Bobigny : une agente du ministère révoquée pour un like antisémite
Le tribunal administratif de Paris a confirmé en juillet la révocation d'une fonctionnaire de la DTSP après un signalement du CNAPR pour publications haineuses sur X
Une adjointe au pôle personnel de la direction territoriale de la sécurité de proximité de Seine-Saint-Denis a perdu son poste en avril 2026. La sanction fait suite à un signalement concernant un like appelant au meurtre des Juifs et une série de publications jugées incompatibles avec ses obligations statutaires.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Une agente de la DTSP de Seine-Saint-Denis à Bobigny a été révoquée en avril 2026 après un signalement du CNAPR pour un like antisémite sur X.
- L'enquête interne a relevé de multiples publications antisionistes, pro-Hamas et anti-institutionnelles sur son compte public suivi par 3 000 abonnés.
- Le tribunal administratif de Paris a confirmé la révocation en juillet 2026, estimant que les publications violaient les obligations de neutralité et de réserve.
- La fonctionnaire, secrétaire administrative détachée dépendant de la rectrice de l'académie de Paris, occupait un poste d'adjointe au pôle personnel.
Une agente du ministère de l’Intérieur, en poste à la direction territoriale de la sécurité de proximité (DTSP) de Seine-Saint-Denis à Bobigny, a été révoquée en avril 2026. Selon la Ligue de Défense Juive, qui a relayé l’affaire fin juillet, la fonctionnaire occupait le poste d’adjointe à la cheffe du pôle personnel.
Le déclencheur : un signalement du CNAPR
La procédure disciplinaire a été engagée après un signalement du Centre national d’assistance et de prévention de la radicalisation (CNAPR) au printemps 2024. En cause : un « like » apposé sur le réseau social X sur un message appelant explicitement au meurtre des Juifs, selon la Ligue de Défense Juive.
L’enquête interne a ensuite révélé une série de publications sur le compte X de l’agente, qui affichait publiquement son lien avec le ministère de l’Intérieur. Le compte, suivi par environ 3 000 abonnés, contenait des contenus qualifiés d’antisionistes, anti-institutionnels et pro-Hamas. L’administration a également relevé des comparaisons entre Israéliens et nazis, ainsi que des propos relativisants le terrorisme du Hamas.
Une sanction disciplinaire maximale
La rectrice de l’académie de Paris, dont dépendait administrativement la fonctionnaire (secrétaire administrative détachée), a prononcé la révocation. Cette sanction maximale a été motivée par la violation des obligations de neutralité, de réserve, de dignité et d’exemplarité qui s’imposent aux agents publics.
L’administration a estimé que les publications portaient atteinte à l’image du ministère de l’Intérieur et étaient incompatibles avec les exigences liées au statut de fonctionnaire, notamment pour une personne occupant un poste à responsabilité au sein d’une direction de la sécurité publique.
Le tribunal administratif confirme en urgence
L’agente révoquée a saisi le juge des référés du tribunal administratif de Paris pour demander la suspension en urgence de la sanction. L’ordonnance, rendue récemment, a rejeté cette demande et confirmé la légalité de la révocation.
Selon la Ligue de Défense Juive, le juge a estimé que les publications relevées constituaient des manquements suffisamment graves pour justifier la sanction la plus lourde du régime disciplinaire de la fonction publique. La révocation reste donc en vigueur en juillet 2026.
L’affaire a été relayée localement par plusieurs comptes X d’information franciliens les 26 et 27 juillet. Des sites comme celui de la Ligue de Défense Juive ont couvert le dossier, soulignant la rareté des révocations pour ce type de motif dans l’administration centrale.
Contexte en Seine-Saint-Denis
La DTSP de Seine-Saint-Denis, basée à Bobigny, coordonne les actions de sécurité de proximité dans un département de plus de 1,7 million d’habitants. La structure emploie plusieurs centaines d’agents, dont une partie affectée aux fonctions support et administratives.
Le département concentre une partie importante des signalements de radicalisation en Île-de-France, ce qui rend particulièrement sensible la question de l’exemplarité des agents du ministère de l’Intérieur. Le CNAPR, créé pour prévenir et détecter les dérives radicales, intervient régulièrement auprès des administrations publiques pour signaler des comportements problématiques.
Prochaine étape : un éventuel recours au fond
La décision du juge des référés ne porte que sur la suspension en urgence. L’agente révoquée peut encore saisir le tribunal administratif d’un recours au fond pour contester la légalité de la sanction. Cette procédure, plus longue, pourrait prendre plusieurs mois avant qu’un jugement définitif soit rendu.
En cas de confirmation définitive, la révocation entraîne la perte du statut de fonctionnaire et l’impossibilité de réintégrer la fonction publique. L’agente perd également ses droits à pension pour les années de service accomplies sous ce statut.