière récurrente sur le secteur. Les associations locales, elles, continuent de collecter des dons sans attendre les conclusions officielles.

Sources

Marine Vidal

Marine Vidal

Basée à Nîmes, elle traite les arènes, la tauromachie, les tensions communautaires, l'agriculture viticole et les débats sur l'eau. Issue de l'IJBA Bordeaux, elle a commencé en presse écrite. Méthode : interroger les aficionados, les anti-corrida, les viticulteurs, les élus, croiser les budgets municipaux avant de publier.

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