Black-out EDF 2024 en Guadeloupe : le procès renvoyé au 23 juin à Pointe-à-Pitre

Quatorze agents d'EDF PEI comparaîtront du 23 au 25 juin 2026 pour le sabotage présumé de la centrale de Jarry, qui avait plongé l'île dans le noir en octobre 2024.

Black-out EDF 2024 en Guadeloupe : le procès renvoyé au 23 juin à Pointe-à-Pitre
Illustration Marie-Claire Naboulet / info.fr

Le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre a fixé le 28 avril 2026 la date du procès des quatorze agents d'EDF PEI poursuivis pour le black-out du 25 octobre 2024. L'audience se tiendra sur trois jours, du 23 au 25 juin 2026. Le préjudice déclaré par EDF dépasse 900 000 euros.

Le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre a fixé le 28 avril 2026 la date du procès des quatorze agents d’EDF PEI poursuivis pour le black-out du 25 octobre 2024. L’audience se tiendra sur trois jours, du 23 au 25 juin 2026. Le préjudice déclaré par EDF dépasse 900 000 euros.

L’essentiel

  • Renvoi au 23 juin : lors de l’audience de mise en état du 28 avril 2026, le tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre a fixé le procès au 23 juin, pour trois jours consécutifs.
  • 14 prévenus : quatorze salariés d’EDF PEI, dont le leader syndical Nathanaël Verin, sont poursuivis pour participation à une association de malfaiteurs, dégradation du bien d’autrui et mise en danger de la vie d’autrui.
  • Black-out total le 25 octobre 2024 : les moteurs de la centrale thermique de Jarry ont été arrêtés brutalement, privant 77 % des foyers guadeloupéens d’électricité pendant plus de 24 heures.
  • Préjudice > 900 000 € : EDF estime son préjudice matériel à plus de 900 000 euros, selon France Antilles.
  • 15 gardes à vue en juin 2025 : l’enquête, fondée sur vidéosurveillances et badges d’accès, a abouti à quinze gardes à vue, dont quatorze ont donné lieu à des poursuites.

Ce qui s’est passé le 25 octobre 2024

La centrale thermique de Jarry, à Baie-Mahault, alimente l’essentiel de la Guadeloupe. Le 25 octobre 2024, ses moteurs ont été arrêtés brutalement. EDF a évoqué un «incident électrique généralisé». Très vite, les premiers éléments de l’enquête ont orienté les soupçons vers des agents grévistes.

Le black-out a duré plus de vingt-quatre heures. Selon Ouest-France et La 1ère, 77 % des foyers guadeloupéens ont été privés d’électricité. Le retour à la normale s’est fait progressivement. Dans les heures qui ont suivi, des scènes de pillages ont été signalées dans plusieurs communes, aggravant le sentiment d’insécurité, selon Ouest-France.

Sur le plan sanitaire, les conséquences ont été directes. Au CHU de Pointe-à-Pitre, une dizaine de personnes ont été intoxiquées au monoxyde de carbone à la suite de l’utilisation inappropriée de groupes électrogènes, selon La 1ère. Des traitements en caisson hyperbare ont été nécessaires. Des patients en soins palliatifs ont également subi des perturbations graves, selon France Antilles.

Une grève de 80 jours, deuxième conflit consécutif

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Le black-out survient dans un contexte social tendu. La grève chez EDF PEI a débuté le 15 septembre 2024. C’est la deuxième année consécutive de conflit majeur après une grève similaire en 2023, selon L’Usine Nouvelle. Le mouvement a duré quatre-vingts jours avant de se conclure en décembre 2024, sans précédent judiciaire comparable, mais avec de multiples coupures partielles, selon Ouest-France.

Dès le lendemain du black-out, trois premières mesures conservatoires ont été prononcées contre des salariés d’EDF PEI, leur interdisant l’accès à la salle de commande de Jarry, selon La 1ère.

