Besançon : deux mineurs de 14 ans interpellés pour l’incendie de la voiture d’une surveillante
Les deux adolescents, exclus du collège Voltaire de Planoise, ont reconnu les faits. Audience prévue le 9 juin 2026 devant le tribunal pour enfants.
Un garçon et une fille de 14 ans ont été interpellés le 5 mai 2026 pour avoir incendié la voiture d'une surveillante devant le collège Voltaire, à Besançon. Les deux anciens élèves, exclus pour raisons disciplinaires, ont reconnu les faits. Le procureur qualifie l'acte d'« intolérable ».
Un garçon et une fille de 14 ans ont été interpellés le 5 mai 2026 pour avoir incendié la voiture d’une surveillante devant le collège Voltaire, à Besançon. Les deux anciens élèves, exclus pour raisons disciplinaires, ont reconnu les faits. Le procureur qualifie l’acte d’« intolérable ».
L’essentiel
- 4 mai 2026, 9h40 : incendie volontaire d’un véhicule sur le parking du collège Voltaire, rue de Savoie, quartier Planoise à Besançon.
- Victime : une assistante de prévention et sécurité de 25 ans, employée de l’établissement.
- 5 mai 2026 : deux mineurs de 14 ans - un garçon et une fille, anciens élèves exclus - interpellés et placés sous contrôle judiciaire.
- 600 élèves renvoyés chez eux le 4 mai après l’exercice du droit de retrait par les enseignants.
- 9 juin 2026 : audience sur la culpabilité prévue devant le tribunal pour enfants de Besançon.
Un incendie en plein matin devant l’établissement
Le lundi 4 mai 2026, vers 9h40, un véhicule prend feu sur le parking du collège Voltaire, rue de Savoie, dans le quartier de Planoise. La voiture appartient à une assistante de prévention et sécurité de 25 ans en poste dans l’établissement. L’incendie est volontaire, selon les conclusions de l’enquête. Les faits se déroulent en plein jour, devant le collège.
Les enseignants exercent leur droit de retrait dans la foulée. Les quelque 600 élèves de l’établissement sont renvoyés chez eux, selon France 3 Franche-Comté et le site Ici.fr. Les cours reprennent le lendemain, 5 mai, dans le calme, avec une présence policière renforcée aux abords du collège.
Deux ex-élèves exclus identifiés et interpellés le lendemain
Le 5 mai 2026, la police interpelle deux mineurs de 14 ans. Un garçon et une fille. Tous deux sont d’anciens élèves du collège Voltaire, exclus de l’établissement pour des raisons disciplinaires. Lors de leur audition, ils reconnaissent avoir mis le feu au véhicule, mais affirment ne pas avoir su que la voiture appartenait à la surveillante, selon Le Parisien.
Le parquet de Besançon a ouvert une enquête pour destruction par moyen dangereux, infraction passible de dix ans de prison. Les deux adolescents ont été placés sous contrôle judiciaire avec interdiction de contact entre eux et astreinte à un couvre-feu, selon L’Est Républicain.
La victime se sentait ciblée pour sa profession
Le procureur de la République de Besançon, Cédric Logelin, a pris la parole après les interpellations. Il a qualifié l’acte d’« intolérable » et a confirmé que la surveillante se sentait visée en raison de ses fonctions, selon France 3 Franche-Comté. La victime est assistante de prévention et sécurité - un rôle qui l’expose directement aux tensions avec les élèves et leurs familles.
Stéphane Faucogney, représentant du personnel au conseil d’administration du collège Voltaire, a réagi à chaud auprès de France 3 : « C’est un choc. On n’a pas à être pris pour cible car des choses ne plaisent pas aux élèves. Des élèves ont en plus déclenché l’alarme incendie de l’établissement ce matin, donc on a dit stop. »
Les actes contre des personnels éducatifs ne sont pas isolés dans les quartiers prioritaires confrontés à des violences récurrentes. La nature de cet incendie - préméditation supposée, ciblage d’un agent de sécurité - illustre une forme de défi direct à l’autorité institutionnelle.
