Bioplastique à base de blé : la Normandie se positionne comme hub européen de la chimie verte
Le partenariat entre Futerro et Tereos à Port-Jérôme-sur-Seine promet 250 emplois directs et une production de 75 000 tonnes de PLA par an.
Du blé normand au bioplastique compostable : c'est la promesse du projet que portent ensemble l'entreprise belge Futerro et le groupe coopératif Tereos à Port-Jérôme-sur-Seine. Avec 500 millions d'euros d'investissement et un millier d'emplois à la clé, le chantier avance à son rythme administratif.
L’accord a été signé le 11 avril 2024 à Gruchet-le-Valasse, en Seine-Maritime. Futerro, spécialiste belge de l’acide lactique et du PLA (acide polylactique), et Tereos, coopérative agricole française présente notamment à Lillebonne avec 175 salariés, ont officialisé un partenariat d’approvisionnement pour construire une plateforme bio-industrielle en Normandie. Selon les deux groupes, il s’agit d’une première en Europe pour une telle intégration circulaire.
Du dextrose au bioplastique, une chaîne courte et locale
Le principe : Tereos fournira chaque année 150 000 tonnes de dextrose issu de blé français cultivé durablement. Futerro transformera cette matière première en 75 000 tonnes de PLA, un bioplastique compostable destiné à remplacer les plastiques d’origine fossile. L’usine sera implantée dans la zone industrielle et portuaire de Port-Jérôme-sur-Seine, à proximité de Rouen, selon Normandinamik CCI et Haropa Port.
L’investissement annoncé atteint 500 millions d’euros. Frédéric Van Gansberghe, CEO de Futerro, a chiffré les retombées : « Nous espérons atteindre une capacité de 75 000 tonnes de PLA par an et créer ainsi 250 emplois directs, renforçant la main-d’œuvre locale qualifiée », selon Normandinamik CCI. Les emplois indirects le long de la chaîne de valeur sont estimés à 900 postes supplémentaires, d’après Haropa Port.
Les permis soumis en janvier 2026, la production attendue pour 2028-2029
Le dossier suit désormais son parcours réglementaire. Futerro a déposé ses demandes d’autorisation environnementale et de permis de construire en janvier 2026 pour le site de Saint-Jean-de-Folleville, selon Ofi Magazine. Les autorisations sont espérées d’ici mi-2026, le début des travaux est prévu en 2027, et la production pourrait démarrer entre 2028 et 2029, confirme Le Courrier Cauchois.
Une concertation publique pilotée par la CNDP se poursuit. Un rapport intermédiaire a été publié en décembre 2024, et une audience pour les autorisations environnementales est attendue dans les prochains mois, selon la documentation du débat public.
Le projet s’inscrit dans un écosystème industriel qui se densifie. En avril 2025, Futerro avait déjà signé un accord avec Galactic pour développer sur le même site une unité de dérivés de l’acide lactique, renforçant l’ambition d’un hub normand de la bioéconomie. La plateforme de Caux-Seine Agglo estime l’investissement total en chimie verte pour la Normandie à 40,8 milliards d’euros dans le sillage de Choose France 2025.
Prochaine étape : obtention des autorisations environnementales attendue mi-2026, avant un lancement des travaux en 2027.
Sources
- Tereos : Du blé au bioplastique : un partenariat entre Tereos et Futerro unique en Europe
- Normandinamik CCI : Tereos et Futerro préfigurent la chimie verte de demain
- Ofi Magazine : Futerro moves ahead with lactic acid and polylactic acid plant in France
- Le Courrier Cauchois : Saint-Jean-de-Folleville. La bioraffinerie de Futerro attendue pour 2029