Val-de-Reuil : les parents d’élèves veulent plus de bio dans les cantines des collèges
Une pétition locale relance le débat sur l'alimentation scolaire en Seine-Maritime, où 40 000 collégiens déjeunent chaque jour à la cantine.
À Val-de-Reuil, des parents d'élèves ont lancé une pétition début avril 2026 pour augmenter la part de produits bio dans les cantines des collèges. Ils mettent en avant les bénéfices nutritionnels et environnementaux. Le département n'est pas au point zéro, mais les militants estiment que les efforts restent insuffisants.
Une salle de réunion, quelques parents mobilisés, une feuille de signatures qui circule. À Val-de-Reuil, autour du 9 avril 2026, un collectif de parents d’élèves a lancé une pétition pour pousser le département à aller plus loin sur le bio dans les cantines des collèges de Seine-Maritime. L’argument central : santé des enfants et impact environnemental vont de pair.
Un socle déjà là, mais jugé insuffisant
La commune n’est pas une page blanche sur le sujet. Selon le site de la mairie, les cantines scolaires de Val-de-Reuil intègrent 20 % de produits bio depuis au moins 2018, avec un repas bio proposé chaque semaine. En 2022, la part de produits locaux ou en circuit court atteignait 50 % des déjeuners servis aux écoliers. La ville avait ainsi anticipé la loi Egalim, qui n’imposait cet objectif de 20 % qu’à partir de 2022 pour l’ensemble des cantines publiques françaises.
Mais les parents signataires ciblent les collèges, dont la gestion relève du Conseil départemental. En Seine-Maritime, 40 000 élèves déjeunent quotidiennement à la cantine, pour un tarif unique de 3 euros depuis janvier 2024 - le plus bas de Normandie, selon le département. Depuis 2023, une expérimentation menée dans 19 établissements a permis à plusieurs collèges de franchir le seuil des 20 % de bio, rapportait Paris-Normandie. Pas encore la norme généralisée.
Un contexte national en mouvement
La pétition locale s’inscrit dans une dynamique plus large. En 2025, une pétition nationale pour des cantines 100 % bio dans les écoles et collèges a été déposée à l’Assemblée nationale, invoquant les mêmes arguments de santé publique et d’environnement. Au niveau des villes-préfectures françaises, la part de bio dans les cantines des écoles primaires atteignait 29,2 % en 2024, contre 26,8 % l’année précédente, selon le palmarès publié par Restauration21 en janvier 2026.
Le terreau local reste néanmoins limité : la Seine-Maritime ne comptait que 295 exploitations bio en 2023, couvrant 3 % de la surface agricole utile départementale, d’après les chiffres de Bio Normandie. Approvisionner massivement les cantines en bio local suppose donc d’élargir la filière, ce que les pétitionnaires n’ignorent pas.
Prochaine étape
Le conseil municipal de Val-de-Reuil s’est réuni le 21 mars 2026. La question des cantines y figurait parmi les sujets susceptibles d’être abordés, selon la page Facebook de la ville. Les parents militants attendent désormais un positionnement clair des élus locaux et départementaux sur un calendrier de progression. Le département n’a pas encore rendu public un nouvel objectif chiffré.
Sources
- Mairie de Val-de-Reuil : Quand la cantine voit bio et local
- Paris-Normandie : Manger bien et local à la cantine : une expérimentation dans 19 collèges de la Seine-Maritime
- Restauration21 : Palmarès des cantines bio des écoles primaires de 97 villes-préfectures hexagonales
- Assemblée nationale : Pétition nationale pour des cantines 100 % bio