Bobigny : exercice canicule de 3 heures avec 12 services mobilisés en Seine-Saint-Denis
La zone de défense et de sécurité a testé lundi la coordination entre préfecture, pompiers, RATP, SNCF, Croix-Rouge et huit autres partenaires face au risque canicule.
Un exercice de sécurité civile dédié au risque canicule s'est tenu à Bobigny, siège de la préfecture de Seine-Saint-Denis. D'une durée de trois heures, il a mobilisé 12 services et testé quatre objectifs opérationnels, du partage d'informations à la diffusion de messages à la population.
L’essentiel
- Durée : 3 heures d’exercice organisé par la zone de défense et de sécurité de Seine-Saint-Denis.
- Effectif : 12 services et partenaires mobilisés, dont Préfecture de Police, Pompiers de Paris, ARS, RATP, SNCF, Enedis et Croix-Rouge 93.
- Objectifs testés : coordination au centre opérationnel départemental (COD), protection des populations, sécurisation des réseaux, diffusion d’information.
- Localisation : Bobigny (93), commune de 56 927 habitants et chef-lieu du département.
Un scénario canicule pour tester la chaîne de commandement
L’exercice s’est déroulé à Bobigny, au siège de la préfecture de Seine-Saint-Denis. Organisé par la zone de défense et de sécurité, il a simulé une situation de crise liée à une vague de chaleur extrême. La durée - trois heures - correspond à un format d’entraînement interservices classique, suffisant pour activer le centre opérationnel départemental (COD) et vérifier les circuits de décision.
Selon l’annonce officielle de la préfecture sur X, quatre axes ont été évalués : le partage d’informations entre les acteurs du COD et l’échelon zonal ; la mise en œuvre des mesures de protection des populations ; la sécurisation des réseaux de transport et d’énergie ; l’élaboration et la transmission des messages d’alerte à la population.
12 services autour de la table
La liste des participants reflète l’étendue du dispositif canicule : Préfecture de la Seine-Saint-Denis, Préfecture de Police, Pompiers de Paris, Agence régionale de santé (ARS), Direction régionale et interdépartementale de l’hébergement et du logement (DRIHL), Direction régionale et interdépartementale de l’environnement, de l’aménagement et des transports (DRIEAT), Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN), Croix-Rouge 93, Département de Seine-Saint-Denis, Enedis, SNCF et RATP.
La présence d’Enedis, de la SNCF et de la RATP signale un des enjeux centraux des canicules en milieu urbain dense : la tenue des réseaux électriques et de transport sous forte chaleur. En Île-de-France, les pannes de climatisation en rame ou les coupures de courant peuvent aggraver rapidement l’exposition des personnes vulnérables. Pour en savoir plus sur d’autres opérations de coordination sécuritaire dans la région, voir l’opération anti-fraude CODAF 93 à Montreuil et Bondy.
Contexte dans la Seine-Saint-Denis
Bobigny concentre les fonctions administratives du 93 : préfecture, conseil départemental, tribunal judiciaire. La commune compte 56 927 habitants selon le recensement INSEE 2023, pour une densité élevée qui amplifie l’impact des épisodes caniculaires.
La Seine-Saint-Denis figure parmi les départements les plus exposés aux canicules en Île-de-France. Le bâti dense, la faible part d’espaces verts dans certains quartiers et la proportion importante de personnes âgées isolées ou de travailleurs en extérieur en font un territoire prioritaire pour les plans de prévention estivaux. Le contexte météorologique de ce début juin - avec des départements en vigilance jaune aux orages - rappelle que la saison des aléas climatiques est déjà engagée.
Les exercices de ce type sont organisés chaque année avant l’été dans les zones de défense, en lien avec le plan national canicule du ministère de la Santé. Ils visent à corriger les défaillances de coordination identifiées lors des épisodes précédents. La canicule d’août 2003 avait causé plus de 15 000 décès en France, dont une surmortalité notable en Seine-Saint-Denis.
Ce que l’exercice ne dit pas encore
La préfecture n’a pas communiqué à ce stade sur les résultats détaillés ou les points de fragilité identifiés pendant les trois heures de simulation. Aucun bilan chiffré d’évaluation n’a été rendu public. Les éventuelles corrections apportées au dispositif départemental restent à confirmer.
La Croix-Rouge 93, qui intervient régulièrement auprès des personnes isolées lors des pics de chaleur, faisait partie des acteurs mobilisés. Son rôle dans la chaîne de protection des populations vulnérables n’a pas été détaillé dans la communication officielle. Pour un autre exemple de mobilisation sanitaire dans la région, voir le témoignage d’Anaïs, victime d’infarctus à 34 ans, qui illustre l’importance de la réactivité des secours face aux urgences cardio-vasculaires aggravées par la chaleur.
Le prochain épisode de chaleur significatif en Seine-Saint-Denis permettra de mesurer si la coordination testée ce lundi tient dans un contexte réel.