Contexte dans le Doubs
Planoise est l’un des quartiers prioritaires de la politique de la ville à Besançon. Son niveau de vie médian des ménages s’établit à 1 060 euros en 2021, selon les données du Commissariat général à l’égalité des territoires (sig.ville.gouv.fr). Le secteur concentre une partie significative des faits de délinquance recensés dans la préfecture du Doubs.
Le parquet et les services de police ont précisé qu’aucun lien n’est établi entre cet incendie et la vague d’incendies volontaires qui a touché Planoise dans les jours précédents. Dans la nuit du 2 au 3 mai 2026, dix mineurs âgés de 11 à 15 ans avaient été interpellés dans ce cadre distinct, selon Ici.fr et France 3.
Le collège Voltaire n’en est pas à sa première confrontation avec la violence de proximité. En décembre 2015, un règlement de comptes à l’arme automatique avait blessé grièvement un jeune homme à proximité immédiate de l’établissement. En 2017, un père de famille avait été condamné à trois ans de prison ferme pour tirs effectués devant le collège. Ces précédents - rapportés par 20 Minutes et Ouest-France - ancrent l’événement du 4 mai dans une histoire longue de tensions autour de l’établissement.
En 2020, Planoise avait connu une quinzaine de coups de feu sur l’espace public, causant deux morts et plusieurs blessés, selon des reportages de TF1 Info. Ces éléments de contexte avaient déjà motivé des renforts sécuritaires ponctuels, sans résoudre les causes structurelles identifiées par les acteurs locaux.
Ce type d’acte contre des agents scolaires résonne également au-delà de Besançon. Des faits de violence dans d’autres agglomérations alsaciennes et franc-comtoises alimentent depuis plusieurs mois le débat sur la sécurité dans les quartiers prioritaires.
Droit de retrait et reprise des cours
La réaction des enseignants a été immédiate. Le droit de retrait, exercé dès le 4 mai, a conduit à l’annulation de l’ensemble des cours pour la journée. Les familles des 600 élèves ont été prévenues et les élèves raccompagnés ou orientés vers leurs domiciles.
Le 5 mai, la reprise s’est faite dans le calme. La présence renforcée de policiers aux abords du collège Voltaire a été maintenue. L’établissement n’a pas communiqué publiquement sur d’éventuelles mesures supplémentaires prises en interne.
La question de la protection des personnels non-enseignants dans les établissements scolaires de quartiers sensibles - surveillants, assistants de prévention, agents de service - reste peu traitée dans les dispositifs institutionnels, selon plusieurs observateurs du secteur éducatif.
Une audience fixée au 9 juin
Le dossier est désormais entre les mains de la justice des mineurs. Selon L’Est Républicain, l’audience sur la culpabilité des deux adolescents est fixée au 9 juin 2026 devant le tribunal pour enfants de Besançon. D’ici là, les deux suspects restent sous contrôle judiciaire, avec interdiction de contact entre eux et obligation de respecter un couvre-feu.
La qualification retenue - destruction par moyen dangereux - peut entraîner jusqu’à dix ans d’emprisonnement pour un majeur. Pour des mineurs de 14 ans, les peines applicables relèvent du Code de la justice pénale des mineurs, qui privilégie les mesures éducatives tout en permettant des sanctions plus sévères en cas de récidive ou de gravité particulière.
La prochaine étape formelle est l’audience du 9 juin 2026 devant le tribunal pour enfants de Besançon, où la culpabilité des deux adolescents sera examinée.
Sources
- France 3 Franche-Comté : La voiture d'une surveillante de collège incendiée : deux mineurs de 14 ans interpellés à Besançon
- Le Parisien : Besançon : suspectés d'avoir incendié le véhicule d'une surveillante de collège, deux adolescents interpellés
- L'Est Républicain : Voiture d'une surveillante incendiée au collège Voltaire : les cours ont repris, la police sur place
- Ici.fr : La voiture d'une surveillante du collège Voltaire incendiée à Besançon, les enseignants ont exercé leur droit de retrait