L’enquête : vidéos, badges, gardes à vue

Les enquêteurs ont exploité les enregistrements de vidéosurveillance de la centrale et les données des badges d’accès. Cette collecte de preuves a conduit à quinze gardes à vue en juin 2025, selon RCI. Quatorze d’entre elles ont abouti à des mises en examen, puis à des poursuites correctionnelles.

Les quatorze prévenus répondent de trois chefs : participation à une association de malfaiteurs, dégradation du bien d’autrui, et mise en danger de la vie d’autrui. Parmi eux figure Nathanaël Verin, présenté comme le leader syndical du mouvement, selon RCI et La 1ère. Ce type d’affaire - des syndicalistes poursuivis pour association de malfaiteurs dans le cadre d’une action de grève - est rare en droit français. Pour des affaires judiciaires similaires impliquant des représentants syndicaux, le procès d’élus CGT du port de Marseille jugés pour abus de confiance illustre la tendance des parquets à saisir le correctionnel dans les conflits sociaux durables.

Renvoi au 23 juin : ce que décide l’audience du 28 avril

L’audience de mise en état du 28 avril 2026 n’était pas encore le procès. Elle a permis au tribunal de vérifier que le dossier est en état d’être jugé. Le renvoi a été prononcé au 23 juin 2026, pour trois jours d’audience, soit les 23, 24 et 25 juin, selon La 1ère et RCI.

Le préjudice matériel revendiqué par EDF dépasse 900 000 euros, selon France Antilles. Ce chiffre couvre les dommages causés à la centrale. Les préjudices liés aux intoxications au CHU ou aux perturbations hospitalières feront l’objet d’évaluations distinctes, portées par les parties civiles le cas échéant. Les modalités de constitution des parties civiles n’ont pas été précisées à ce stade.

Contexte dans la Guadeloupe

La Guadeloupe dépend quasi exclusivement d’EDF SEI (anciennement EDF PEI) pour sa production d’électricité. La centrale thermique de Jarry, à Baie-Mahault, est le cœur du réseau insulaire. Toute interruption de production y a des effets en cascade immédiats sur l’ensemble du territoire, sans possibilité d’interconnexion avec un réseau continental.

Le contexte social post-grève reste sous tension. Selon l’INSEE, les prix de l’énergie en Guadeloupe ont augmenté de 1,6 % en décembre 2025, après une baisse en novembre 2025, signe que les perturbations du marché local persistent. La question de la sécurisation des installations d’EDF face aux mouvements sociaux est posée depuis le black-out d’octobre 2024, sans réponse législative ou réglementaire annoncée à ce stade.

Ce procès est le premier du genre en Guadeloupe pour des faits liés à une grève dans le secteur de l’énergie. Il intervient dans un département où les conflits sociaux dans les services publics ont une longévité et une intensité particulières, comme l’illustre la succession de grèves chez EDF PEI en 2023 et 2024. Pour les questions de gestion des risques industriels lors de conflits sociaux, la convention signée entre gendarmerie et Protection civile en Mayenne montre comment d’autres territoires anticipent la coordination en cas de crise.

Trois jours d’audience en juin

Le procès s’ouvrira le 23 juin 2026 au tribunal correctionnel de Pointe-à-Pitre. Quatorze prévenus, trois jours d’audience, des chefs de prévention graves : la juridiction aura à trancher sur la qualification pénale d’actes commis dans le cadre d’un conflit du travail, un exercice délicat pour les juges correctionnels.

Les délibérés, s’ils ne sont pas mis en réservé, pourraient intervenir à l’issue des audiences du 25 juin ou dans les semaines qui suivent. La date de rendu de décision n’a pas été communiquée.

Sources

Marie-Claire Naboulet

Marie-Claire Naboulet

Marie-Claire est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Guadeloupe (971), avec Basse-Terre pour chef-lieu. Spécialité du département : archipel antillais et rhum agricole AOC. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Outre-mer.

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