Bien-être au travail : Maromme dans la dynamique nationale anti-burnout
Une enquête locale mobilise les employeurs de Maromme pour prévenir l'épuisement professionnel, dans le sillage de la Grande Cause Nationale 2026.
À Maromme, les entreprises locales s'emparent de la question du bien-être au travail. Une démarche qui s'inscrit dans un contexte national où les chiffres du burnout, bien qu'en légère amélioration, restent préoccupants.
Dans une salle de réunion d’une PME de Maromme, un questionnaire circule. Des cases à cocher, des phrases à compléter. Comment vous sentez-vous au travail ? Avez-vous l’impression d’être épuisé ? L’enquête est discrète, mais son ambition est claire : cartographier le mal-être pour mieux l’enrayer.
Ce type de démarche locale s’inscrit dans une dynamique plus large. La santé mentale au travail a été reconduite comme Grande Cause Nationale en 2026, après une première édition en 2025, guidant les politiques publiques de prévention du burnout, selon le BCG. Le signal est envoyé aux employeurs : agir n’est plus optionnel.
Des chiffres en amélioration, mais fragiles
Les derniers baromètres nationaux dessinent une amélioration prudente. L’enquête menée par Ifop pour Moka.Care, le GHU Paris et le BCG en mars 2026 révèle un score moyen de bien-être des salariés français à 62,8, contre 59,8 en 2025. Parallèlement, le baromètre Qualisocial-Ipsos-BVA indique que 22% des salariés se déclarent en mauvaise santé mentale, contre 25% l’an dernier - soit trois points de gagnés.
Mais les progrès restent inégaux. Les femmes sont nettement plus exposées : 25% d’entre elles se disent en mauvaise santé mentale, contre 19% chez les hommes, selon Le Parisien. Et si l’écart s’est réduit de cinq points pour les femmes par rapport à 2025, il demeure structurel. Plus inquiétant encore : 24% des salariés déclarent avoir vécu un burnout au cours des cinq dernières années, en hausse par rapport aux 21% de l’enquête précédente, selon les Éditions Tissot. L’enquête Great Insights 2026 de Great Place To Work monte même à 41% des salariés français ayant connu un épuisement, avec un pic à 58% chez les 15-24 ans.
La Seine-Maritime, un territoire sous surveillance
En Seine-Maritime, le sujet résonne différemment. Depuis 2023, une étude épidémiologique suit la santé de plus de 150 000 salariés du département, potentiellement exposés aux retombées de l’incendie de l’usine Lubrizol en 2019, selon Actu.fr. Des résultats intermédiaires sont attendus en 2026. Ce contexte particulier renforce la sensibilité locale aux questions de santé au travail - au sens large, du physique au psychologique.
Pour les entreprises de Maromme engagées dans cette enquête, les résultats doivent alimenter des plans de prévention concrets. La loi va dans ce sens : 2026 doit voir se renforcer les obligations des employeurs en matière de prévention du burnout et les protections légales pour les salariés concernés, selon le cabinet Adrexo. Le questionnaire en salle de réunion n’est peut-être qu’un début.
Sources
- BCG : Grande enquête sur la santé mentale au travail
- Le Parisien : Dans les entreprises, une femme sur quatre se dit en mauvaise santé mentale
- Actu.fr : Après Lubrizol, une étude va surveiller la santé de 150 000 salariés en Seine-Maritime
- Éditions Tissot : Grande enquête 2026 sur la santé mentale au travail : des progrès à nuancer