Béthune : le préfet demande le retrait de la protection subsidiaire du suspect
Mis en examen pour le meurtre d'une femme de 65 ans, un ressortissant afghan de 29 ans pourrait perdre son statut de protection subsidiaire
Le préfet du Pas-de-Calais a saisi l'OFPRA pour retirer la protection subsidiaire de l'auteur présumé du meurtre commis à Béthune début juillet. Le suspect, placé en détention provisoire, a reconnu les faits lors de son audition.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le corps d'une femme chinoise de 65 ans a été découvert le 13 juillet dans un appartement du centre-ville de Béthune, l'homicide aurait été commis le 11 juillet.
- Un ressortissant afghan de 29 ans a été mis en examen et placé en détention provisoire après avoir reconnu les faits lors de son audition le 22 juillet.
- Le préfet du Pas-de-Calais a demandé à l'OFPRA le retrait de la protection subsidiaire du suspect, invoquant une menace grave pour l'ordre public.
- Une seconde enquête pour proxénétisme aggravé vise un ressortissant chinois soupçonné d'avoir exploité le logement où le meurtre a eu lieu.
Le préfet du Pas-de-Calais, Le préfet du Pas-de-Calais est Louis Le Franc, a annoncé avoir demandé à l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le retrait de la protection subsidiaire d’un ressortissant afghan de 29 ans, mis en examen pour le meurtre d’une femme chinoise de 65 ans à Béthune.
Les faits : un corps découvert le 13 juillet
Le corps de la victime a été découvert le 13 juillet dans un appartement du centre-ville de Béthune, selon le média Frontières. L’homicide aurait été commis deux jours plus tôt, le 11 juillet, d’après les premiers éléments de l’enquête.
Le suspect, interpellé le 22 juillet, a reconnu la matérialité des faits lors de son audition en garde à vue. Il a été mis en examen et placé en détention provisoire par un juge d’instruction.
La position du préfet : menace grave pour l’ordre public
Dans son communiqué publié sur X, le préfet indique avoir pris acte de la mise en examen et du placement en détention provisoire. Il justifie sa demande de retrait de protection subsidiaire par le fait que « l’activité sur le territoire constitue une menace grave pour l’ordre public ».
La protection subsidiaire est un statut accordé aux personnes ne remplissant pas les conditions du statut de réfugié mais exposées à des risques sérieux dans leur pays d’origine. Selon la loi, ce statut peut être retiré si son bénéficiaire représente une menace grave pour la société française.
L’OFPRA devra désormais examiner la demande préfectorale. Une décision favorable entraînerait la perte du droit au séjour et ouvrirait la voie à une mesure d’éloignement du territoire, une fois la procédure judiciaire achevée.
Une enquête parallèle pour proxénétisme aggravé
Parallèlement à l’information judiciaire pour meurtre, une seconde enquête a été ouverte pour proxénétisme aggravé, rapporte Frontières. Elle vise un ressortissant chinois soupçonné d’avoir exploité le logement où les faits ont eu lieu.
Cette piste laisse entrevoir un contexte plus large autour du drame. Les enquêteurs tentent d’établir si la victime se trouvait dans une situation d’exploitation et quel rôle jouait exactement l’appartement béthunois dans ce réseau présumé.
Contexte dans le Pas-de-Calais
Le Pas-de-Calais compte environ 1,47 million d’habitants. Béthune, sous-préfecture de 24 000 habitants, est la troisième ville du département après Calais et Boulogne-sur-Mer.
Le département fait face à des enjeux migratoires importants, notamment sur le littoral. Les autorités locales sont régulièrement confrontées à des situations impliquant des ressortissants étrangers en situation irrégulière ou bénéficiant de protections internationales.
Ces derniers mois, plusieurs affaires judiciaires ont conduit les préfets à solliciter le retrait de protections subsidiaires ou de statuts de réfugié, comme dans le dossier des menaces contre le maire d’Alès. La procédure reste cependant exceptionnelle et soumise à l’appréciation de l’OFPRA, organisme indépendant.
Procédure judiciaire en cours
Le mis en examen reste présumé innocent tant qu’un jugement définitif n’a pas été rendu. La détention provisoire peut durer plusieurs mois, le temps que l’instruction établisse les circonstances exactes du meurtre.
L’identité de la victime n’a pas été officiellement communiquée par les autorités. La famille a été prévenue par les services consulaires chinois.
L’enquête se poursuit pour déterminer les circonstances précises du drame et les éventuels liens entre les deux informations judiciaires ouvertes.